CHAPITRE II : IMPORTANCE
DU PIAN
SECTION I -RAPPEL
HISTORIQUE
Au début du siècle, les
populations de nombreuses régions tropicales souffraient du pian. Dans les
années 1920 et 1930, des campagnes de masse contre le pian furent réalisées
utilisant des injections de dérivés arséniés et de sels de bismuth. Ces
traitements furent effectués dans les hôpitaux ou par des équipes mobiles.
Souvent associés au contrôle de la variole, ils eurent de bons résultats et
furent à l’origine, dans certains pays, de la mise en place d’un réseau de
dispensaires ruraux chargés de consolider les résultats obtenus par les équipes
mobiles. Ainsi en Afrique centrale, au Ruanda-Urundi, le contrôle du pian fut à
l’origine du système de soins de santé primaires[1]. Le traitement du
pian par injection conforta également la supériorité de la médecine occidentale
et attira les populations dans les dispensaires et les hôpitaux.
Malheureusement, la surveillance de l’affection ne fut pas suffisante et dans
les années 50 on estimait qu’il existait près de 50 millions de cas de pian dans
le monde, en particulier dans les régions tropicales et humides d'Afrique, des
Amériques, d'Asie et du Pacifique occidental.
I-1950 : fabrication de la
pénicilline retard.
L'introduction, au début de
cette décennie, de la préparation peu coûteuse de pénicilline-retard
révolutionna le traitement du pian et la lutte contre cette maladie.
Chez les patients au stade
d'infection précoce, une seule injection faisait rapidement disparaître les
lésions cutanées et prévenait toute rechute pendant 2 ans. Mais l'application de
ce traitement aux seuls sujets qui présentaient des lésions évolutives ne
réduisait pas sensiblement la présence du pian dans la collectivité. Un
traitement global de masse sembla, dès lors, obligatoire.
- La première campagne de
masse eut lieu en 1952 en Haïti. Les observations faites à cette occasion,
complétées par les données recueillies lors des projets pilotes spéciaux, purent
faire croire l'éradication du pian possible.
II 1955 : l’OMS
décide l’éradication du pian
En 1955, à Enugu, au cours de
la deuxième Conférence internationale sur la lutte contre le pian, les experts
estimèrent possible de modifier l'objectif des campagnes, d'abandonner la lutte
au profit de l'éradication. Cette politique fut suivie par l'OMS.
La mesure d'attaque choisie
pour ce programme consistait en l'administration de masse d'une injection
intramusculaire de pénicilline retard.
En 1965, 152 millions de
personnes réparties dans 49 pays avaient été examinées et plus de 46 millions de
cas évolutifs, de cas latents et de contacts avaient reçu ce traitement. La
plupart de ces programmes avaient débuté avant 1960.
III-1965 : L’OMS
abandonne le concept d’éradication
A cette date, l'évaluation des grandes
campagnes contre le pian fit apparaître une chute globale spectaculaire de la
prévalence (cas évolutifs). La comparaison avec les résultats des premières
enquêtes montra des taux de prévalence 20 à 60 fois plus faibles, voire 400 fois
dans certains cas. Ces données témoignaient d'un déroulement très satisfaisant
des campagnes, mais on s' interroga rapidement sur leur réelle efficacité à
éradiquer le pian. En effet, certains rapports montraient que la surveillance
était gravement déficiente dans de nombreux programmes et, pire encore, que de
nouveaux foyers de transmission étaient apparus dans diverses régions. En outre,
de nombreux programmes en cours depuis plusieurs années, et qui auraient dû être
à un stade avancé de la phase de consolidation, stagnaient en phase
d'attaque.
Pour expliquer ces graves
anomalies, l'OMS entreprit, au début des années 60, un programme spécial
d'évaluation des résultats à long terme des campagnes contre le pian, fondé sur
l’études d'échantillons représentatifs des énormes populations rurales traitées.
Ces études furent confiées à des équipes OMS spécialisées dans l’évaluation des
tréponématoses.
Les conclusions qui en furent
tirées peuvent se résumer ainsi : d’une part, malgré un premier recul
remarquable des tréponématoses
endémiques enregistré dans les pays en développement à la suite des campagnes de
masse, le pian ne fut éliminé d'aucune région sous l'effet de l'utilisation à
l'échelle communautaire de la pénicilline retard ; d’autre part, dans les
régions traitées persistaient une infection et une transmission, certes de
faible importance, mais beaucoup plus marquées qu'on ne l'avait d'abord supposé.
En conséquence, aux alentours des années 66-67, le mot éradication fut banni de
tous les rapports et documents de l'OMS ayant trait aux activités de lutte
contre le pian.
La nécessité d’associer aux
campagnes de masse le développement de dispensaires et de centre de soins de
santé primaire fut jugée, en revanche, indispensable.
En 1978, à Alma Ata, l’OMS
lança le concept de « soins de santé primaire » (SSP) dans le but d
‘obtenir la «santé pour tous en l’an 2000 ». Les centres de SSP, premier
niveau de contact entre la médecine et les individus, la famille et la
communauté, se voyaient attribué la prévention et le contrôle des endémies
locales. Les programmes verticaux
devaient nécessairement s’articuler avec le système des
SSP.
IV- 1984 : le IIIème
Symposium contre les tréponématoses endémiques présente des résultats mitigés[2]
En 1984, un troisième symposium sur les
tréponématoses endémiques se tint à Washington. Le bilan des campagnes de masse
fut considéré comme positif puisque les cas résiduels étaient estimés à un à
deux millions de personnes alors qu'en 1950 on évaluait le nombre de malades à
50 voire 100 millions. Les résultats cependant étaient variables selon les
régions.
1)Dans le
monde
En Inde, en Thaïlande, en
Malaisie et en Amérique du Sud, bien que l’endémie pianique continua dans
l’ensemble de ces pays à se transmettre à bas bruit et que des foyers
persistaient dans certaines régions, comme l’Amazonie, le pian n’était plus
considéré comme un problème de santé publique.
En Papouasie Nouvelle-Guinée,
en revanche, un million d' enfants étaient exposés au risque de pian. Le relief
très accidenté du pays, la rareté de routes et de fleuves navigables rendaient
les campagnes de masse difficile à mettre en oeuvre. Le pian se concentrait dans
les provinces de Madang et de West Great Britain.
En Indonésie le pian avait
réapparu dans plusieurs endroits du pays, en particulier à Sulawesi, Sumatra et
Bornéo.
2) En Afrique le bilan
des campagnes de masse était peu brillant. Aucun pays de ce continent n’avait
éradiqué le pian. Au Bénin, au Togo, en R.C.A., la proportion d'enfants infectés
par le pian était la même que celle constatée avant les campagnes de masses des
années cinquante.
-en Côte
d’Ivoire
En 1950, la prévalence du
pian était de 6,3 % et les cas recensés étaient de 135429 (Vaucel). Les
campagnes de masse de 1956 à 1970 furent menées par le Service des Grandes
Endémies aidé de l’UNICEF, de l’USAID et de l’OMS. Le nombre de cas recensé
tomba de 29600 en 1970 à 13000 en 1974 pour augmenter aux alentours de 35000 en
1980 et décliner faiblement ensuite (22000 en 1982).
