ANNEXES |
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ANNEXES I REPERES CHRONOLOGIQUE EN MEDECINE
TROPICALE
NOMBRE DE CAS DE PIAN
TRAITES PAR L’ASSOCIATION TMC LA MALADIE DU
SOMMEIL LA METHODE
JAMOT A PARTIR DU XIXème
SIECLE, EN EUROPE, LA MORT PERD DU TERRAIN LA REVOLUTION
PASTEURIENNE LES TEXTES DES
INSTITUTIONS INTERNATIONALES SUR LE DROIT A LA SANTE ANNEXES II :
REPERES CHRONOLOGIQUES : P 1 7 DU XVème AU XIX ème
SIECLE RESISTANCES A LA
COLONISATION ANNEXES
III : L’ECONOMIE CONGOLAISE AUJOURD’HUI :
P29
ANNEXES IV DIVERS : P
35
LA CONFERENCE DE
BERLIN EFFETS PSYCHOLOGIQUES
DE LA COLONISATION LA FORCE
NOIRE LE REGIME DE
L’INDIGENAT L’ESCLAVAGE ET LE
TRAVAIL FORCE LES INVESTISSEMENT EN
AEF LA PARTICIPATION DES
ELITES A L’EVEIL POLITIQUE DES COLONIES LE RECRUTEMENT DES
MISSIONNAIRES LES MOUVEMENTS
RELIGIEUX DE RESISTANCE DANS LE BLOC FORESTIER DE
L’AEF LES MOUVEMENTS
RELIGIEUX SYNCRETIQUES BAKONGO ANNEXES V : LA
COOPERATION FRANCAISE : P 39 ANNEXES VI :
PRINCIPALES INITIATIVES DE L’ONU EN FAVEUR DES PEUPLES AUTOCHTONES :
P 41
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ANNEXES
I
REPERES CHRONOLOGIQUES
EN MEDECINE TROPICALE 1) Du XIXème siècle
à 1910. Cette période
correspond à la "révolution pasteurienne". Tous les agents et les vecteurs
des grands fléaux tropicaux ( malaria, fièvre jaune, maladie du sommeil,
Pian...) ou mondiaux ( peste, choléra, typhus, variole,
tuberculose,lèpre...) sont identifiés. Cette période voit également la
création de l' Institut Pasteur à Paris et dans les colonies, l’ ouverture
de "Santé navale"et des Ecoles de médecine
tropicale. Avant de donner ci-dessous les
dates les plus importantes, rappelons qu' en 1798, Jenner inventait la
vaccination contre la variole. La méthode de Jenner fut utilisée
dès le début du XIXème siècle pour protéger de la variole les cargaisons
d' esclaves. 1800 : La
vaccination contre la variole est généralisée dans la marine
britannique. 1811 : Gomes B.
extrait le principe actif de l’ écorce du quinquina 1820 : Pelletier
J. et Caventou J.B. isolent la quinine. 1840 : En
Angleterre, adoption d’ une loi concernant la vaccination
anti-variolique 1851 : Bilharz
T.M. découvre au Caire le schistosoma heamatobium, parasite de la
« bilharziose ». 1853 :Siebold K.
établit que le toenia echinocoque est l’ agent du kyste
hydatique 1862 : Pasteur est
élu à l’Académie française et soulève le problème de la génération
spontanée. L’ année suivante l’Académie se rallie aux thèses de
Pasteur. 1871:Hansen découvre le
bacille de la lèpre. 1876 :Bancroft J.
découvre la filaire qui porte son nom. 1878: Mason, à
Chang-Hai, démontre qu' un moustique banal, le culex, héberge et transmet
la filiaire de "Bancroft" 1880: Laveran, à
Constantine, découvre l' hématozoaire de la
malaria. 1881: Finley, à la
Havanne, établit que le Stégomyia fasciata est l' agent vecteur de la
fièvre jaune. 1882: Pasteur vaccine
Joseph Meistre contre la rage.
Koch découvre le bacille de la
tuberculose 1883: Koch à Alexandrie
découvre le bacille du choléra. 1888: Inauguration de
l' Institut Pasteur de Paris.
Gamaleia prépare du vaccin anticholérique. 1890: Création de l'
Ecole principale du Service de Santé de la marine à Bordeaux: "Santé
Navale"dont 80% des médecins sortants choisiront la
"coloniale". 1892 : Lutz
découvre l’amibe dysentérique 1894: Yersin ( A.J.E.)
annonce la découverte du bacille de la peste à
Hong-Kong. 1895, Bruce accuse la
mouche Tsé-Tsé d' être le vecteur de la maladie du sommeil. Il
traite avec un certain succès la trypanosomiase par l' acide
arsénieux.
Hafkin commence ses travaux sur le vaccin
anti-pesteux. 1898: Grassi découvre,
en Italie, le responsable de la transmission du paludisme, l' anophèle
( du grec anophiles, dangereux) 1900: A la Havanne une mission
américaine conduite par Reed précise le rôle vecteur de Aedes Aegyptis
pour la fièvre jaune. J.Caroll prouve que les moustiques transmettent
la fièvre jaune. 1903: Bruce rapproche
les trypanosomes ( trypanosomia gambiense) trouvés par Dutton dans le sang
d' un marin revenant de Gambie de ceux trouvés par Castellani dans le
liquide céphalo-rachidien d’un sommeilleux, en Ouganda.et décrit alors les
deux stades de la maladie du sommeil. 1905: Castellani
annonce la découvert de l' agent du Pian ( Treponema
pertenue).
Schaudin et Hoffman découvrent le spirochète de la syphilis,
Treponema pallidum.
Atoxyl: Ayres-Kopke fait connaître les premiers résultats
favorables de ce dérivé arsenié sur les trypanosomiases au premier congrès
de médecine tropicale de Lisbonne. 1907: Uhlenhuth
préconise le traitement arsenical des
trypanosomiases.
Premier cycle de cours et de travaux pratiques dans la nouvelle Ecole d' application
du Service de Santé des troupes coloniales, le " Pharo"( magnifique
morceau d' architecture dominant le port
deMarseille). 1908: Gelmo fabrique le
premier sulfamide. 1909: Nicholle C.
découvre que le pou transmet le typhus.
Une convention est signée entre un laboratoire bactériologique de
Brazzaville et l' Institut Pasteur. Ce laboratoire fut bientôt appelé "
Institut Pasteur de Brazzaville". (Il sera détruit lors des troubles de
1994). 1910: Erlich P. et Hata
prépare le Salvarsan (le 606) contre la syphilis.
Ricketts découvre l' agent du Typhus
exanthématique. 2)-De 1910 à1940:
L'
obsession de la maladie du sommeil. 1910:Les Allemands
ouvrent au Cameroun, à Akonolinga, un camp de ségrégation qui recueille
416 trypanosomés. 1913: les Allemands
prévoient à Ayos un camp de ségrégation, ouvrent des secteurs spécialisés,
prônent le traitement itinérant des malades dépistés, le débroussaillage
antiglossines, le regroupement administratif des populations le long des
grands axes.Les Belges font de même au Katanga. 1913: Albert Schweitzer
ouvre un hôpital pour lépreux à Lambaréné. 1916, le docteur
Jamot, médecin -chef, pendant
la campagne du Cameroun, de
la colonne Sangha-Oubangui, est nommé directeur de l' Institut Pasteur de
Brazzaville. 1917-1919: Jamot
examine 90% de la population de l' Oubangui-Chari ( 5347 trypano/ 89743
examiné). 1918: Rabe synthétise
partiellement la quinine.
Création d' une école de médecine pour former des médecins
africains à
Dakar 1919: arrivée de l'
épidémie de grippe en Afrique. Selon Sautter, elle aurait entraînée la
disparition de 10% de la
population en AEF. Elle s' accompagna d' épidémies de
variole.
Début des grandes famines qui entrainèrent entre autre, la mort de
la moitié du peuple Fang. 1921: Camet et Guérin
proposent leur vaccin, le BCG.
Famine, épidémie et recrutement entraînèrent la disparition du
tiers de la population de l' AEF entre 1910 et 1921 ( D' après Vansina la
population serait passée de 800 000 à 587 000
habitants).
Un arrêté du gouverneur général crée les "Secteurs de prophylaxie"
spécialisés, dont celui de la maladie du sommeil. L' AEF comprend alors 45
médecins. 1922: création à Ayos,
au Cameroun,d' un "Centre d' instruction"sur la maladie du sommeil où se
spécialiseront les jeunes médecins et le personnel. 1926: Un arrêté
ministériel crée la Mission permanente de prophylaxie de la maladie du
sommeil, autonome sur le plan financier et
administratif. 1927: Ramon vaccine
avec l' anatoxine tétanique
Roehl découvre la plasmoquine et la fait utiliser comme
antimalarique. 1928: Premier bilan de
la lutte contre la maladie du sommeil au Cameroun, sur 663
971examinés,115354 infectés, soit 17,4%. 1931: En AEF, sous la direction de Muraz,
28 secteurs de prophylaxie sont créés. 1932: Seilards obtient
un vaccin contre la fièvre jaune. 1933: Laidlaw et Dunkin
isolent le virus grippal A. 1935: Vaccination de
masse contre la peste avec le vaccin de Girard et
Robic.
