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Docteur Bruno BOURGEON
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Ancien
interne des hôpitaux Rhône-alpes, ancien chef de clinique des hôpitaux de
Paris, le Dr Bourgeon est, depuis 1996 chef de service de néphrologie au
CHD Félix Guyon et responsable de la transplantation rénale
à l’Ile de la Réunion. Son goût
pour la néphrologie est déjà ancien puisqu’il effectua durant son passage
à l’AP-HP un an de formation à la dialyse et trois ans en
unité de transplantation suivi d’un remplacement de 93 à 95 dans le
service de dialyse à l’hôpital privé d’Armand Brillard à Nogent sur Marne où il
exerça, pendant cette période la responsabilité de l’unité organe de l’
Etablissement Français des Greffes. Très sensibilisé de par sa fonction aux problèmes d’éthiques soulevés par le don, le prélèvement, et la transplantation d’organes, il sera naturellement amené à présidé le Comité Régional d’Ethique de la Réunion.
Le Dr Bruno BOURGEON est interviewé par le Dr Gérard SALOMONE G.S. : Quel
est l’historique du Comité régional d’éthique à la Réunion ? DR BRUNO BOURGEON :
« Le Comité est né de la volonté du précédent directeur de
l’Agence Régionale d’Hospitalisation, Mr Guy Collet. Ce
comité n’était d’ailleurs pas une obligation légale, à l’inverse du Comité
consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale (
CCPPRB) qui vient également d’être créé à la Réunion. A cette volonté s’ajoute les problèmes que peuvent
poser les spécificités culturelles de la Réunion dans la mise en œuvre de
certaines thérapeutiques modernes. M COLLET a demandé à M Philippe LECORPS, Professeur à
l'Ecole Nationale de Santé Publique, diplômé d'éthique, de justifier la
nécessité d’un Comité d'Ethique régional et de venir le mettre en place au travers
d'un Comité de pilotage. Ce dernier s'est constitué en octobre 2000 et il
a permis la création du Comité d’éthique le 22 février dernier. Le comité
est une association loi 1901, avec une assemblée générale, CA et président
élus. Ce statut est assez original : un seul Comité régional
d’éthique a un statut juridique, celui de l’Aisne. Habituellement, les
Comités
sont abrités par un CHU et n'ont pas de statut juridique propre.
Ils se réunissent à l'initiative des médecins et souvent à l'initiative
d'un seul médecin. Leur création est laissée à la seule volonté médicale.
Ces
Comités intra-hospitalo-universitaires sont pratiquement
confidentiels, leur influence limitée à l'hôpital universitaire qui
l'abrite ». G.S. : Comment comptez vous procéder à la Réunion ? DR BRUNO BOURGEON :
« A la Réunion, c'est fondamentalement différent, on veut au
contraire se faire connaître, montrer notre existence et discuter, être
saisi des questions éthiques auxquelles nous apporterons nos éléments de
réponse, notre pierre, notre aide à la décision à la demande de tel ou tel
médecin ou de tel ou tel particulier. D'ailleurs, dans ce domaine, les
saisines du Comité ne sont pas exclusivement d’origines médicales, elles
peuvent être l'initiative de patients, de corps constitués,
d'établissement de santé, de l'ARH, et pourquoi pas de la Préfecture, du
Conseil Général. Selon la personnalité du demandeur, on formulera une
réponse officielle soit par voie de presse, soit directement à la personne
requérante, de toute façon tous les avis seront sur le site Internet de
l'ORS ». G.S. : Quels sont vos moyens de fonctionnement ? DR BRUNO BOURGEON : « L'ORS est la structure associative qui abrite le CE sur le plan logistique, c'est-à-dire que le fond documentaire du CE est commun avec celui de l'ORS. La participation financière des autorités tutélaires au Comité passe par l'intermédiaire de l'ORS. En fait, comme vous le savez, l'ARH ne peut pas directement rétribuer une association, il faut que ça passe par un établissement hospitalier. Il y a donc une convention tripartite entre l'ARH, le CHD, l'ORS pour mettre à disposition un certain nombre de subsides pour le fonctionnement du CE ». G.S. : Avez vous déjà été saisi ? DR BRUNO BOURGEON : « Nous avons été saisi par le Docteur Edouard KAUFFMAN, membre du conseil d'administration, et Mme Mado ROGER, néo-natologiste à Saint-Pierre, sur la demande d'inhumation d'un fœtus non viable, mort-né, de moins de 180 jours. Ce dernier, de par la loi, qui ne le considère pas comme personne , ne peut être inhumé. Nous donnerons une réponse, je l’espère, le 21 juin prochain. Nous la transcrirons sur le site Internet ORS. Une deuxième question est actuellement en délibéré à