Les zones d’hyperendémicité
se trouvaient et se trouvent encore aujourd’hui, comme en 1950, dans la zone
forestière de l’intérieur qui reçoit plus de 2000 mm de pluie par an. Le cercle
de Bouaké, faisait exception, pourtant situé dans la savane, il avait, en 1950,
une incidence de 7.53 % du fait que cette région, entourée de forêts,
constituait une zone de transit inévitable entre la forêt et la
savane.
-au
Togo
En 1950, au Togo (100000
habitants), la prévalence du pian s’élevait à 11.6 % (116000 cas). En 1982, on
diagnostiqua encore 3816 cas. Le foyer le plus actif coïncidait avec la forêt
d’Akposso située au centre du pays, à une altitude moyenne de 800 mètres, dans
une région montagneuse coupée de vallées humides, fertiles et
peuplées.
-au Bénin
(Dahomey)
En 1950 la prévalence du pian
au Bénin (2200000 habitants) était de 1.4 % (22000 cas). En 1981, 9000 cas
étaient encore recensés.
-au
Ghana
La prévalence du pian était
évaluée en 1956 à 1.9 % et à 0.17 % après les campagnes de 1960. Elle augmenta
dans les années 70. Des campagnes furent à nouveau entreprises de 1980 à 1983 et
réussirent à la faire tomber de 0.4 % à 0.06 %. Pour arriver à ce résultat,
77000 cas et 1.5 M de contacts furent traités.
L’Ashanti, l’est et le centre
étaient les régions les plus atteintes.
La migration et le nomadisme
permanents entre ces trois derniers pays expliquent l’insuffisance des campagnes
de masse nationales et la résurgence périodique du pian.
-au
Soudan
Le pian était très répandu
dans les provinces de l’équateur, du haut Nil et chez les riverains du Bahr El
Gazal. Le pian comme les autres tréponématoses endémiques ne faisait
malheureusement pas partie des priorités des programmes nationaux de santé.
Aucun chiffre n’était fourni par les autorités.
-en R.C.A.
En 1950, le pian en
Oubangui-Chari (1million d’habitants) avait une prévalence de 3.2 % (35000 cas
diagnostiqués). En 1982, la RCA déclarait à l’OMS plus de 1085
cas.
Les zones d’hyperendémicité
se localisaient dans les territoires de forêts du sud du pays, denses et
humides, et dans les plaines marécageuses de l’Oubangui alors que le béjel se
développait dans les provinces du Nord. La rareté de la syphilis vénérienne dans
ces régions était due à la protection apportée par le pian contracté dans
l'enfance grâce aux réactions
d'immunité croisées entre ces deux maladies.
De 1979 à 1982, des campagnes
de surveillance des tréponématoses se déroulèrent dans tout le pays. Un des
résultats fut la mise en évidence de la grande prévalence de l’infection
tréponémique chez les Pygmées (91.6 % des Pygmées examinés étaient + au VDRL et
au TPHA alors que le pian évolutif était pratiquement inexistant chez les autres
groupes de populations).
Du fait de la migration
transfrontalière permanente des Pygmées, les auteurs centrafricains concluaient
à la probabilité d’une forte prévalence chez les Pygmées des pays
voisins.
-au
Congo
En 1950, la prévalence du
pian en Moyen-Congo était de 3.2 % (24000 cas). En 81 et en 82, le Congo déclara
encore 2157 et 1433 cas.
-au
Gabon
En 1950, la prévalence au
Gabon était très élevée : 4.3 % (19000 cas). En 1982, le Gabon ne déclara
plus que 340 cas.
-au
Cameroun
En 1951, la prévalence du
pian au Cameroun (3 millions d’habitants) était de 5.6 % (172000 cas). La zone
de plus forte endémicité était la région maritime et forestière de la Kribi avec
une présence de 32.5 %. Le Wouri était la seule région maritime et forestière
épargnée par le pian du fait de la présence de Douala. De 77 à 82, aucune donnée
ne fut notifiée par ce pays à
l’OMS.
En 1984, le pian était ainsi
devenu une maladie des zones reculées, difficiles à atteindre ; "là où la
route s'arrête commence le pian" disait Higgins. L’éradication du pian dans ces
zones marginalisées ne constituait plus pour les Etats une priorité des
programmes sanitaires. Le pian fut retiré de la liste des maladies à surveiller
bien que les experts du troisième symposium aient conclu à la nécessité de
continuer la politique thérapeutique telle que l'avait préconisée le deuxième
symposium et de surveiller l'évolution de cette endémie[3].
Ces recommandations sont
restées déclamatoires. Aujourd'hui, les foyers recensés en 1984 sont toujours
actifs en Amérique, en Asie, en Afrique de l'Ouest et en Afrique
centrale.
Comment la situation en
Afrique centrale a-t-elle évolué ?
V-1989- Pour l’OCEAC le pian
est en passe de redevenir, en Afrique centrale, un problème de santé publique[4]
La situation de l’endémie pianique dans
les états membres de l’OCEAC était évoquée en 1989 par le bulletin de liaison de
cet organisme. Les auteurs précisaient tout d’abord que le pian, contrairement
aux recommandations du IIIème symposium, ne faisait pas l’objet d’une fiche de
programme spécifique qui aurait conduit de ce fait l’OCEAC à se pencher sur ce
problème.
Par ailleurs, les chiffres
étaient obtenus en fonction des données que les Etats jugeaient opportun de
faire parvenir à l’OCEAC. Les experts de cet organisme notaient que la qualité
des données était inégale et en général peu fiable.
En outre, pour ces derniers
les données étaient vraisemblablement sous-évaluées pour les raisons suivantes:
-le pian étant surtout
fréquent dans les populations rurales éloignées, la notification dépendait de
l’accès à une formation sanitaire compétente pour effectuer un diagnostic
valable.
-L’endémie pianique n’était
plus considérée comme un problème majeur de santé publique, il n’y avait donc
pas de véritable plan national de lutte contre des tréponématoses
endémiques.
-L’irrégularité des
déclarations ne permettait pas de dégager une tendance
générale.
Les auteurs concluaient à une
recrudescence de cette affection, susceptible alors de redevenir un problème de
santé publique. Ils demandaient que leur conclusion soit vérifiée par des
enquêtes de terrain. Ces enquêtes sont rapportées dans la section
II.
VI-1993 :OCEAC : Les
Pygmées sont le réservoir de pian et l’apparition de ce dernier chez les
villageois est l’ indicateur d’une
régression de l’ accès aux soins en Afrique centrale[5]
.
Les experts de cet organisme
constataient que les études effectuées depuis quinze ans au Zaïre, au Cameroun,
au Congo et en RCA montraient une résurgence du pian à partir d’une population
socialement et économiquement défavorisée, les Pygmées. Ces populations ne
disposaient pas de structures de soins adaptées et restaient une cible
privilégiée pour la dissémination de la maladie. L’extension à d’autres
populations confirmait la dégradation du système de soins de santé primaires en
Afrique centrale. Pour les membres de cet organisme, il paraissait urgent de
proposer de nouvelles campagnes contre le pian redevenu un problème de santé
publique. Mais telle ne semblait pas être la position de la Banque
mondiale.