Le Prontosil, de Domagk est le premier sulfamide employé dans les
infections bactériennes. 1938: Au Niger, le
médecin-colonel Muraz utilise pour la première fois en Afrique, un
sulfamide, la Lysococcine contre la méningite des jeunes enfants.
Les sulfamides prennent rang dans les médicaments appelés de santé
publique. 1939: Utilisation des
diamidines ( Lomidine) dans la maladie du
sommeil. 1939: Rist introduit
les sulfones dans le traitement de la lèpre et de la
tuberculose. 1940: Chain rapporte
dans le Lancet les premières applications de la pénicilline. De nombreux
nouveaux sulfamides apparaissent. Ils sont jusqu' en 1945 "la grande
drogue antimicrobienne". Ainsi, à la fin des
années 30, le médecin dispose de deux vaccins de masse efficaces, ceux
contre la fièvre jaune et la variole; deux autres d' efficacité moindre,
le TAB et le vaccin contre le choléra; sur le plan individuel les sérums
antitétaniques, antigangréneux et antivenimeux; le BCG n' est utilisé
qu’en milieu scolaire. Contre les maladies infectieuses, à l' exception de
la syphilis et de la maladie du sommeil, il est encore, dans de nombreux
cas, désarmé. 3)-De 1941 à 1960:
Sulfamides, antibiotiques, vaccins, DTT... et campagnes de médecine de
masse 1941: Premier numéro
de Médecine Tropicale, rédigé
et diffusé par le Pharo, qui abrite depuis 1935, le Centre de
documentation de la médecine coloniale. Cette revue est, avec le Bulletin de la Société de pathologie
exotique et les Annales belges
de la Société de médecine tropicale, l' une des trois dernière revues
de langue française consacrées aux problèmes médicaux et sanitaires d'
outre-mer. 1942: Grâce aux travaux
de Fleming A.et Coll, la pénicilline est purifiée, concentrée et
fabriquée industriellement. 1944: Woodward obtient
une quinine synthétique. 1948: Création de l'
OMS.
Friedheim met au point le Mel B ( Arsobal), médicament
contre la maladie du sommeil, qui, avec la Lomidine, est le seul
disponible actuellement. 1949: Commercialisation
de la nivaquine.
Test de Nelson pour le diagnostic de la
syphilis.
Début de l' utilisation du DTT contre l' anophèle.
1951: Commercialisation
de la Flavoquine. 1953: Intensification
de la lutte contre la lèpre grâce au sulfone par le S.G.H.M.P, en l'AEF,
dirigé par Pierre Richet de 1953 à 1955 ( 130 000 malades suivis, la
moitié guéris, 7 millions de comprimés, 1 million d'
injections) 1954: Endres et Coll
préparent un vaccin contre la rougeole. 1955: L' OMS organise
une campagne mondiale contre le paludisme.
L' OMS décide l' éradication du Pian par l' administration de masse
de pénicilline G. 1956: Sabin propose un
vaccin buccal contre la poliomyélite.
Premier épandage massif d' insecticide au Tchad par le SGHMP, pour
lutter contre l' onchocercose. 1958: Disparition
provisoire de la fièvre jaune des statistiques. 1959: L' OMS lance une
grande campagne d' éradication mondiale de la variole. Le dernier cas est
déclaré en 1977, en Somalie. 1960: L’OMS entreprend,
dans les régions à forte densité de goîtres, (endémiques chez les Pygmées,
entre autres), une prophylaxie collective par apport alimentaire
d’iode.
La même année, une évaluation de la campagne d’éradication du Pian,
montre l’échec de cette dernière : après un premier recul remarquable, le
pian n’avait été éliminé d’aucune région.
Création de l’OCCGE (Organisation de Coordination et de Coopération
pour la lutte contre les Grandes Endémies) à Abidjan. En 1963 sera créé à
Yaoundé l’OCEAC (Organisme de Coordination pour la lutte contre les
Endémies en Afrique Centrale). Ces deux organismes, toujours vivants, sont
devenus le lieu de rencontre de 14 états francophones dans le domaine de
la santé publique. A la veille des
Indépendances, un vaccin et un traitement individuel ou de masse existent
pour tous les fléaux (peste, variole, choléra, lèpre, tuberculose,
dysenteries, typhus, maladie du sommeil, méningite, rougeole,
poliomyélite, tétanos, syphilis, Pian...)qui ont endeuillé l’Humanité
depuis son origine. Quarante ans plus tard,
l’accès à ces vaccins et à ces traitements est loin d’être réalisé de
façon généralisée et un nouveau fléau menace la santé des pays du tiers
monde : le SIDA. 4) Le temps du
SIDA 1983 : Un virus du
SIDA est identifié par des chercheurs américains et
français. 1986 : Un deuxième
virus du SIDA, le VIH-II est cultivé à partir de patients originaires de
l’Afrique de l’Ouest. Depuis, la pandémie
atteint le monde entier : 31millions de cas en 1998 dont 20 millions
en Afrique. Le coût humain et financier engloutira vraisemblablement tous
les efforts effectués pour lutter contre les fléaux de l’ époque
pastorienne.
NOMBRE DE CAS DE PIAN
TRAITE PAR L’ASSOCIATION TMC REGION D'EPENA - TERRE
DES KABOUNGA
REGION D'EPENA - TERRE DES KABOUNGA - 1994
OUBANGUI
OUBANGUI
RIVIERE IBENGA
RIVIERE D'IBENGA
RIVIERE MOTABA
LA
MALADIE DU SOMMEIL La
trypanosomiase africaine se présente sous deux formes : la trypanosomiase
ouest-africaine, due à Trypanosoma gambiense, d’évolution lente et
sommeilleuse et la trypanosomiase est-africaine, due à trypanosoma
rhodesiense, d’évolution plus rapide. Endémiques dans 36 pays
africains, ces affections concernent 50 millions d’êtres humains. Grâce
aux campagnes d’éradication, la maladie du sommeil était devenue, vers
1960,en Afrique noire, une affection relativement rare (1à 2 malades pour
10 000 personnes examinées). Les équipes de traitements et de dépistages
ayant disparus, et du fait de l’absence de personnel, de financement
et de méthodologies adéquates, la barre des 10% de contaminés était
franchie dès 1966. La maladie atteint aujourd'hui également les grandes
villes (Douala, Brazzaville, Bamako). La maladie du sommeil tend à
redevenir une grande endémie en Afrique centrale du fait de l’absence de
contrôle, de traitement efficace, de la résistance des anciens
médicaments, du peu de recherche par les industries privées dans ce
domaine peu lucratif. Gentillini M et Dulo B.," Les trypanosomiases
humaines", in Encyclopédie
médico-chirurgicale, Paris, 1973, 25070 C10.
Voir également : Frézil J-L. , La
trypanosomiase en République populaire du Congo, Thèse Sciences,
Paris, 1981.; ainsi que : Ginoux M., Bissadidi N, Frézil J-L.," Accidents
observés lors du traitement de la trypanosomiase au Congo", Med.trop. , 1984, 44, 351. et,"Les échecs du
traitement de la trypanosomiase à T.Gambiense au Congo", Med. Trop. , 1984, 44, 119. La
maladie du sommeil au Congo. Controlées en 1960, de nouvelles épidémies de maladie
du sommeil apparaissent depuis 1968. Actuellement les foyers les plus
importants sont ceux de la région Niari-Bouenza (10% de prévalence), dans
les forêts du Nord-Congo et du Mayombe (4,5% de prévalence) et surtout le
long du Fleuve Congo (20% de prévalence à Ngabé) dus à la contamination
par le foyer zaïrois le long du fleuve Kasaï. Les mouches Tsé-Tsé appartiennent à deux groupes
(palpalis et fusca) : seules les glossines palpalis transmettent la
trypanosomiase. Ces mouches suivent les galeries forestières, les berges
des rivières, et vivent également dans les villages où se fait la
contamination. On ne les trouve jamais dans la savane, et elle attaque
durant la journée, d’autant plus qu’il fait chaud et qu’il y a du soleil.
Le
diagnostic de la maladie est fait soit par ponction ganglionnaire, soit
par recherche dans le sang d’anticorps fluorescents. Cette dernière
méthode permet de déceler deux fois plus de trypanosomés que l’indiquerait
l’examen clinique ou parasitologique. Ceci pose le problème d’une grande
trypanotolérance des populations congolaises, qui a fait croire à tort à
l’éradication de la maladie. Les Pygmées, étudiés dans la forêt de M'Bomo, au
cours de 4 enquêtes effectuées entre 1974 et 1980, n’ont pas présenté de
manifestations parasitologiques, ni sanguines. L' enquête a conclu que les
Pygmées ont un haut degré de tolérance, comme d' ailleurs le reste de la
population autochtone de la région, ou bien qu’ils sont peu exposés. En
effet, les glossines ne vivent pas en forêt, où il n’y a pas d’eau. Les
seules mouches Tsé-Tsé rencontrées sont, d' après les chasseurs, celles
qui accompagnent les troupeaux d’animaux sauvages (éléphants, gorilles,
potamochères...), au contact desquels peuvent se trouver les Pygmées, ce
qui explique les sérums douteux chez ces derniers, en cas de recherche des
anticorps fluorescents (I.F.I.). L’existence d’un réservoir animal n’est pas prouvé.