propos de la transplantation d'un donneur vivant du fait de
l’absence d'autorisation de transplantation rénale donneur vivant à la
Réunion Un troisième avis nous a été demandé sur un
protocole de phase III à propos d'une thérapie génique, le VEGF (vascular
endothelial growth factor), thérapeutique future des artérites et de tous les
problèmes d'athérosclérose et de vascularisation. A priori la réponse
devrait être formulée plutôt par le CCPPRB que par le CE, mais c'était
l'une des missions anciennes des CE lors de leur création dans les années
1980 par
M. François MITTERRAND ».
G.S. : Quels problèmes posent le don d'organe dans la société pluri-culturelle réunionnaise ? DR BRUNO BOURGEON : « C'est une approche clé sur laquelle
on va se pencher. Evidemment, pour l'instant, on se penche sur le donneur
vivant, mais dans le futur on se posera la question effectivement sur les
problèmes que pose la société réunionnaise aux préleveurs, et en
particulier aux coordinateurs, et je sais qu'ils en ont des problèmes.
Ceci sera évoqué ultérieurement, et je proposerai d'ailleurs au
coordinateur de la Réunion, c'est-à-dire le Docteur Marie –Pierre CRESTA à
Saint-Pierre et le Dr ANGELINI à Saint-Denis, de se pencher et de formuler
une saisine auprès du CE ». G.S. : Quelle est votre participation aux réflexions du Comité National d’Ethique, en particulier dans le cadre du réexamen de la loi sur la bioéthique ? DR BRUNO BOURGEON :
« Pour l'instant absolument aucune. Il n'y a aucune
participation au Comité National. Les Comités sont des entités bien
distinctes. Le Comité National est seul responsable devant la loi. Les CE
régionaux, eux, n'ont pas de valeur légale. Nous n'avons pas pour
l'instant de rapport étroit avec le Comité national, mais il peut s'avérer
qu'effectivement certaines questions soulevées au sein des Comités
régionaux puissent attirer l'attention du Comité national pour formuler
une réponse plus générale sur le territoire national. Ce n'est pas
impossible. Nous organiserons vraisemblablement des journées d'éthique où nous inviterons des membres du Comité national, comme ça a été le cas d'ailleurs au mois d'avril, puisque Mme Marie-Jeanne DIEN qui est surveillante de soins palliatifs à l'hôpital Paul Brousse à Villejuif, est venue nous apporter son soutien et son concours ». G.S. : Peut-on envisager une limite aux soins ? DR BRUNO BOURGEON :
« En tant que Président du CE je ne peux pas répondre à
cette question. J'aurai une réponse personnelle à formuler, je dirai oui.
On ne peut pas dépasser certaines bornes. Le Comité national, en janvier
2000, a formulé un avis là-dessus en disant qu'effectivement, pour
reprendre les termes de votre question, on ne peut pas dépasser un certain
seuil de thérapie, puisque à partir de ce seuil qui existe chez tous les
malades au-delà de toute ressource thérapeutique, prolonger leurs
souffrances n'est peut-être pas du tout éthique ». G.S. : Quelle est la composition du Comité régional d’éthique ? DR BRUNO BOURGEON :
« Le comité de pilotage a décidé de faire des collèges par
ressemblance professionnelle, c’est-à-dire qu'il y a un collège des
usagers, un collège universitaire, un collège de juristes, un collège de
médecins, un collège de paramédicaux, un collège de représentants
religieux, j'espère que je n'ai oublié personne. La composition est 12
membres pour le collège médical et 4 membres pour chacun des
autres collèges, au total 32 membres. Actuellement, nous en avons 31,
il manque quelqu'un au niveau para-médical, j'attends des candidatures.
L'incorporation au CE des personnes postulantes se fait par cooptation au
sein du conseil d'administration »
Liste des membres du Comité Régional d’Ethique de la
Réunion
Collège Médicaux Dr Bruno BOURGEON – Président Dr François CARTAULT – Membre du Conseil
d’Administration Dr Pierre CATTEAU Dr Paul CHASSAIN Dr Vincent DUSSOL – Membre du Conseil
d’Administration Dr Christine GILBERT DR Tawfiq HENNI Dr Edouard KAUFFMANN – Membre du Conseil
d’Administration Dr Denis LAMBLIN Dr Christian LASSALLE Dr Yves LOPEZ Dr Marie-Madeleine ROGER-WOLTER
Collège Paramédicaux Mme Josiane BARRET Mme Muriel RODDIER M.Guy SOUBAYA – Trésorier
Collège Juriste M.Michel BILLAUD – Vice-Président Mme Claude DE CADEVILLE Me Réza RAMASSAMY M.Guy VIVENS
Collège Pensées religieuses et philosophiques Dr Léon BENHAMOU Frère Remy BERGERET – Membre du Conseil
d’Administration M.Jean-Luc DALY Dr Basher OMARJEE
Collège Usagers M.Albert CACHERA – Secrétaire Dr Martine CACHERA Mme Sylvie CELESTIN M.Stéphane NICAISE
Collège Universitaire M.Bernard BONNET M.Bernard CHAMPION – Membre du Conseil
d’Administration M. Bernard JOLIBER M.Charles-André PAYET
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