VII-1993- Pour la Banque
mondiale le pian n’a pas une charge de morbidité suffisante pour être pris en
compte
Le rapport de la Banque
Mondiale «investir dans la santé » classe la charge de morbidité d’une
maladie en fonction du nombre d’années qu’elle fait perdre au sujet soit par
décès, soit par invalidité. Ce nombre d’années de vie corrigé du facteur
invalidité (AVCI) est plus important en Afrique pour les maladies transmissibles
(71 %) que pour les maladies non transmissibles (19,4 %) ou les accidents (9.3
%).
Parmi les maladies
transmissibles, les maladies infectieuses et parasitaires viennent en Afrique
subsaharienne largement en tête avec 763 centaines de milliers d’AVCI perdues.
Dans ce groupe le paludisme est la première cause de mobidité (161). L’ensemble
des autres affections tropicales ne représente que 39 centaines de milliers
d’AVCI.[6]. Le pian n’est pas
cité parmi les maladies tropicales car pour la Banque mondiale sa charge de
morbidité est insuffisante. Les experts de la banque semblent en effet arriver à
la même conclusion que le Dr Vaucel, directeur du service de santé de la France
d’ Outre mer, il y a une cinquantaine d’années.
En
1950, le Docteur Vaucel justifiait
déjà l’inutilité des campagnes systématiques contre le pian par les arguments
suivants : « Le pian est essentiellement une maladie des enfants (73.8
% de tous les pianiques au Moyen Congo). Seul le pian crabe interrompt pendant
son évolution les jeux de l’enfant pianique. Chez l’adulte, il est indéniable
que le pian plantaire avec ses lésions fissurées tardives, rebelles au
traitement, les arthrites et les ostéites qui frappent
souvent les adultes jeunes et les plus actifs représentent une cause réelle de
souffrance qu’il faut tâcher d’éliminer. La perte économique qui résulte des
indisponibilités dues au pian est certaine mais il ne faut pas exagérer ni
évoquer à propos du pian les questions de main d’œuvre et de rendement. En
effet, le pian est pratiquement une maladie familiale qui sévit dans des milieux
traditionnels relativement fermés et ayant conservé le mode de vie ancestrale.
L’unique activité des villages des zones endémiques est limitée aux cultures
vivrières, le plus souvent pratiquées dans un coin de forêt défrichée (manioc,
taro, igname, banane) ou encore à une petite culture de café ou de cacao dont
les produits servent à acheter l’argent nécessaire à quelques besoins
domestiques, habillement et paiement de l’impôt. Le pianique en évolution
douloureuse peut se détourner pendant quelques jours ou quelques semaines de
cette activité limitée: la famille n’en cultive pas moins le même champ avec le
même résultat malheureusement insuffisant.
Dès que la notion d’activité
productrice intervient, dès qu’il s’agit d’une véritable exploitation, même
modeste, le contact avec l’extérieur s’établit et amène une fréquentation plus
régulière des postes médicaux. Dans les collectivités surveillées, par exemple,
il n’y a pratiquement pas de pian parmi les manœuvres et la maladie se fait de
plus en plus rare dans les familles qui vivent au village dans les aires de
l’exploitation. Dans les territoires africains français, concluait le Docteur
Vaucel, les autres maladies ont une importance économique très supérieure à
celle du pian. L’ulcère phagédénique, par exemple, représente certainement une
cause plus grande d’indisponibilité et d’absentéisme. Le paludisme et la
bilharziose posent aux chefs d’entreprises des problèmes de prophylaxie beaucoup
plus difficiles. On est donc mieux fondé, semble-t-il, à réclamer les campagnes
sytématiques contre le paludisme, la trypanosomiase, la lèpre, la bilharziose,
la syphilis, le trachome, l’onchocercose. Les indigènes eux-mêmes ne s’y
trompent pas, paraissent évaluer exactement les dangers du
pian ».
VIII-1995- Au Congo, le pian
ne fait pas l’objet d’un programme national spécifique
Le congo semble suivre depuis
1995 les recommandations de la Banque mondiale. En effet, le pian ne fait pas
partie des huit programmes de lutte[7] contre les grandes
endémies bien que, comme nous le verrons dans la section suivante, le nombre de
cas annuels enregistré par le service des grandes endémies (S.G.E.) et par les
missions effectuées par l’association T.M.C. entre 91 et 95 soit du même ordre
que ceux présentés par la lèpre (3757), la trypanosomiase (1625) ou la
tuberculose (2500). Seul, parmi les maladies tropicales, le paludisme (12889 cas
hospitalisés et 215 décès) montre une charge de morbidité nettement
supérieure.
Cependant, si le nombre de
cas de pian est au moins égal à celui des tuberculeux, des sommeilleux et des
lépreux, il se développe presque exclusivement chez les Pygmées d’Afrique
centrale et chez les villageois ayant des contacts avec eux. Est-ce la raison
essentielle du désintérêt manifeste de l’administration sanitaire à l’ égard de
cette affection?.
Nous allons maintenant faire
un récapitulatif des différentes enquêtes sur la prévalence du pian effectuées
chez les peuples de la forêt d’ Afrique centrale.
|
PAYS |
1950 |
|
1982 |
|
1988 |
|
|
Nbre de
cas |
Prévalence
% |
Nbre de
cas |
Prévalence
% |
|
|
Côte
d’Ivoire |
135.429 |
6.3 |
22.000 |
|
|
|
Togo |
116.000 |
11.6 |
3.816 |
|
|
|
Bénin |
22.000 |
1.4 |
9.000 |
|
|
|
Ghana |
|
1.9 |
77.000 |
0.4
* |
|
|
Soudan |
|
|
|
|
|
|
RCA |
35.000 |
3.2 |
1.085 |
|
|
|
Congo |
24.000 |
3.2 |
1.433 |
|
|
|
Gabon |
19.000 |
4.3 |
340 |
|
|
|
Cameroun |
172.000 |
5.6 |
? |
|
4.350 |
*Après traitement d’1.5
million d’individus, la prévalence est tombée à 0.06 %
Au Congo, ces chiffres ne
comprennent pas les cas de pian chez les Pygmées puisqu’aucune étude n’a été
réalisé dans cette population.
SECTION II EVALUATION DE
LA PREVALENCE DU PIAN CHEZ LES DIFFERENTS GROUPES ETHNIQUES D’AFRIQUE
CENTRALE
En Afrique centrale le
réservoir traditionnel de pian se trouve dans les forêts équatoriales du Nord-Congo, du Sud de la RCA, du Sud
Cameroun et du Zaïre.
Un certain nombre de
publications tentent de montrer que le réservoir de pian en Afrique centrale est
endémique chez les peuples de la forêt, en particulier chez les Pygmées. La
majorité de ces publications concernent les Pygmées Akas et un nombre plus
restreint s’intéressent aux Bakas et aux Mbutis.
I - Les peuples de la
forêt au Cameroun, au Gabon et au Zaïre
A
ZAIRE
1969-70 et 1970-71 :
Pampliglione et col.[8].
Zaïre
Cet auteur retrouva en 1970,
chez les M’Butis de l’Iturie, une prévalence clinique supérieure à 10 % et une
sérologie(VDRL et FTA-ABS)+ à 90 %.