Le réservoir glossine est marginal. Le réservoir essentiel est humain. Les indices utilisés sont : L’indice d’IFI (test d' immununo fluorescence
indirecte) : Total d’IFI positif X 100 / Total testé L’indice de latence clinique et de trypanotolérance :
Total IFI positif/ Total de cas cliniques positifs. L’IFI sera bientôt remplace par la technique de CATT
(Card Agglutination Test with stained trypanosome) dont la manipulation
ressemble fort à celle de la recherche de groupes sanguins et qui peut se
faire sur le terrain. Le
traitement utilise toujours les seuls médicaments connus : Arsobal et
pentamidine. Le suivi est fait par contrôle de l’évolution de l’IFI. En conclusion bien qu’un certain nombre
de recherches doivent encore être entreprises, les moyens techniques
existent pour éliminer la maladie du sommeil. La balle est dans le camp
des décideurs économiques et politiques. LA
METHODE JAMOT "La prophylaxie médicale proprement dite vise à
détruire par les moyens chimiques les virus en circulation dans le sang
des malades. Pour réaliser ce but, on doit rechercher les malades, les
soigner et si possible les guérir. Cela implique l’exploration minutieuse,
périodique de toutes les zones infectées... Il ne s’agit pas de faire au
cours de tournées rapides, des diagnostics approximatifs, suivis d’un
traitement insuffisant ou inutile, mais de visiter et de revisiter
successivement tous les villages, d’en examiner un par un tous les
habitants, et de faire sur la base du diagnostic microscopique, le
recensement nominatif de tous les indigènes trypanosomés qui recevront le
traitement approprié à leur état". Jamot E.,"Essai de prophylaxie médicale de la maladie
du sommeil dans l' Oubangui-Chari", Bull. Soc.path.exot., 1920,
13-343/376.
A PARTIR DU XIXème siècle, EN EUROPE, LA
MORT PERD DU TERRAIN Si
nous considérons le cas de la France en 1880 : a) les indicateurs de santé publique se sont
améliorés par rapport à la fin du siècle précédent -Ainsi selon Dupâquier, nous avons respectivement en
1880 et 1789 : Taux brut de natalité (175/1000 et 40/1000 ). Taux brut de mortalité(30/1000 en ville, 22/1000 à la
campagnecontre 40/1000 ). Espérance de vie à la naissance(41H, 44
Fcontre 28H/29F). Mortalité infantile(183/1000contre 278/1000 ).
Mortalité en dessous de 5 ans (137 contre 238/1000). Indice synthétique de fécondité (7 en
1789, 3,5 en 1860 : la chute de la fécondité est particulière à la France
post-révolutionnaire ; en Angleterre, l' indice est encore de 5 et
supérieur à 5,5 en Allemagne). Pourcentage de femmes en âge de procréer (30%).
Mortalité maternelle(11,5/°°). Déjà un " encombrement" médical: un médecin pour 1500
habitants. L'
accès à l'eau potable, et l’aménagement des égouts sont très insuffisants.
L’assainissement des quartiers insalubres, l’hygiène des logements et des
établissements industriels laissent à désirer. -
Les principales causes de décès restent les maladies infectieuses et les
causes maternelles et périnatales Le
XIXème en France est toujours marqué par la présence de grandes
endémo-épidémies : cependant, certains fléaux (peste,
dysenterie...) sont en voie d’extinction, d’autres apparaissent (choléra,
méningite cérébro-spinale...)[1]. On enregistre, en France, 7
épisodes de mortalité importante entre 1800 et 1880 dus à des épidémies de
dysenterie ou de choléra. Le dernier associe variole, rougeole et
dysenterie[2]. b)
Quelles sont les raisons de l' amélioration sanitaire -Le fait le plus important est la diminution de la mortalité infantile qui se
traduit par
une amélioration de l’espérance de vie : lLa composante endogène de
cette mortalité s’est amélioré avec les progrès de l’accouchement, de la
nutrition des nourrissons et le rechauffement des prématurés. La
composante exogène a diminué avec la diffusion de la vaccination contre la
variole et la diminution de l’endémie paludéenne par le drainage des
marais. L’hygiène est également venue à bout des maladies intestinales des
nourrissons. Par ailleurs, des changements importants ont eu lieu
dans l’organisation sanitaire, la recherche médicale et la prévention
sanitaire : -L’hôpital dont le
fonctionnement est confié aux communes[3]évolue mais reste le pivot de
l’organisation médico-sociale : sa vocation sociale persiste. La
législation de 1850 le destine toujours à recueillir les indigents de la
commune. A la fin du siècle, son rôle s’étend encore puiqu' ils deviennent
le point d’appui des lois d’assistance (indigents, femmes en couches,
infirmes, incurables,...)et, au début du XXème siècle, des institutions de
la mutualité, des accidents de travail et des caisses d’assurance
sociale. D’une manière générale, jusqu’aux années 1880, il
est, malheureusement toujours, un foyer de contagion. Les hôpitaux
de la marine (Rochefort,...) montrent, en revanche, selon la mode des
hôpitaux anglaise d’outre-mer, un goût pour l’architecture pavillonnaire,
aux bâtiments aérés, un sens plus poussé de l’hygiène, une médicalisation
important et une formation notable du personnel. Mais ils sont réservés à
une population particulière et ne jouent aucun rôle dans la dimension
sociale de la médecine. -La recherche
se développe dans les grands hôpitaux, certains services s’ouvrent aux
consultations externes. Les connaissances médicales, chirurgicales,
pharmacologiques et en hygiène ont en effet, beaucoup évoluées (voir
annexe) et annoncent la"révolution pastorienne". Dans le domaine du
diagnostic, la méthode anatomo-clinique a provoqué un véritable
bouleversement conceptuel. Dès 1830, on parle de médecine et de
pharmacologie expérimentale. La construction d’une pharmacopée rationnelle
est entreprise par les chimistes. La chirurgie a également fait des
progrès remarquables et s’enhardit grâce à l’anesthésie (1847) et l'
aseptie (1867). Ces découvertes et ces nouvelles méthodes profitent
essentiellement à la minorité aisée qui a accès à une médecine libérale de
ville, onéreuse. -Prévention sanitaire :
L’hygiène publique devient, au XIXème siècle, une
préoccupation administrative[4]. Dès 1851 un Conseil
consultatif d'hygiène publique est créé au niveau national, coiffant des
comités départementaux et cantonaux. L’adduction d’eau potable et
l’assainissement sont quasiment assuré à la fin du siècle (du moins à
Paris). La lutte contre les épidémies et les
endémies dont les causes sont encore inconnues est toujours liée à une
notion de "police sanitaire" : isolement, quarantaine et contrôle des frontières.
Si les grandes épidémies (choléra...)
affectent l’ensemble des classes sociales, en revanche, certaines
endémies présentent une forte composante sociale et économique, qui est le
facteur de leur diffusion, et sont beaucoup plus difficiles à combattre
Ainsi, à titre d’exemple, l’extension de la tuberculose est liée à
l’insalubrité croissante des quartiers pauvres. Cette affection,
considérée par l’administration comme un des grands fléaux publics est à
l’origine d’une commission des logements insalubres qui a commencé ses
travaux en 1855. Dans les années 1872, ce fléau tue
encore 90 000 personnes par an. -PMI : La loi Roussel
(1874)sur la protection des nourrissons mis en nourrice témoigne
tardivement de la prise de conscience de l’effroyable mortalité infantile
et jette les bases de la Protection maternelle et infantile. -Protection sociale :
Enfin, les notions de charité et de bienfaisance privées ou religieuses
rentrent en compétition avec la notion d’assistance étatique. A la pure
philanthropie bénévole se substitue de plus en plus un devoir de
solidarité. De véritables obligations commencent à s’imposer à l’état et
aux collectivités locales. Pour les indigents, une médecine
gratuite, sans grands moyens se développe surtout à partir des années
1850. Pour les couches intermédiaires, un décret-loi de 1852, facilite le
développement des sociétés de secours mutuels. Il faut attendre, le siècle
suivant, bien après l’Allemagne, pour qu’apparaissent les assurances
sociales. c)
1880-1900: La " révolution pasteurienne"
La
"révolution pasteurienne" bouleverse la pratique de la médecine,
essentiellement dans le domaine de l’hygiène. Elle a des conséquences sur
l’installation et l’hygiène des hôpitaux, sur le développement des
adductions d’eau dans les villes et l’établissement des laboratoires
d’hygiène. Elle entraîne également une "révolution législative" dans le
domaine du droit de la santé publique dont les lois de 1902, sur l’hygiène
publique, et de 1905, sur le contrôle bactériologique de l’industrie
alimentaire, sont les plus significatives. Toutefois, ses effets ne se font sentir qu’à partir
du siècle suivant. Les indicateurs de santé ne montrent un décrochage net
de la mortalité infantile qu ' à la veille de la première guerre mondiale
(120/1000). L’inertie des structures et des mentalités explique ce
retard[5]. LA
REVOLUTION PASTEURIENNE 1856 : Pasteur démontre que les levures sont la cause
de la fermentation, qu' elles ne sont pas produites par le jus lui même
mais apportées par l' air extérieur. 1858 : Pasteur introduit la notion de
micro-organismes aérobies et anaéorobies. 1859 : Darwin C., " Sur l' origine des espèces par la
sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte
pour la vie".