1981-82 – Ziefer et
col .[9]
Une évaluation de la
prévalence et des campagnes de traitement du pian furent effectuées entre 1981
et 82 dans une population Ngbaka isolée de la province d’Oubangui au Zaïre. Dans
la première évaluation la prévalence était de 7.9 % et de 2.5 % l’année suivante
lors de l’évaluation après traitement de 41 % de la population. Cette population
était décrite comme misérable, marginale, isolée, vivant d’un peu d’agriculture
et de pêche. Les villages étaient
populeux, les maisons couvertes de boue, l’accessibilité se faisait soit par le
ferry soit par pirogue et il n’y avait qu’un seul dispensaire dans la région. La
publication ne parlait pas des Pygmées voisins.
B
GABON
1979 :D.
Klinger[10].
«Enquêtes de
prospection antipianique chez les Fangs et les Pygmées du
Nord-Gabon».
L’endémie pianique en
constante régression après les campagnes de masse de 1956 présenta une nette
recrudescence en 1972, essentiellement dans la région du Woleu-Ntem, voisin du
Cameroun et du Congo, zone de chasse et de cueillette des Pygmées Baka dans
laquelle 50 % des cas annuels de pian étaient déclarés. Une enquête menée en 78
dans la région du Woleu-Nten, dans les campements forestiers près de la
frontière congolaise, confirma l’importance de l’endémie et obtint une sérologie
positive dans 75 % des cas. Les chiffres ne distinguaient pas les Pygmées des
Bantous (Fangs).
C
CAMEROUN
1969 – Père
Dhellemes
Le 30 décembre 1969, le Père
Dhellemes écrivait du dispensaire catholique de Djoum «le pian est une maladie
endémique qui a pratiquement disparu chez les Bantous mais que l’on retrouve
encore dans presque tous les camps pygmées à cause du manque d’hygiène. Pour
obtenir une guérison et supprimer le foyer endémique une seule solution :
traiter aux antibiotiques tous les malades et tous ceux qui sont en contact avec
eux, c’est-à-dire le campement tout entier… On ressort la valise médicale, les
seringues, les aiguilles, alcool, et tout le monde y passe en faisant l’appel
pour n’oublier personne… ».
1969-70 et 1970-71 :
Pampliglione[11].
Pendant les hivers 69-70 et
70-71, 333 Pygmées Bayaka et Badjellis des régions de Lomié et de Akoum-Deux au
Cameroun furent examinés cliniquement et soumis à des tests sérologiques (VDRL
et FTA-ABS). 4.5 % des Pygmées de ces régions avaient des signes cliniques de
pian et 80 à 90 % de cette population avait des tests VDRL et FTA-ABS positifs.
En revanche, la syphilis était très rare chez les Pygmées. Il convient de
rappeler que ces régions étaient déjà hyperendémiques dans les années
50.
1988 : OCEAC[12].
La situation du pian au
Cameroun de 82 à 88 montra une hyperendémicité du pian dans les provinces
maritimes forestières et dans la région du Ntem et du Dja sur les frontières
gabonaises et congolaises. 4350 cas étaient ainsi notifiés à l’OCEAC par le
gouvernement en 88. Aucune précision ethnique n’apparaissait dans le rapport
mais les régions les plus touchées correspondaient aux zones de migrations des
Pygmées (cf. cartes et tableaux).
1991 : Dispensaire de
Djoum. François Jean Louis [13]Selon ces auteurs, la
compilation en 1991 du registre de consultations de dispensaires missionnaires
de Djoum au sud-Cameroun permit de constater que le diagnostic était posé en
moyenne 50 fois par an, exclusivement chez les Pygmées dont la population était
estimée à 2000 individus, soit un taux annuel de détection de 2.5 %, alors
qu’aucun cas n’étaitt recensé chez les 10000 Bantous de
l’arrondissement.
II- Les Peuples de interfleuve Lobaye, Sangha, Oubangui appelé «pays
Aka »
Cette région était la zone de
migrations des Pygmées Akas, migrations qui s’effectuaient sans beaucoup de
respect pour la frontière congolo-centrafricaine. Les villageois, bantous et
oubangiens, étaient installés le long des nombreux fleuves qui parcouraient
cette région forestière. Ces populations furent étudiées par le service des
grandes endémies congolais, l'institut Pasteur centrafricain et l'OMS. Les
différentes enquêtes réalisées montrèrent une forte prévalence clinique et
sérologique du pian chez les
Pygmées et chez les villageois avec lesquels ils étaient en
contact.
Le réservoir de pian comporte
deux versants :
A- Le versant de la Lobaye et
de la Sangha
1)-1974-enquêtes de Cicera et
Coll[14] :
En 1974 une enquête
médico-biologique de l'état de santé des Pygmées de la Lobaye fut demandée par
le Président à vie de la République centrafricaine au Centre Eurafricain de
Biologie humaine. Cette étude comporta trois missions au Sud de Bokoka. Les
études sérologiques furent réalisées à Toulouse au laboratoire sérologique de
transfusion sanguine en liaison avec le Centre d'Hématotypologie du CNRS de la
même ville.
Les missions se déroulèrent
pendant la saison sèche, de novembre à février, saison où les Pygmées se
sédentarisent, participent aux travaux des champs de leurs "maîtres" et se
salarient sur les plantations. Les campements étudiés se situaient à une heure
de marche de Bokoka et comprenaient 20 à 30 personnes. Les réactions
sérologiques pratiquées furent celles de Kline, Reiter et Kolmer.
79,6% des 196 personnes
examinées, avaient des sérums positifs, en proportion identique quelque fût
l’âge ou le sexe. Ces résultats contrastaient avec ceux obtenus (O% de sérum
positifs, 14% de sérum suspects) chez les Saras de Miamane, village du Nord du
pays.
Le pourcentage d’enfants
atteints cliniquement de lésions pianiques n’était pas donné mais, selon les
auteurs leur nombre était important.
Cette enquête concluait à
l'infestation massive des Pygmées
par le pian contrairement aux populations saras.
2)-1978-79 -enquêtes de
Widi-Wirski et Coll[15]
Durant la saison sèche de
1978-79 des enquêtes de prévalence de pian clinique et sérologique (VDRL et
TPHA) furent faites sur des populations pygmées de la Sangha (Lidyombo et
Bayenga) et de la Lobaye (Bobelet,Bambalia, Bagandou, Sakaba, Ikoumba, Loko,
Zomia) et sur les populations de villageois Grands Noirs voisins de cette
dernière région. Chez les Pygmées on trouva des signes cliniques chez 50% des
sujets, et une sérologie positive chez 86% des enfants et 95% des adultes. Chez
les villageois voisins, 30% présentaient un pian clinique et 78% des enfants et
98% des adultes avaient une sérologie positive.
Les auteurs concluaient que
le pian était hyperendémique chez les populations nomades de la forêt
équatoriale et chez les populations des villages éloignés de l'infrastructure
sanitaire.
3)-Des campagnes de masse
(TMT) eurent
lieu de 1977 à 1980 dans ces régions équatoriales de la Sangha et de la Lobaye
4)-1984-Enquêtes de
Heymer[16]
En 1984, Hermer, au cours
d’une étude sur la sédentarisation, l’acculturation et les maladie infectieuses
chez les Pygmées Bayaka de la Lobaye, constata que le pian était hyperendémique
chez les Pygmées au sud de cette rivière. Il traita dans la région de Loko,
Zomia, et Lotemo 250 personnes atteintes de pian et il accusa la politique de
sédentarisation des Pygmées d’être la première cause du développement du pian.
Il fit remarquer que cette sédentarisation avait suivi la construction du pont
de Zomia et l’aménagement des pistes forestières jusqu’au Congo. Ces travaux
avaient favorisé l’avance des cultivateurs dans la forêt et la sortie des
Pygmées vers les villages, provoquant ainsi des contacts plus fréquents entre
les deux populations.
Pour cet auteur, avant les années 70 les
Pygmées ne connaissaient pas le pian !
5)-1986-Sarradon A. et
A.[17].
En 1986 Sarradon, étudiant
les Pygmées Babingas situés dans la région de la Sangha à la pointe Sud-Ouest de
la République centrafricaine, ne rencontra pas de pian dans les campements
visités[18].
6)-1987-Martin et coll[19].
En 87, une étude fut réalisée
sur la Shanga et dans la vallée de la Lobaye pour apprécier l’incidence du pian
chez les Pygmées dans les villages mêmes que Cicera et ses collaborateurs
avaient visités 10 ans auparavant.
Les 533 Pygmées examinés
comportaient 335 enfants en dessous de 15 ans et 198 adultes. 39 cas suspects
cliniquement de pian furent détectés : 2 chez les adultes et 37 chez les
enfants. Sur ces enfants, 27 seulement eurent une réaction + au TPHA. Sur les 12
restants, 6 furent +, 6 – au FTA-ABS.
Par ailleurs, en divisant les
enfants en trois groupes : ceux qui avaient un bon suivi médical et
hygiénique dans les villages tenus par des missionnaires, ceux qui avaient un
contrôle médical et ceux qui vivaient sans contrôle du tout, le % de pian
détecté fut respectivement de 0 %, 10 % et 28 %. Ce résultat confirmait la
classique association entre le niveau d’hygiène et de développement et l’étendue
de la maladie. Ces auteurs concluaient à l’importance impressionnante du pian
chez les enfants sans hygiène. Par ailleurs, alors que les investigations de
laboratoire montraient que le TPHA était négatif durant la première période de
la maladie, le FTA-ABS était
positif et, en conséquence, plus sensible
7)-1989-90-Kelembho et coll[20]
En 1989-90, une nouvelle
étude clinique et sérologique (TPHA et VDRL) fut menée par Kelembho et coll. dans les
campements Pygmées situés à 10 Km à l’Est et au Sud de Moungounba, en Lobaye,
dans le but d’apprécier le réservoir de virus de l’endémie pianique dans cette
région à partir de laquelle la maladie se répandait dans le pays malgré les
campagnes de traitement de masse antérieures (77-80). Ces études montrèrent que
ce foyer était encore actif puisqu’on retrouvait 5.6 % de lésions contagieuses
et 19.6 % de sérologie tréponémique évolutive (VDRL +) chez les enfants de moins
de 15 ans.
Dans cette zone de contact
entre Pygmées nomades et ethnies sédentaires (Ngando, Mbati, Mozambo, Ngbaka),
les taux d’atteintes clinique et sérologique observés laissaient penser aux
auteurs que la population pygmées constituait, comme auparavant, le réservoir
principal de pian.
- D’une part les résultats
démontraient l’insuffisance du seul dépistage clinique pour évaluer le niveau
d’endémie pianique des populations. En effet, existait une différence notable de
prévalence entre cas cliniques et cas sérologiques. Ainsi pour 1 cas
clinique dépisté il existait : 3,5 cas de tréponématose sérologique
évolutif (VDRL +) et 4.8 cas de tréponématose sérologique spécifique (TPHA
+)
-D’autre part le pian
apparaissait comme une affection qui sévissait en foyer.
Le foyer de la Lobaye,
continu avec celui de la Sangha situé plus à l’ouest, avait toujours été
considéré comme un foyer pianique traditionnel. Les taux observés dans les
villages faisait ende cette zone une zone de méso endémie dans les populations
pédiatriques (5,6 % de pianomes, 19 6% de VDRL+). Les autres régions de la
RCA étaient en revanche peu touchées par l’affection.
-Par ailleurs le réservoir de
virus était localisé chez les Pygmées et les villageois en contact avec eux :
En effet il n’avait pas été
noté de différence significative dans la prévalence des pianomes ni dans le
pourcentage de VDRL+ (80%) parmi les enfants des populations Pygmées et les
villageois non-Pygmées. Mais le taux de TPHA + significativement plus élevé
parmi les enfants Pygmées montrait que ceux ci sont davantage exposés à
l’infection par T.pertenue que les enfants villageois. Par ailleurs, il existait
davantage de VDRL + parmi les adultes Pygmées que parmi les
villageois.
-Enfin la chute du taux de
prévalence par rapport à 1980 (80 %) s’expliquait par l’application d’un
traitement de masse total (TMT)en 80 suivi entre 80 et 85 de traitements
ponctuels des cas cliniques. Le TMT avait donc réduit de moitié le niveau
d’endémie pianique mais il n’avait pas stérilisé le réservoir ni stoppé la
transmission de T pertenue. Au contraire, cette enquête évoquait une
recrudescence du pian comme le faisait suspecter par ailleurs le nombre de cas
cliniques déclaré par les formations sanitaires de la Lobaye, passé de 227 en 85
à 1031 en 89.
Cette enquête, comme les
enquêtes pratiquées après les campagnes de masse de 1950 et 1960, montra que le
pian était à l’état hyperendémique dans les populations pygmées et dans les
populations des villages éloignées chez lesquelles la recrudescence du pian
était attribuée à leurs contacts avec les Pygmées du fait de la sédentarisation
et de la scolarisation des enfants de ces derniers.
En conclusion, pour ces
auteurs, en 1992, dans la vallée de la Lobaye, la population Pygmée constituait
toujours le réservoir essentiel du pian.
8) 1991- F.J. Louis[21] :
Selon ces auteurs, au
dispensaire de Nola, en RCA, la prévalence du pian chez les Pygmées s’ élèvait,
en 1991, à 25% et les premiers cas
de pian étaient rencontrés chez les Bantous de la ville.
B- Le versant
congolais
1)Campagne du SGMHP de 1955
à1958
Au Congo, les campagnes du
SGMHP contre le Pian commencèrent en 1955, 27614 cas furent alors recensés. En
1958, les chiffres étaient tombés de moitié (15066 cas).
Voyons les conclusions des
différents rapports du SGMHP de l’AEF à propos du
Pian :
-En 1955, selon le SGMHP
l’affection sévissait dans les régions humides et forestières parmi les
populations dont le niveau de vie était le plus bas et qui étaient aussi les
plus éloignées de la route. Cette maladie avait totalement disparu des villes.
Une expérience pilote de traitement systématique des impubères et contacts à
l’aide de l’extencilline fut réalisée avec succès dans la région de la Sangha
chez les populations riveraines du fleuve par une équipe du SGMHP. Le
rapport émettait le souhait que les
campagnes nouvelles soient entreprises sur une grande échelle suivant un plan
géographique de dispersion à partir de la première zone de
traitement.