Lambl W.D., découvre l' amibe dysentérique. 1862 : Pasteur est élu à l' Académie des sciences et
soulève le problème de la génération
spontanée. L' année suivante l' Académie se rallie aux thèses de
Pasteur. Pasteur montre également qu' on peut éliminer les
micro-organismes causes de l' infection, par chauffage, filtrage, ou
antiseptie. 1863 : Demarquay J.N., découvre des filaires dans l'
urine d' un filarien. 1864 : la pasteurisation est utilisée pour la
conservation à court terme des aliments. 1865 : Heccker J.F.K., " Les grandes épidémies du
Moyen-âge". L' auteur pose les bases de l' épidémiologie historique.
Villemin J.A., démontre la contagiosité de la tuberculose.
Travaillant sur la maladie des vers à soie, Pasteur apporte la
preuve scientifique que les micro-organismes sont la cause d' une maladie
des animaux. Il a immédiatement l' intuition qu' il en est de même de
toutes les maladies infectieuses de homme. 1867 : Lister J., " Principe antiseptique dans la
pratique de la chirurgie". 1870 : Abadie B., propose le cyanure de mercure
intraveineux contre la syphilis. 1871 : Hansen G.H.A., découvre le bacille de la lèpre.
Lister J., évoque la possibilité de la concurrence vitale des
germes en thérapeutique.
Manassein V.A. et Polotebnov A.G. utilisent empiriquement une
moisissure verte pour soigner une maladie de peau et une syphilis. 1873 : Budd W., "La fièvre typhoïde, sa nature, son
mode d' extension et sa prophylaxie". Londres.
Pasteur est élu à l' Académie de Médecine, alors temple de l'
anticontagionnisme. Dans son discours d' ouverture, il n' hésite pas à
déclarer que des maladies comme la tuberculose, le choléra, la typhoïde,
la pneumonie, la rougeole, ...sont dues à des micro-organismes. Il fonde
l' aseptie: propreté des instruments de chirurgie, lavage des mains,
bandelettes portées entre 130 et 150% 1876 : Bancroft J., découvre la filaire qui porte son
nom.
Koch provoque un bouton charbonneux par inoculation d' une culture
de bactéries charbonneuses.
Tyndall J., observe que le Penicillium empêche la croissance des
mcrobes cultivés en milieu liquide. 1877 : Pasteur étudie le charbon qui ravage les
troupeaux. Roux fait la première photo de "microbe". Il découvre que la
bactérie peut persister sous forme de spore. 1878 : Pasteur
L., Joubert J. et Chamberland C.E., " La théorie des germes et ses
applications à la médecine et à la chirurgie". 1879 : Erberth C.J. découvre le bacille typhique.
Pasteur effectue ses premières observations sur le streptocoque
Neisser découvre le gonocoque 1880 : Laveran découvre, le 20 octobre, l' hématozoaire de la malaria. Cette découverte
lui vaudra le Prix Nobel en 1907.
Erberth découvre le bacille
typhoïdique
Pasteur invente une vaccination contre le choléra des poules. 1881 : Finlay C.J. établit, à la Havanne, que
Stegomyia fasciata est l' agent vecteur de la fièvre jaune.
Pasteur, le 5 mai, effectue ses mémorables expériences de
Pouilly-le -Fort sur la vaccination
anti-charbonneuse où il utilise une culture bactérienne atténuée, qui
ne déclenche plus qu' une faible maladie et immunise ensuite les souches
virulentes. 1882 : Bouchard C. et Löffler F. découvrent le
bacille de la morve.
Koch R. annonce, le 24 mars, sa découverte du bacille tuberculeux. 1883 : Terrillon O. et Terrier F. préconisent d'
aseptiser les instruments de chirurgie soit par ébullition, soit par
autoclave.
Koch découvre le bacille du choléra
Talamon découvre le pneumocoque 1884 : Chamberland C.E. invente son filtre à
porcelaine pour épurer l' eau.
Nicolaïer A. découvre le bacille du
tétanos dans le sol.
Löffler découvre le bacille de la
diphtérie 1885 : Cornil A.V. et Babes V. publient le premier
traité de bactériologie: "Les bactéries et leur rôle dans l' étiologie et
l' histopathologie des maladies infectieuses".
Pasteur H., le 6 juillet, vaccine Joseph
Maistre contre la rage. 1892 : Pasteur a la joie d' un jubilé solennel dans
le grand amphithéatre de la Sorbonne où il entre au bras du Président de
la République et reçoit, de Lord Joseph Lister, l' expression de la
reconnaissance de tout le monde scientifique. Suivront, la découverte du méningocoque par Weichselbaum en
1887, de l' amibe dysentérique par Lutz en
1892, du bacille de la peste par Yersin en
1894, de la dysenterie par Shiga en 1898, les
tréponèmes du Pian par Castellani et de la syphilis par Schaudin en 1905, le bacille de la
coqueluche par Bordet et Gengou en 1906. La
variole, la rougeole, la poliomyélite restent sans germe identifié, mais
leur nature infectieuse ne fait aucun doute. Sur le plan du traitement, en médecine humaine, après
le vaccin contre la rage ( 1885), suivront les vaccins contre les
typhoïdes en 1910 par Chantemesse et Widal et contre la tuberculose en
1922 par Calmette et Guérin
LES TEXTES SUR LE DROIT A LA SANTE A
dans le cadre des organisations universelles
L a Déclaration Universelle des droits
de l ' homme ( rés 217 A du 10 déc 1948 )
article 25-1: Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant
pour assurer sa santé ,son bien être
et ceux de sa famille , notamment pour l ' alimentation , l ' habillement
, le logement , les soins médicaux ainsi que les services sociaux
nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage , de maladie , d '
invalidité
, de veuvage , de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses
moyens de subsistance par suite de circonstance indépendantes de sa
volonté.
25- 2 : La maternité et l ' enfance ont
droit à une aide et une assistance spéciale. Tous les enfants qu ' ils
soient nés dans le mariage ou hors du mariage , jouissent de la même
protection sociale.
Le pacte international relatif aux
droits économiques , sociaux et culturels. ( adopté le 6/12/66 , entré
en vigueur le 3/1/76 )
Article
9 - Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute
personne à la sécurité sociale , y compris les assurances sociales;
Article 10 - 2 . Une protection spéciale doit être accordée au x
méres pendant la période de temps raisonnable avant et aprés la naissance
des enfants. Les mères salariéesdoivent bénéficier pendant cette période ,
d ' un congé payé ou d ' uncongé accompagné de prestations de sécurité
sociale adéquates.
Article 12- 1 : Les états parties au présent Pacte reconnaissent le
droit qu ' à toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et
mentale qu ' elle soit capable d ' atteindre.
12-2 : Les mesures ... nécessaires pour assurer :
a . la diminution de la mortinatalité et de la mortalité infantile
, ainsi que le développement sain de l 'enfant
b . l ' amélioration de tous les aspects de l ' hygiène du milieu
et de l ' hygiène industrielle ;
c . la prophylaxie et le traitement des maladies
épidemiques ,
endémiques , professionnelles et autres , ainsi que la lutte contre
ces maladies ;
d . la création de condition propre à assurer à tous des services
médicaux et une aide médicale en cas de maladie.
Déclaration des droits de l
'enfant ( voté le 20/10/59 par l Assemblée générale à l '
unanimité ) principe 4 : L ' enfant
doit bénéficier de la sécurité sociale. Il doit pouvoir grandir et se
développer d ' un façon saine ; à cette fin , une aide et une protection
spéciales doivent lui être assurées , ainsi qu' à sa mère , notamment des
soins , prénatals et postnatals adéquats. L ' enfant à droit à une
alimentation , à un logement , à des loisirs et à des soins médicaux
adéquats.
La convention relative aux droits
de l ' enfant ( adopté le 20/11/89 , ouverte à la signature depuis le
26/1/90 )
Article 23 relatif au enfants handicapés
Article 24 - 1 : Les états parties reconnaissent le droit de l '
enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de
services médicaux et de rééducations. Ils s' efforcent de garantir qu '
aucuns enfants ne soit privé du droit d ' accès à ces services.
- 2
: ....mesures pour :
a
. réduire la mortalité parmi les nourrissons et les enfants ;
b . assurer à tous les enfants l ' assistance médicales et les
soins nécessaires , l ' accents étant mis sur les soins de santé
primaires ;
c . lutter contre la maladie et la malnutrition , y compris dans le
cadre des S.S.P. , grâce notamment à l utilisation de techniques aisément
disponibles et à la fourniture d ' aliments nutritifs d ' eau potable ,
compte tenu des dangers et des risques de pollution du milieu naturel
d
. assurer aux mères des soins prénatals et post natal appropriés
e . faire en sorte que tous les groupes de la société en
particulier les parents et les enfants , reçoivent une information sur la
santé et la nutrition de l ' enfant , les avantages de l ' allaitement au
sein , l ' hygiène et la salubrité de l ' environnement et la prévention
des accidents , et bénéficient d ' un aide leur permettant de mettre à
profit cette information ;
f . développer les soins de santé préventifs , les conseils aux
parents et l ' éducation et les services en matière de planification
familiale ;
-3 : Les états prennent toutes les mesures efficaces appropriées en
vue d ' abolir les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé
des
enfants.