-En 1956, l’auteur du rapport
faisait les mêmes remarques que pour l’année 1955 : l’affection restait
cantonnée dans les régions humides et forestières chez les populations au niveau
de vie le plus bas. Les individus de race pygmée payaient un très lourd tribu à
cette tréponématose. Des campagnes de dépiannisation par l’extencilline avaient
donné d’excellents résultats dans la Sangha, le Likouala-Mossaka et dans
certains foyers du haut-niari. L’auteur conseillait alors d’accentuer l’effort
et d’étendre les campagnes systématiques de dépiannisation à toutes les zones
d’endémie. Dans la Sangua, les chiffres étaient les suivants : Ouesso,1326
cas, Souanké ,1334 cas,
Dans la Likouala :
Impfondo, 559 cas, Dongou, 1689 cas, Epéna, 1042 cas.
-En 1957, l’auteur du rapport
signalait l’amorce de recul de l’affection. Les campagnes de dépiannisation
opérées dans les régions de la Likouala, Likouala-Mossaka, dans la Sangha
et le Niari commençaient à porter
leurs fruits. Si la zone forestière de la Likouala et de la Sangha restaient
encore insuffisamment contrôlées, il apparaissait clairement, pour l’auteur du
rapport, que là où se trouvait le «babinga », l’endémie évoluait sur un
mode nettement majeur et que l’autochtone ayant des contacts avec lui, était
davantage infecté. L’auteur estimait que des campagnes de masse poursuivies avec
régularité devaient permettre de venir à bout des foyers pianiques de la grande
forêt.
Le rapport présentait les
chiffres suivants : dans la Sangha : Ouesso 352 cas, à Souanké 509 et
dans la Likouala : Impfondo, 244 cas, Epéna 212 cas et Dongou 609
cas.
-Le rapport de 1958 était
plus laconique. L’auteur indiquait que les campagnes de masse commencaient à
être efficaces puisqu’elles étaient parvenues à réduire de moitié l’importance
de cette tréponématose. Les chiffres dans la Sangha donnaient pour Ouesso 617
cas, pour Souanké 179 et dans la Likouala, 1500 cas.
2)1986 Obvala.[22]
Obvala, médecin-chef des grandes endémies du secteur
d’Impfondo, en étudiant les populations de la Likouala et l’efficacité de
l’Extencilline dans le traitement du pian, constata que ce dernier se
rencontrait presque exclusivement chez les Pygmées, qui constituaient le tiers
de la population de la région. Les Bantous en étaient exempts pour des raisons
tenant, selon lui, à l’amélioration de l’hygiène de
l’habitat.
En décembre 83, au cours
d’une tournée de prospection médicale dans le district d’Epena (axe ouest), et
dans la période de mai à octobre en 84 lors de deux tournées de prospection
médicale dans le district de Dongo (axe nord), il nota de nombreux cas de pian
chez les Pygmées. Sur les 2026 Pygmées examinés, cet auteur releva 1253 cas de
pian clinique soit un pourcentage de 61,8 %. La tranche d’âge de 0 à 15 ans
était la plus touchée et la forme clinique de pian primaire y était
prédominante. Les lésions graves s’observaient surtout chez les personnes âgées
(ulcération des muscles et des tendons, ostéopériostites). Tous les cas furent
traités par des doses d’Extencilline selon le protocole habituel. Le traitement
s’étendit ensuite aux personnes contacts. Dans les villages, où plus d’habitants
étaient atteints, un traitement de masse total fut appliqué. Les tournées
entreprises, après cette période d’étude, montrèrent une évolution satisfaisante
des cas traités en l’espace de deux semaines, ce qui prouvait que cette
tréponématose non vénérienne était parfaitement contrôlable sous réserve de
disposer des moyens logistiques, prophylactiques et thérapeutiques suffisants.
Il conclut que l’affection pianique était une priorité sanitaire dans la région
de la Likouala. Sa répartition géographique et son intensité étaient la
suivante :
1° sur la rivière Ibenga :
état endémique.
2° sur la rivière Motaba :
état endémique.
3° à partir d’Epena
:
a)
vers le
nord-ouest: Mboua-Miganga Terre des kabounga : état
hyperendémique.
b)
Vers le
Nord-est : Bondeka-Mbandza -Terre de Mindzoulou : état endémique.
4° Enfin sur l’axe
nord : Bétou-Betikouba: état endémique
3)-1990
Moulai-Pelat.[23]
En 1992, une étude réalisée
dans la région de la Likouala et de la Shanga pour apprécier l’importance de
l’infection du virus VIH en zone rurale congolaise, mit en évidence que les
Pygmées avaient un taux de séroprévalence en VIH plus bas que les Bantous (0.9 %
contre 5.4 %), que le taux HTLV1 était semblable dans les deux populations (3 %
chez les Pygmées contre 5.5 % chez les bantous) et qu’il existait une forte
prévalence du pian expliquant les fréquentes cicatrices sérologiques (40 % de
TPHA + chez les Pygmées contre 28 % chez les Bantous).
5°) 1991-1995-Campagne de
TMC
SECTION III : Campagnes
d’évaluation et de traitement du pian dans le Nord-Congo de 1991 à 1995 par
l’association TMC.
Entre 1991 et 1995,
l’association TMC organisa dans le Nord-Congo, conjointement aux missions
catholiques et au Service des Grandes Endémies (S.E.G.), des tournées de lutte
contre le pian dans les régions de la Likouala et de la
Sangha.
Ces tournées mirent en
évidence une prévalence clinique supérieure à 10 % chez les Pygmées Akas de ces
régions, confirmant ainsi les enquêtes d’Obvala en 1986. 10000 cas de pian et
contacts furent traités. Les membres de l’association s’interrogèrent sur les
raisons de la persistance de ce foyer de pian chez les
Pygmées.
I
Méthode
A.
Organisation des tournées
1)
Lieu des
tournées :
a) dans la
Sangha
-
-A partir
d’Ouesso, les GE ont pris en charge les axes
suivants :
-
Ouesso–IKelemba
(Sud),
-
Ouesso-Bomassa
(Nord),
-
Ouesso-Liouesso
(Sud-Ouest),
-
Ouesso-Souanké
(Ouest),
-
-A partir
du camp de la CIB à Pokola (100 km au sud d’Ouesso sur la Sangha).
-
La
société forestière C.I.B. qui possèdait 1 million d’hectares le long de la
rivière N’Doki, mit gracieusement
ses moyens logistiques au service des médecins de l’association et ces
derniers purent ainsi accéder à la
région Minganga-Terre des Kabounga. Une route forestière est actuellement en
construction de Pokola vers la Terre des Kabounga considérée comme l’ultime
sanctuaire des Pygmées «sauvages ».
b) dans la Likouala :
les tournées s’effectuèrent
-
1 A
partir d’Impfondo vers Bétou et la RCA le long de
l’Ougangui
-
2 Sur le
fleuve Ibenga,
-
3 Sur le
fleuve Motaba,
-
4 A
partir d’Epéna vers Boua et la Terre des Kabounga.
2)
Moyens
Les tournées s’effectuaient
soit à pied (Terres des Kabounga), soit en pirogue à moteur (Oubangui, Ibenga et
Motaba).
3) Périodes de
l’année
De novembre à mai-juin dans
le Nord.
De juillet à novembre dans la
région d’Epéna.
Ces mois correspondent aux
périodes de hautes eaux nécessaires aux déplacements des
pirogues.
B
Participants
TMC prit en charge
l’organisation verticale du programme (recherche de financement, achat et
acheminement des médicaments et du matériel, calendrier des tournées). Un
soutien fut apporté sur le terrain par les missions catholiques, les forestiers
et le SGE à partir de 1993.
Durant les deux premières
années, seuls le Père Gardin et les sœurs l’Impfondo et d’Epéna participèrent au
projet.
Les médecins de l’association
furent les seuls à s’aventurer sur la Terre des Kabounga.
Le conseiller santé de
l’Ambassade de France à Brazzaville régla les problèmes douaniers et servit de
relais entre l’association en France et l’équipe sur le terrain ainsi qu’avec le
SGE.
C
Financements
Le projet fut financé par le
Canada (ACDI), La Coopération française, la République d’Allemagne (GTZ), la
Grande Bretagne, le Rotary, France Liberté et le Lion’s
club.
D Matériel et
médicaments
Les médicaments et le
matériel suivants furent fournis par l’association :
-15000 doses d’Extencilline
et autant de seringues et d’aiguilles.
- 3 pirogues et 3 moteurs
hors-bord.
-un véhicule tout terrain et
deux groupes électrogènes.
L’association procéda
également à la restauration des dispensaires d’Epéna et de Dongou et à la
constitution d’une chaîne de froid en installant des réfrigérateurs solaires à
Impfondo, Epéna et Dongou en appui au Programme élargi de vaccinations
(PEV)
F Problèmes
rencontrés
1-
Milieu
physique
-
Un climat
épuisant pour les hommes et le matériel.
-
une
saison des pluies contraignante
-
des
distances importantes :
-
Ainsi
d’Impfondo à Betou : 200 km et d’Impfondo à la frontière de la RCA 270
km
-
Tournée
sur l’Ibenga : 300 km
-
Tournée
sur la Motaba : 275 km
-
Tournée
au sud d’Epéna : 505 km
-
Tournée
au nord d’Epéna : 325 km
-
Enfin,
Epéna-Impfondo-Dongou 113 km
-
Pas de
route goudronnée en dehors de la route Epena-Impfondo-Dongou contruite par les
brésiliens et qui devait être l’amorce d’une transéquatoriale
africaine.
-
Pas de
route entre Bétou et la frontière de la RCA. Les véhicules devaient emprunter la
piste privée de la FNC de Enyéle à N’Baïki en RCA. De la même manière, les
pistes forestières de la CIB joignent Pokola à Bomassa.
La Terre de Kabounga est une
immense vasière rendant les déplacements à pied
«héroïques ».
2-
Milieu
humain
-Les Pygmées : ils
étaient dispersés dans une région immense. Leur semi-nomadisme impliquait qu’ils
fussent prévenus avant les tournées, ce qui compliquait l’organisation de ces
dernières. Dans le nord du pays leur aire de migrations était à cheval sur la
frontière congolo-centrafricaine. L’absence de recensement officiel rendait
difficile toute évaluation de la prévalence de la maladie dans cette population.
En revanche, les effets du traitement étaient appréciés et quand ils étaient
prévenus les Pygmées se rendaient volontiers sur les lieux de
soin.
-Les Bantous : en
général, les villageois étaient peu coopératifs dans la mesure où les campagnes
de traitement ne les concernaient pas directement. Les chefs de villages
faisaient plus ou moins d’efforts pour prévenir les Pygmées. Dans les villes
(Impfondo, Epéna) les Pygmées étaient mal reçus à l’hôpital et dans les
dispensaires ; ils devaient aller se faire soigner dans les dispensaires,
tenus par les missionnaires, qui leur étaient réservés. D’une manière générale,
les villageois bantous étaient jaloux des traitements reçus par les Pygmées.
3- Objectifs différents
des partenaires du projet
-
Le SGE ne
participa au projet qu’à partir de 1993 et à condition que l’association lui
fournît l’Extencilline nécessaire. Les tournées pian furent intégrées par ce
service aux tournées lèpre mais elles se limitèrent aux grands axes fluviaux,
Sangha et Oubangui, et aux réseaux de routes goudronnées. Aucun système de soins
de santé primaire (SSP) n'existait ou n’était fonctionnel dans les zones
d’hyperendémicité (Terres des Kabounga, Ibenga, Motaba) ce qui rendait tout
contrôle de l’endémie et toute surveillance impossibles.
-
Les
missions catholiques associèrent leurs tournées pastorales au traitement du pian
créant une certaine confusion entre médecine et religion au profit des
missionnaires. Le Père Gardin
parti, son successeur ne mit pas le même zèle à la tâche.
-
Les
forestiers ne s’intéressèrent qu’aux Pygmées travaillant sur leur
exploitation.
-
Les
médecins de l’association ne purent venir qu’une fois par
an.
3-
Administratif
Aucune entrave administrative
ne fut mise au projet mais aucune aide ne futconsentie, en particulier aucune
franchise douanière ne fut accordée aux médicaments et au matériel
utilisé.
Les compagnies
concessionnaires qui contrôlaient toutes les voies d’accès à la forêt ne
s’opposèrent pas au projet mais firent sentir l’importance de leur appui
logistique, en particulier que l’on utilisait leurs pistes
privées.
II
Résultats
Dans la région de la Sangha
407 cas furent traités par l’association entre 91 et 92.
Dans la Likouala, de 91 à 95,
les différents partenaires ont traité le nombre de cas suivants (malades et
contacts) :
-
le long
de l’Oubangui, d’Impfondo à Betou, 2702 cas avec une prévalence du pian dans les
groupes traités supérieure à 50 %,
-
sur la
rivière Ibenga, 2486 cas avec une prévalence supérieure à 50
%,
-
sur la
rivière Motaba, 3082 cas avec une prévalence supérieure à 30
%,
-
dans la
région d’Epéna 2004 cas avec une prévalence supérieure à 50
%
Ces résultats confirmèrent
l’existence d’un réservoir de pian chez les Pygmées.
Le pian est toujours
hyperendémique chez les Pygmées de ces deux régions, la prévalence varie de 30 à
50 % dans les groupes examinés. L’absence de recensement ne permit pas de
connaître la prévalence par rapport à l’ensemble de la
population.
La distribution selon l’âge
et le sexe étaitt habituelle: la fréquence décroîssait des enfants aux hommes en
passant par les femmes.
Les chiffres enregistrés ne
montrent pas de franche amélioration de l’endémie après 4 ans de traitement,
bien que les missionnaires constatèrent de nombreux cas blanchis aux tournées
successives. Cette forte incidence pourrait s’expliquer par la venue de Pygmées
des régions frontalières. Le traitement du réservoir pygmées nécessiterait des
campagnes de masse combinées sur les deux versants, congolais et centrafricain,
du pays Aka.
CONCLUSION :
En 1995, au terme des
dernières campagnes de traitement, les Pygmées Akas constituaient un réservoir
encore très actifs de pian.
Les membres de TMC se
posaient un certain nombre de questions toujours
d’actualité:
-
les
campagnes de traitement de masse étaient-elles adaptées à cette endémie et à
cette ethnie ?
-
quel
rôle, l’écosystème forestier et le réservoir animal
jouaient-ils ?
-
la
sédentarisation ou le nomadisme pouvaient-ils être
incriminés ?
-
dans
quelle mesure la nature des relations Pygmées-Bantous conditionnait-elle l’accès
des Pygmées aux prestations sanitaires ?