- 4 : Les états parties s ' engagent à favoriser et encourager la
coopération internationale en vue d ' assurer
progressivement la pleine réalisation de ce droit reconnu dans le présent
article.A cet égard , il est tenu particulièrement compte des besoins des
pays en développement .
Article 25 , 26 , 27 Pour les enfants placés , la sécurité
sociale , le développement de l ' enfant. On
trouve également quelques allusions au droit à la santé dans: La convention sur l ' élimination de toutes les formes
de discrimination raciale (1965)
Article 5 . ...Garantir le droit de chacun à l ' égalité devant la
loi sans distinction d'...origine ethnique dans la jouissance des
droits suivants: ....d..iv. Droit à la santé , aux
soins médicaux , à la sécurité sociale et aux services sociaux. La Déclaration sur le droit au
développement ( adopté le 4/12/86 ) Article 8- Les états doivent prendre sur le plan national toutes les mesures nécessaires pour la réalisation du développement et ils assurent l ' égalité des chances de tous dans l ' accés ...aux services de santé OIT : Cet organisme est trés actif en matière de
droit de l ' homme au travail. Nous citerons dans le cadre de la santé
, la
convention n° 102 sur les normes minima de Sécurité sociale Article 25 de la Convention 169 de l'OIT sur les
peuples indigènes et tribaux 1.
Les gouvernements doivent faire en sorte que des
services de santé adéquats soient mis à la disposition des peuples
intéressés ou doivent leur donner les moyens leur permettant d'organiser
er de dispenser de tels services sous leur responsabilité et leur contrôle
propres, de manière à ce qu'ils jouir du plus haut niveau possible de
santé physique et mentale. 2.
Les services de santé doivent être autant que
possible organisés au niveau communautaire. Ces services doivent être
planifiés et administrés en coopération avec les peuples intéressés et
tenir compte de leurs conditions économiques, géographiques, sociales et
culturelles, ainsi que que de leurs méthodes de soins préventifs,
pratiques de guérison et remèdes traditionels. 3.
Le système de soins de santé doit accorder la
préférence à la formation et à l'emploi de personnel de santé des
communautés locales et se concentrer sur les soins de santé primaires,
tout en restant en rapport étroit avec les autres niveaux de la santé. La prestation de tels services de santé
doit être coordonnée avec les autres mesures sociales, économiques et
culturelles prises dans le pays. C
Dans le cadre de l ' Organisation de l ' Unité Africaine ( OUA) La
Charte africaine des droits de l ' homme et des peuples (
adopté en juin 1981 , entré en vigueur le 21/10/86 ). Le 30/9/88 cette
charte avait été signé par 35 états dont le Congo et le Gabon pour l '
Afrique centrale. Article - 16 -1 : Toutes personne a le droit de jouir
du meilleur état de santé physique et mentale qu 'elle soit capable d '
atteindre. 16-2 : Les états parties à la présente charte s ' engagent à
prendre des mesures en vue de protéger la santé de leur populations et de
leur assurer l ' assistance médicale en cas de maladies. 29-6 :
L’individu a le devoir de…contribuer à la promotion de la santé morale de
la société. Il
est à noter que pour les problèmes de santé , l ' O.U.A. à conclu des
accords avec l ' O.M.S. La
Charte africaine de développement sanitaire
D LE PREAMBULE DE L’OMS (1948) E
LA CONSTITUTION CONGOLAISE DE 1992 Article 34 : L ' Etat est garant de la Santé
publique. Tout citoyen a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer
sa santé , son bien être et ceux de sa famille notamment pour l '
alimentation , l ' habillement , le logement , les soins médicaux ainsi
que les services sociaux nécessaires. Le
droit de créer des établissement socio-sanitaires privé est garanti. Les
établissement socio- sanitaire sont soumis à l ' approbation de l ' état
et régis par la loi. Les personnes agées et handicapées ont droit à des
mesures spécifiques de protection en rapport avec leurs besoins physiques
et moraux. Article 65 : - Tout individu a le devoir de contribuer à l ' amélioration de la qualité de la vie et à la préservation de son milieu naturel ainsi qu ' à la protection de son environnement Article 104 : -sont du domaine de la loi:....les
principes fondamentaux de la Santé...
I. REPERES CHRONOLOGIQUES. XV-XIXème
SIECLES. A DU XVème AU XVIIIème SIECLE: 1.
DE L' ATLANTIQUE AU FLEUVE CONGO: HEGEMONIE DU ROYAUME DU
KONGO[7]. Le
royaume du Kongo, à cheval sur le fleuve Congo, fut créé vers
1300-1400 par des populations venues du Gabon. Le héros fondateur, Nimi a
Loukeni, roi-forgeron établi dans le Mayombe, franchit le fleuve (Nsandi) à Ishangila et
pénétra dans le pays des cultivateurs Amboudou. Il s' installa sur le
plateau appelé Kongo, sur l' emplacement de la future capitale
Mbanza-Kongo. Il s' allia au chef de la terre, le mani Vounda
et épousa une de ses filles. Grâce aux alliances matrimoniales des jeunes
guerriers conquérants et des filles des principaux lignages du pays et à
la suprématie des armes de fer, les Kongos firent la conquête du
territoire appelé à devenir le royaume du Kongo. Ce royaume, constitué de
lignages apparentés, fut divisé en six provinces dont les chefs assuraient
l' élection du roi, le Mani-Kongo.
Ce dernier percevait le tribut, pouvait prélever l' "impôt du sang" et
était "Suprême justicier". Le roi tirait sa puissance du monopole
de l' exploitation des coquillages de l' île de Loanda et du commerce du
sel. Les impôts étaient payés en tissus de feuilles de palme, en
esclaves et en ivoire. Au
nord du fleuve, les royaumes de Ngoyo, Kakongo et Loango étaient encore
indépendants mais les populations parlaient Kîkôgo et l' organisation
administrative et politique était la même qu' au Kongo. En
1482, le navigateur portugais Diego Cao parvint avec son escadre à l'
embouchure du Congo. En 1491, une ambassade portugaise pénétra dans la capitale
Mbanza-Kongo, qui n' était alors qu' un gros village, et s' y installa.
Elle était composée de franciscains, dominicains, soldats, maçons et
charpentiers. Dans les années qui suivirent, le nouveau roi kongo se
convertit au christianisme, prit le nom d' Alphonse Ier et baptisa sa
capitale Sao Salvador. Son long règne (1506-1543) fut marqué par le
développement fulgurant de l' évangélisation mais aussi de la
traite négrière. Au
XVIIème siècle, la perte du monopole portugais sur la traite entraîna une
fragmentation du grand commerce et une dispersion sur la côte des points
de contact entre Européens et intermédiaires africains. En outre, les
luttes internes entre clans kongos rivaux, les révoltes de chefferies et
l' abandon par les Portugais, en 1624, de San Salvador au profit de Loanda,
mirent fin à la puissance du royaume du Kongo. En 1665, le roi Antonio I°
ayant retiré aux Portugais le droit, consenti par son père, d' exploiter
les ressources minières du royaume, fut défait à la bataille d' Ambuila.
Cette défaite marqua la fin de l' unité du royaume du Kongo.
Au XVIIIème siècle, période extrêmement troublée sur le plan
politique, apparut la figure mystique de donna Béatrice, la "Saint
Antoine" congolaise[8]. 2.
SUR LE POOL MALEBO ET DANS LA REGION DES PLATEAUX : LE ROYAUME BATEKE[9] Les Batékés sont un peuple bantou originaire des
savanes du Haut -Ougoué, région aux terres peu fertiles. Ceci explique
leur expansion vers le Pool où les terres sont plus riches, la pêche
facile et le commerce avec les autres riverains fructueux. Ils fondèrent
au XIIIème siècle, un royaume qui demeura plusieurs siècles autour du
Pool. L'existence de ce royaume fut connue dès le XVème siècle des
Portugais, qui lui donnèrent le nom d' Anzines. Au
XVIème siècle, les Batékés fondèrent leur première capitale: Ngombala. Au
XVIIIème siècle, ils durent contenir au Nord, les Mbochis venant du Zaïre
et au Sud, les Bakongos montant de la côte atlantique vers le
Pool, par la vallée du Niari, ce qui les obligea à installer, au XIXème
siècle, leur nouvelle capitale, Mbé, sur les plateaux qui portent leur
nom.
Au XVIIIème siècle, le royaume Batéké était une fédération de
chefferies s' étendant sur les plateaux au Nord du Pool, en territoire
congolais et gabonais actuel, ainsi que sur une petite partie du Zaïre d'
aujourd'hui. Le royaume couvrait alors une superficie de 90 000Km2. Il
comprenait notamment l' île Mbamou, point vital dans le contrôle du
commerce du Pool. Le roi, élu par les chefs, détenait un pouvoir
essentiellement religieux, tandis que son "premier ministre" exerçait le
pouvoir politique, dirigeait l' administration et percevait le tribut.
3.
DANS LA CUVETTE ET LE PAYS AKA Le
Cuvette et le Pays Aka furent, au XVIIIème siècle, le théâtre
d'importantes migrations. Les Mbochis, venus du Zaïre, s'
installèrent dans la Cuvette et firent fuir vers le Pays Aka les peuples
Sanghas. Les Makaas s'implantèrent au Nord-Ouest du Pays Aka, tandis que
les Oubanguiens s' établirent au Nord-Est. C'est ainsi que ces peuples
entrèrent en contact avec les Pygmées. L' intensification de la traite
négrière occidentale, à partir de 1750, entraîna en outre, dans la
région,
"un mouvement des peuples du Sud vers le Nord [...]. Ainsi , les
Ngangos quittèrent Impfondo au milieu du XVIIIème siècle pour rentrer dans
la forêt" [10]. De nombreuses populations de
la Sangha, de la Lobaye et de l' Oubangui, fuyant la traite, cherchèrent
refuge dans les bassins du Mboumou et de l'Uélé. B. LE XIX ème SIECLE 1.
DE L' ATLANTIQUE AU FLEUVE CONGO[11] Au
XIXème siècle, le royaume du Kongo n' était plus qu ' un souvenir. Sao Salvador, sa
capitale, occupée par les Portugais en 1860, était redevenue un village où
le roi , toujours traditionnellement couronné par un missionnaire , ne
représentait plus qu' un symbole. La région comprise entre l' Atlantique
et le fleuve Congo était réduite à une zone de transit pour la traite[12]. Les routes
suivaient deux axes principaux : le plus important, connu sous le nom
de "route des caravanes", passait au Nord du fleuve, du Pool à Loango, et
était tenu par les Vilis, tandis que le deuxième,
empruntant
le sud du fleuve, était contrôlé par les Sosos et les Zombos. Les
alliances entre tribus de la région et le système du lemba (assemblées
de commerçants et de juges) permettaient de réduire les dangers de la
route. Sur la côte, le royaume de Loango perdurait. En 1883,
le roi Makosa Ma Nsangu signa avec le lieutenant Cordier, envoyé par
Brazza, un traité qui plaçait son royaume sous la protection et la
souveraineté de la France. La même année, une mission catholique était
fondée à Loango par le père Carie. 2.
SUR LE POOL ET LES PLATEAUX BATEKES[13] Sur le Pool, les groupes Ba-kongos (Ba-Kongo, Ba-Lali
ou Lari et Ba-Soundi) avaient évincé les Batékés, qui s'étaient repliés sur
les plateaux vers le Haut-Niari et la Léfini . Seule une enclave Batéké
persistait sur la rive droite de la Foulakari. Les rapports
entre les Ba-Kongos et les Batékés étaient précaires, mais excluaient
toute rupture de contact entre les deux groupes en raison des relations
sacrées que la terre imposait à l' un et à l' autre: les Ba-kongos
continuaient à avoir besoin de l' intervention religieuse des Ba-tékés,
premiers détenteurs de la terre, auxquels ils remettaient les offrandes
rituelles. Aux Batékés étaient liés quelques groupes de
Pygmées que les Basoundis tentèrent de contrôler afin de se procurer la
viande de chasse sans passer par l' intermédiaire des premiers.
3.
DANS LE PAYS AKA[14] Au
XIXème siècle, plusieurs mouvements migratoires firent pénétrer en forêt
des éléments non bantous : Gbaya, Banda, Bonjo, Banziri,
Ngbwaka, Bongo, Ngbandi. Ces migrations étaient dues aux événements
affectant les royaumes musulmans du Nord, à la constitution des royaumes
Zandé-Nzakara au Nord-Est ainsi qu' à l' action des négriers
arabo-soudanais et arabo-swahilis. Cette pression Nord -Sud était
suffisamment forte pour faire ressortir en savane , au Sud de l' isthme
congolais, certains peuples non bantous (Bonjo, Bayenzi), dont la marche
fut arrêtée par le môle téké. Cette région est traversée par deux grands fleuves :
la Sangha et l' Oubangui. La Sangha, qui mettait jadis en relation les
commerçants de l' empire du Bornou et du royaume du Kongo, restait alors
une grande voie transafricaine. Les commerçants arabes empruntaient
toujours cet axe de communication vers le Cameroun et le Nigeria. Ouesso
était alors un des plus grands marchés de l' Afrique. Il était fréquenté,
en amont, par les principaux commerçants de la Sangha, les Pandés du
groupe Bakota et en aval par les Bobanguis. L' Oubangui mettait en relation, depuis
les temps les plus anciens, les régions nubiennes et les régions
congolaises. La partie horizontale de son cours était contrôlée par
diverses ethnies apparentées, que l'on classe en un groupe dit oubanguien
ou gbandi. Vers 1865, arrivèrent sur l' Uélé, affluent de l' Oubangui, les
traitants égyptiens. Ces Jallabas, également appelés khartoumiens,
développèrent dans la région, à partir de cette époque, un commerce
négrier et de l ' ivoire extrêmement actif, avec le soutien de l' Etat
égyptien. Pour leur part, la partie verticale de l' Oubangui (depuis les
rapides de Bangui jusqu' à son confluent avec le Congo) ainsi que le
moyen-Congo étaient le domaine commercial de la puissante confédération
des Bobanguis[15]. .
II. REPERES CHRONOLOGIQUES
DES RESISTANCES A LA COLONISATION A
RESISTANCES A LA PRISE DE POSSESSION
(1880-1910) Après avoir exploré le cours de l' Ogooué, de 1875 à
1878, Savorgan de Brazza, au cours d'une seconde expédition de 1879 à
1882, fonda le poste de Franceville, navigua sur le Congo, passa, en
octobre 1880,
avec le roi des Batékés, Makoko, un traité d ' amitié qui plaçait le
royaume de ce dernier sous la protection de la France, prit possession du
territoire de N' Tamo sur le Stanley Pool (future Brazzaville) et reconnut
les cours du Niari et du Kouilou. L' émoi international suscité par
le
traité Makoko provoqua la tenue, en 1884-1885, de la Conférence de
Berlin. Au cours d'une troisième mission d' exploration de 1883 à
1885, Savorgnan de Brazza signa un traité avec les Vilis de Loango en
1883, fonda de nombreux postes et explora la Sangha et l' Oubangui,
étendant ainsi les possessions françaises vers le Nord[16]. En 1886, nommé Commissaire
Général du Congo et du Gabon[17], Pierre Savorgnan de Brazza
repartit au Congo, s' employa à l' exploration méthodique des territoires
conquis, organisa des expéditions en direction du Tchad et des sources du
Nil et jeta les fondations de la colonie. La
conquête des territoires du Nord de l' Afrique Equatoriale Française
constitua une rupture totale avec les méthodes pacifiques employées par
Brazza lors de la prise de possession des territoires du Sud (conquête
"pure de tout sang humain" selon la formule consacrée). Ce furent, en
effet, de véritables expéditions militaires, non exemptes de brutalités à
l' égard des auxiliaires indigènes (la colonne Marchand fut notamment à l'
origine de soulèvements, en 1897-1899, des porteurs loangos réquisitionnés
pour acheminer le matériel de la Mission Congo-Nil) qui furent lancées à
la conquête du Nord. L' aventure en direction du Nord-Est fut stoppée sur
le Nil à Fachoda, le 7 décembre 1898[18] et il fallut attendre la
destruction de l ' empire de Rabah, à Kousseri en 1900, puis du Bornou et
du Ouaddaï (1909-1910), pour que s' achève la conquête du Tchad. La
rupture fut également totale sur le plan de l' exploitation économique de
la colonie. La puissance coloniale, refusant de faire les investissements
nécessaires à la mise en valeur des territoires conquis, divisa la
majorité de ces derniers en immenses concessions dont l'exploitation
commerciale et administrative fut confiée, par les Actes de 1899, à des
compagnies concessionnaires privées[19]. Brazza, hostile à ce projet
dont il pressentait les dérives, avait été limogé dès 1898. L'
installation des compagnies concessionnaires provoqua de graves désordres
dont les plus meutriers furent les révoltes, de 1901 à
1905, des Manjas, décimés par le portage dans le Haut-Chari. La levée de
l' impôt, le travail forcé et les pratiques barbares d' exploitation de la
main-d' oeuvre par les compagnies concessionnaires entraînèrent de très
nombreuses résistances locales. Le scandale provoqué par l' assassinat, de
manière odieuse, d ' indigènes, sur le territoire d' une des compagnies de
la Sangha, obligea le gouvernement français à envoyer, en 1905, Savorgnan
de Brazza en mission d' inspection au Congo. Cette mission lui fut d’
ailleurs fatale, il mourut de "fièvres" sur le chemin du retour et les
conclusions de sa mission, dénonçant les abus et les exactions des
concessionnaires, furent étouffées[20]. La mission de Brazza obligea
cependant le gouvernement à prendre un certain nombre de mesures,
notamment, en 1910, la réorganisation administrative du territoire de l'
Afrique Equatoriale Française divisé en Gabon , Moyen-Congo ,
Oubangui-Chari et Tchad, avec comme capitale Brazzaville, siège du
Gouvernement Géneral et l' allocation de maigres subsides. Toutefois, le
gouvernement ne remit pas en question l' existence des concessions, qui
purent poursuivre leur néfaste exploitation. De nombreux abus jalonnèrent
encore l' histoire de la colonie[21] . Ainsi des troubles
importants eurent lieu de 1905 à 1908 sur la Sangha et l' Oubangui[22]. Ils furent suivis d'
opérations de répression systématiques à partir de 1908 jusqu' à la
pacification relative des régions aux confins du Gabon oriental, du Sud du
Cameroun, du Nord du Moyen-Congo et de l' Oubangui-Chari, en 1913[23]. B
LES RESISTANCES DURANT"L' AGE D' OR DE LA
COLONISATION"
(1910-1940) En
1911, un accord fut signé avec l' Allemagne : la France cédait un
vaste territoire donnant accès aux deux grands fleuves, Sangha et Congo,
en échange de la liberté d ' intervenir au Maroc[24]. L' A.E.F. demeura longtemps
sous-administrée. La "Cendrillon de l' Afrique" ne comptait,
en 1913 par exemple, que 513 fonctionnaires européens. Pendant la Première Guerre Mondiale, la France fit
appel à l' Afrique. Le colonel Mangin fut un des porte-parole les plus
fervents de l' utilisation de la "Force Noire"[25]. Le recrutement dans les
colonies se fit par la conscription (4 ans) à partir du décret de 1912. La
résistance à la conscription fut générale, obligeant, selon l' expression
du Gouverneur Général Angoulvant, à la "chasse à l' homme". La
conquête du Cameroun allemand dura d' août 1914 à février 1916, du fait du
relief accidenté et de la difficulté de la pénétration en forêt. La France
obtint finalement mandat sur la majeure partie du Cameroun et la cession de
la vallée de la basse Sangha. L'
impôt ainsi que le recrutement forcé pour les grands chantiers (en
particulier pour le chemin de fer Congo-Océan dont les travaux
commencèrent en 1921), et le travail obligatoire sur les terres de la
Compagnie forestière Sangha-Oubangui (la Compagnie Porturière du Voyage au bout de la nuit de Céline) entraînèrent
un certain nombre de révoltes dont la plus importante fut celle des Gbaya,
connue sous le nom de "guerre de la Haute-Sangha" (1928-1932
)[26]. De nombreuses
critiques contre les abus s' élevèrent en France, notamment celles d'
André Gide dans Voyage au Congo (1927) ou d'
Albert Londres dans Terre d' ébène[27]. En 1928-29 eut également
lieu, pour les même raisons, la révolte des Awandjis du Gabon Oriental.