-
tel qu’il
fonctionnait au Congo, le système de santé était-il en mesure de résoudre le
problème de santé posé par cette endémie ?
-
un
problème de santé de cette importance pouvait-il être laissé à des religieux ou
à une association ?
-
Enfin y
avait-il une volonté de l’administration et de l’Etat d’éradiquer le pian dans
ces régions ?
Dans le chapitre suivant nous essayerons de comprendre pourquoi le système de santé congolais a été, et est incapable de lutter contre ce fléau.
[1] Rapport d’admistration belge
du Ruanda-Urundi, 1938, cité dans : Van Nitsen R., le Pian – Institut Royal
Coloniale Belge, Section des Sciences Naturelles et Médicales. Mémoires,
1946 : 117-8, in Meheus A., Integration of Yaw Controlo and Primary
Healthcare, Reviews of Infection diseases, vol 7,supplement 2, may-june
1985
[2]
International Symposium on yaws and others endemic treponematoses, Review of
infectious diseases, vol 7, sup 2, may-june
1985 .
[3]Les recommandations émises
par les participants au troisième symposium sur les tréponématoses infectieuses
furent les suivantes: les pays d' endémie étaient priés de prendre des
mesures pour évaluer l' extension de cette maladie et faire un rapport annuel sur ce sujet, à
l'OMS; cet organisme, l'UNICEF et l'Union internationale contre les maladies
vénériennes furent conviés à faire un rapport annuel à leurs assemblées
respectives sur la situation des tréponématoses; les institutions
internationnales, régionales et bilatérales furent invitées à prendre la ferme
décision d' interrompre la transmission des tréponématoses endémiques en
appliquant la résolution WHA 31.58 (1978) de l' assemblée mondiale de la santé.
Par ailleurs, les participants
montrèrent un interêt considérable pour l' application aux tréponèmes
pathologiques des techniques modernes de recherches médicales, en particulier la
biologie moléculaire.
[4] J.P. Louis, Trébucq A,
Gelash, Bull. liais. Doc., OCEAC, n089-90,
Juil-Déc.1889.
[5] Francis J. Louis, Patrick
Miaillés, Arnaud Trebucq, Bertrand Maubert, Jean paul Louis, « Le pian chez
les Pygmées, indicateur de régression de soins de santé primaire en Afrique
centrale », Cahier santé,
1993 ;3 ;128-32.
[6] En centaines de milliers d’
AVCI :Trypanosomiase (8.8), Schistosomiase (23), leishmaniose (1.9),
filariose lymphatique (1.3), onchocercose (3.7), lèpre (1.2), trachome (2.1),
helminthiase (4.2) .
[7] paludisme, trypanosomiase,
bilharziose, onchocercose, lèpre, auxquelles s’ajoutent la tuberculose, les
maladies diarrhéiques et le programme élargi de
vaccination.
La Coopération française finance
directement les programmes de luttes contre la tuberculose, le paludisme et la
trypanosomiase, maladies qui correspondent, en Afrique-subsaharienne,
respectivement à 62, 154 et 8.8 centaines de milliers d’AVCI
perdus.
La
lèpre est prise en charge par la fondation Folereau , les maladies diarrhéiques
et les vaccinations par l’UNICEF, quant à la bilharziose, un programme est en
cours de restructuration entre le Ministère de la Santé congolais et le
Lion’s ; pour l’onchocercose enfin, c’est la River Blindness Fondation qui
se charge de cette affection.
[8]
Pampliglione S., Wilkinson A.E., « A study of yaws among Pygmies in
Cameroon and Zaïre », Brit. J. Vener. Dis. (1975) 51,
165.
[9][9] A.
Ziefer, L. O. Lanoie, W. N. Meyers, J. Vanderpas, F. Caron, D. H. Connor,
« Studies on a focus of yaws in Oubangui, Zaïre », Trop. Med.
Parasit. 36
(1985) 63-71.
[10] Klinguer D., Enquête de
prospection antipianique chez les Fangs et les Pygmées du Nord gabon, Thèse de
médecine, Besançon, 1979 .
[11] Pampliglione S., op.
cit.
[12] LOUIS J.P., TREBUCQ A.,
GELASH H., Situation de l’endémie pianique dans les Etats-membres de l’OCEAC, Bull. liais. Doc.
OCEAC n° 89-90, 1989.
[13] François jean Louis, op.
cit.
[14]Cicera P., Palisson M.J.,
Pinerd G., Jaeger G., "La sérologie tréponémique dans une population de Pygmées
Bi-Aka centrafricaine", Bull. soc. path. exo.,1977,70,
32-36.
[15]Widi-Wirski R., D'Costa J.,
Meheus A., "Prévalence du pian chez les Pygmées de Centrafrique", Ann., Soc.
belge Méd Trop., 1980, 60, 61-67.
[16] Heymer A., Sédentarisation,
acculturation et maladie infectieuse, un problème socio-écologique des Pygmées
Bayaka, Bull. Soc. Path.Ex., 78, 1985, 226-238.
[17] Sarradon A., Sarradon Aline,
Les Pygmées du Centrafrique : approche de leur pathologie, médecine
d’Afrique noire, 196, 33 (2).
[18] Les campements étudiés se
trouvaient pour moitié dans la forêt, pour moitié à la lisière de la forêt. L’
état de santé des Pygmées bien que précaire ne semblait pas plus médiocre que
celui des villageois.Peu de MST chez les Pygmées pour la bonne raison que les
relations sexuelles avec les bantous entraînent l’ exclusion du clan, pas de
malnutrition protéino-calorique chez les enfants, 40% de goîtres contre 80% chez
les Bantous, des indices palumétriques inférieurs à ceux trouvés dans les autres
régions de la RCA (l’ anophèle ne perce pas la canopée), pas de bilharziose (les
cours d’ eau de la forêt sont limpides et propres), en revanche 70% d’
helminthiases par manque d’ hygiène et surtout une mortalité infantile élevée
(317/1OOO en forêt et 178/1000 à la lisière de la
forêt).
[19] B.
M. V. Martin, J. P. Gonzalez, M. H. Martin, M. C. Georges-Courbot, M. J.
Palisson et A. J. Georges, Clinical Aspects and Usefulness of Indirect Absorbed
Immunofluorescence for Diagnosis of Yaws in Central Africa, Journal of Clinical
Microbiology, Nov. 1988, p. 2432-2433.
[20] Hervé V., Kassa Kelembho E.,
Normand P., Georges A., Mathiot C., Martin P., Réssurgence du pian en République
Centrafricaine, rôle de la population pygmée comme réservoir de virus, Bull.
Soc. Path.Ex.,85, 1992, 342-346.
Martin, Kelembho, Normand. Etude de
l’endémie pianique chez les enfants pygmées de RCA. 31ème congrés
international de médecine tropicale de langue française. Lomé, Togo, 5-8
novembre 1990.
[21] Op.
cit.
[22] Obvala D , Efficacité
de l’Extencilline dans le traitement du pian et prévalence de cette endémie dans
la région de la Likouala (Congo), Bull. de l’OCEAC, n° 73, janv. Fév.
86.
[23] J. P. Moulia-Pelat, M.
Makuva, L Panchenier, J. Jannin, G. Fadat, J. Miehankanda, Les Pygmées :
une ethnie à l’abri des MST ?, Médecine d’Afrique Noire : 1992, 39
(2).