Ces troubles s'accompagnèrent, dans les régions forestières, de la
recrudescence de la sorcellerie et des sociétés secrètes dont l' une des
plus connues fut celle des Hommes-Léopards du Cameroun et de
Centrafrique. En
avril 1930, eut lieu à Brazzaville le procès de Matsoua Grenard[28], un Lari de la région
du Pool[29], président fondateur de l'
Amicale des originaires d' A.E.F., association militant pour l' obtention
de la citoyenneté française par tous les Congolais. La condamnation de
Matsoua à la déportation au Tchad entraîna la dégradation des relations entre les
Européens et les habitants du Pool, les Ba-Lalis, majoritaires à
Brazzaville. A
partir de cette date, de nombreuses manifestations eurent lieu chez les
Ba-Lalis, contre le pouvoir colonial ( 1933, 1937, 1938) La
S.D.N. élabora, en 1930, une convention interdisant le travail
forcé. En A.E.F. comme dans les autres colonies françaises, les
recrutements forcés n' en continuèrent pas moins. En 1931, à Paris,
la
grandiose manifestation de 1' Exposition Coloniale Française
exaltait la mission civilisatrice de la France et oubliait le sort des
Indigènes. En
1934, un des chantiers les plus meutriers d' Afrique se terminait : le
Gouverneur Général Antonetti inaugurait le Chemin de Fer Congo-Océan
(C.F.C.O.)[30]. La même année débutaient les
travaux du port de Pointe-Noire. En
1938, un "comité de défense de la langue et des fonctionnaires de
l'ethnie
Mbochi" s' organisa, à la suite de la décision du vicaire
apostolique de Brazzaville de substituer, dans le catéchisme et la
prédication, le lingala au mbochi. En
1939, le pays Lari entra en état de dissidence larvée : résistance
passive, refus des cadeaux de l' administration, de participer à la fête
du 14 juillet et de mobilisation économique. Violences suivies de
fusillades et de déportations au Tchad se succédèrent. A la fin de 1939,
cependant, les chefs laris tentèrent de"renouer" avec les Autorités
Coloniales en proposant l' envoi de 3000 volontaires pour la guerre en
Europe. Le
12 novembre 1940, l' A.E.F. se rallia à la France Libre. Félix Eboué fut
nommé Gouverneur Général de l' A.E.F., par le Général De Gaulle. En
1940, l' A.E.F. comptait 4,3 millions d' habitants. Brazzaville, capitale
de la fédération dépassait les 50 000 habitants et Pointe-Noire les 20
000. C.
DE "L' EMANCIPATION" AUX TROUBLES
« ETHNIQUES » 1)
1941-1945 En
1941, Félix Eboué rédigea une circulaire où étaient
dessinées les grandes lignes d ' une nouvelle politique coloniale :
création d' un Office du travail indigène , d' un Office immobilier
indigène, d' un statut pour les notables "évolués". Les dissidents
Laris (dont Matsoua) et Mbochis (dont Opangault) furent déportés au
Tchad. En
Janvier 1942, Matsoua Grenard mourut en prison. Il fut dès lors surnommé
par les Laris : "Jésus Matsoua" et devint le symbole de la résistance à l'
oppression. La Conférence de Brazzaville (1944), à
laquelle participa le Général de Gaulle, écartait toute idée d' autonomie
mais la voie de l ' émancipation politique était ouverte. Le terme
"Territoire d' Outre-Mer" remplaça celui de colonie, "l' Indigène" céda la
place à "l' Autochtone". Les désillusions cependant furent grandes,
surtout chez les soldats. De nombreuses mutineries eurent lieu, dont la
plus célèbre fut celle de Thiaroye, au Sénégal. L'
Assemblée Constituante Française comportait, en 1945,
27députés africains, dont Jean-Felix Tchicaya, premier député
congolais, de l' ethnie Vilie (Pointe-Noire), fondateur du Parti
Progressiste Congolais (P.P.C.). 2)
L' Union Française La Constitution française du 27 octobre
1946 instaura la IVème République et l' Union Française (art. 60 à 82). L'
Union Française comportait une Présidence, un Haut Conseil et une Assemblée
dont les membres pour les Territoires d' Outre-Mer étaient élus par les
Assemblées Territoriales. Les Territoires d' Outre-Mer élisaient également
des représentants à l' Assemblée Nationale et au Conseil de la République
(art 79). L' article 80 précisait : "tous les ressortissants des
Territoires d' Outre-Mer ont la qualité de citoyen. [...] Des lois
particulières établiront les conditions dans lesquelles ils exerceront
leurs droits de citoyen". Le
Congo était représenté par deux députés : Tchicaya qui rallia son parti,
le P.P.C., au R.D.A. d' Houphouet-Boigny et Opangault dont le parti, le
M.S.A., fut soutenu par la S.F.I.O.. En
1953, en pays Vili, les Autorités découvrirent l' existence d' un
important mouvement religieux syncrétique, le Lassyisme, conduit par un
prophète, Lassy Zéphérin[31]. En
1956, la loi-cadre de Gaston Deferre accorda le droit de vote à tous les
Africains sans restriction, et institua des Conseils de Gouvernements élus
par les Assemblées Territoriales. En
février 1956, Tchicaya et Opangault furent à nouveau élus à l' Assemblée
Nationale Française. L' abbé Fulbert Youlou, qui était considéré par les
Laris comme la réincarnation de Matsoua, perdit de peu les élections. En
mai, tirant les leçons de cet échec, Fulbert Youlou créa son parti, l'
Union Démocratique de Défense des Intérêts Africains (U.D.D.I.A.) qui
prétendait dépasser le cadre ethnique lari tout en canalisant le
matsouanisme. Ceci lui permit, en novembre, aux élections municipales, de
devenir le premier maire africain de Brazzaville. En 1957 prit place l'
élection de l' Assemblée Territoriale du Moyen-Congo : l' U.D.D.I.A.
obtint 23 sièges (dont un transfuge), le P.P.C., 20 sièges et
le M.S.A., 2 sièges. Cette manoeuvre politicienne provoqua, en 1958, lors
de l' ouverture à Pointe-Noire de l' Assemblée Territoriale du
Moyen-Congo, des troubles importants : des Mbochis venus en nombre de
Brazzaville envahirent la salle qui dut être évacuée de force. L'
Assemblée vota le statut d' Etat autonome du Congo, alors que la foule
hurlait à l' extérieur. Trois jours d' émeute à Pointe-Noire suivirent.
Youlou fit également voter le transfert de l' Assemblée à Brazzaville. 3)
La Communauté La
Constitution du 4 octobre 1958 instaura la Vème République et la
Communauté (Titre XII). La
formule fédérale ("les Etats-Unis d' Afrique Latine" réclamés par Boganda
et Tombalbaye[32]) reconstituant l' A.E.F. fut
exclue par le gouvernement français, qui ne voulait pas d' un grand Etat
africain et préférait diviser pour garder un pouvoir d' arbitrage. Sur
place, l' administration coloniale jugeait, en revanche, que briser l'
unité de l' A.E.F. renforcée par l' action du FIDES était une catastrophe.
Youlou
révait encore d' un Etat bakongo et cherchait une entente avec les Belges.
De son côté, le Fang Léon M'Ba redoutait la formation d' un Grand Gabon
avec les Vilis de Pointe-Noire, qui marginaliserait son ethnie, et
proposait même à la France un rattachement direct du Gabon à la
Métropole. En
Août 1958, Fulbert Youlou et ses amis laris acceptèrent finalement le
projet du général de Gaulle et se rallièrent à l' idée d' autonomie des
différents territoires. Le
28 novembre 1958, Fulbert Youlou forma le premier gouvernement de l' Etat
Autonome du Congo. En décembre 1958, Opangault se réfugia en pays Mbochi,
à Fort-Rousset (Owando ). Dans une lettre publique, il parla d' y
instituer un gouvernement et de rattacher le Nord-Congo à l' Oubangui. Les
élus de son parti ne siégèrent plus à l' Assemblée et allèrent s'
installer à Bangui. Opangault demanda à ses élus de "comprendre où était
leur devoir et de proclamer qu' il ne représentaient plus le Congo mais
une région de la République Centrafricaine". Boganda, en écho, évoqua dans
ses discours sa "République Centrafricaine, unissant le Congo, le Tchad et
l' Oubangui". En
1959, le refus de Fulbert Youlou de proposer une date pour les élections
législatives entraîna à Brazzaville des émeutes du 15 au 20 février. L'
opposition M.S.A. (Mbochis), dirigée par Opangault, fut à l' origine des
hostilités. Les heurts prirent rapidement un caractère de lutte ethnique,
même si au départ il ne s’agissait que de tribalisme[33]. Les laris de Bacongo
(quartier de Brazzaville) s' affrontèrent avec les Tékés et les Mbochis de
Poto-Poto[34]. Après avoir modifié les
circonscriptions électorales, Youlou accepta les élections. Son parti, l'
U.D.D.I.A. les remporta avec 51 sièges sur 61![35] Les jours suivants, les Laris
s' en prirent à leurs alliés Vilis, dont les chefs furent enfermés dans le
quartier de Mpila. Les émeutes qui suivirent permirent à Youlou de faire
voter l' état d' urgence et de prendre les pleins pouvoirs. Le
29 octobre 1959, Fulbert Youlou fut élu Président de la République du
Congo, république associée à la Communauté Française. 4)
La première République du Congo L'
indépendance du Congo fut proclamée le 28 Août 1960. Fulbert Youlou devint
son président. La
première république congolaise fut très tôt paralysée par les rivalités
entre les partis politiques d' assise ethnique dirigés par Fulbert Youlou
(Laris), Jacques Opangault (Mbochis) et Félix Tchicaya (Vilis). Elle tomba
après les "Trois Glorieuses" journées d' émeutes des 13, 14 et 15 août
1963, organisées par les syndicats, face à la volonté du président d'
imposer un parti unique. D' après Coquery-Vidrovitch, ce rôle décisif des
forces syndicales est demeuré exceptionnel en Afrique Noire[36]. Les Pygmées, qui avaient été sujets allemands,
français ou belges, devinrent, en 1960, citoyens gabonais, congolais,
zaïrois, centrafricains, camerounais ou rwandais. Une carte en annexe
montre les variations de frontières et les transferts de territoires,
effectués entre 1911 et 1961,sans consultation des populations. IIII. LE CONGO INDEPENDANT : QUARANTE
ANNEES DE VIOLENCE POLITIQUE A
LES DIFFERENTS EVENEMENTS[37] Après avoir connu, durant les premières années qui
suivirent l' indépendance, un régime "libéral" pro-occidental, le Congo
s'engagea, en 1963, dans la voie du "socialisme scientifique". Le
monopartisme fut instauré. L' alignement politique se fit sur les pays de
l' Est.
L'affaiblissement du camp socialiste en 1990, permit aux "forces du
changement" de rétablir le multipartisme dans le pays. Les mauvais choix
du nouveau régime provoquèrent son effondrement à la suite d' une guerre
civile qui détruisit Brazzaville.
1) L'épreuve de la souveraineté : la 1ère
République[38]: L'indépendance du Congo fut proclamée le 15 Août
1960. L'abbé Fulbert Youlou fut élu Président. Les accords de
coopération signés le même jour avec la France, donnaient à cette
indépendance un caractère octroyé. Cette première République fut vite
paralysée par les rivalités entre les différents partis, à savoir : le
M.S.A. (Mouvement Socialiste Africain) dirigé par le M'bochi Jacques
Opangault, le P.P.C. (Parti progressiste Congolais) du Vili Félix Tchicaya
et l'U.D.D.I.A. (Union Démocratique de Défense des Intérêts Africains) du
Lari, Fulbert Youlou. Le
régime devint rapidement autocratique. Fulbert Youlou fit voter, en mars
1961, une nouvelle Constitution de type présidentiel. Un gouvernement
d'Union nationale fut constitué, comprenant entre autres, J. Opangault. La
corruption et l'anticommunisme maladif du chef de l'Etat entravèrent l'
action du
gouvernement qui fut incapable de résoudre les problèmes
socio-économiques du pays. Le projet grandiose du barrage de Sounda dans
le Kouilou, par exemple, n'aboutit pas. Le chômage devint angoissant dans
l'ancienne capitale fédérale devenue démesurée pour le pays (200 000
habitant pour 800 000). La volonté de Fulbert Youlou de constituer un
parti unique achoppa aux exigences des syndicats, en particulier au désir
de ces derniers de participer au gouvernement. Le voyage au Congo de Sékou
Touré, en juin 1963, mit le feu aux poudres. A la suite des trois journées
de grève du 13, 14 et 15, Août 1963, dites les "Trois Glorieuses",
organisées conjointement par les 3 syndicats du pays et qui se
transformèrent en émeute, le Président, encerclé dans son palais, dut
remettre sa démission à l'armée. La France lui refusa l'asile politique.
La volonté du président Fulbert Youlou de renégocier les accords de
coopération, l'hostilité de la hiérarchie catholique jouèrent sans doute
contre lui."La non-intervention française a favorisé le changement de
dirigeant mais l'évolution du pays montre que cette attitude n'aura pas
forcément conforté sa position"[39].
2) La révolution socialiste a)
La IIème République Les syndicats et l'armée remirent le pouvoir à
Massembat-Débat, ancien ministre démissionnaire de Fulbert Youlou. Ils
constituèrent le 16 août un Conseil National de la Révolution (C.N.R.)
jouant le rôle d'assemblée délibérative, et le même jour un gouvernement
de techniciens fut constitué et chargé de mettre en place les nouvelles
institutions. Le
21 décembre 1963, Massemba-Debat ( Bakongo
protestant) devint Président de la république. Pascal Lissouba fut
nommé Premier ministre en janvier 1964 (janvier 1964 avril 1966). Le
C.N.R. fut institutionnalisé. L'Assemblée nationale fut élue sur une liste
unique du Mouvement National pour la Révolution (M.N.R.). Le régime
s'appuya sur ce Mouvement, qui fut érigé l'année suivante par référendum
en parti unique, doublé d' un mouvement de jeunesse : la J.M.N.R. La même
année, fut instauré un syndicat unique: la Confédération Syndicale
Congolaise (C.S.C). L'idéologie officielle devint le "socialisme
scientifique". D'étroites relations furent établies avec les pays de l'Est
et la Chine. La rupture avec les Etats Unis fut consommée en 1965. En juin
de cette année, des milices populaires, baptisées "Défense civile " furent
organisées par Claude Dacosta et encadrées par des instructeurs cubains.
Les écoles religieuses furent fermées, les catholiques et les Laris
persécutés. L'assassinat de Pouabou, Président de la Cour Suprême, de
Massouémé, directeur de l'information et de Matsocota, Procureur de la
république, laissèrent aux congolais le souvenir d' une époque de terreur.
La fuite de Fulbert Youlou fut suivie de l'expulsion de l'armée française,
de la mise sous contrôle de l'armée par la J.M.N.R. et du glissement à
gauche du gouvernement qui éloigna le premier ministre, Pascal Lissouba,
remplacé par Ambroise Noumazalaye. Massemba-Débat limogea ensuite ce
dernier pour se réconcilier les occidentaux et se replia sur une base
ethnique bakongo. L'armée, qui avait mal supporté sa
marginalisation par la Défense civile, prit le pouvoir le 31 juillet 1968,
sous prétexte de réajustement de la révolution. Cette IIème République prit les premières mesures de
nationalisation : Air Congo, la Compagnie Française du Haut et du Bas
Congo des frères Tréchot (C.F.H.B.C.), les sociétés françaises ayant le
monopole de l'eau et de l'électricité... b)
Le réajustement de la révolution et la militarisation du champ politique:
la IIIème République[40] Le
5 août 1968 un nouveau Conseil National de la Révolution fut constitué
(C.N.R.). La Constitution fut abrogée et remplacée par un Acte
fondamental. La Défense Civile fut intégrée dans l'armée, la J.M.N.R. et
la C.S.C furent dissoutes, les Cubains renvoyés. Le 31 décembre 1968, Marien N'
Gouabi
(Kouyou) devint chef de l'Etat. L'année 1969 vit l'instauration d' une Cour
Révolutionnaire de Justice qui élimina systématiquement les opposants
civils et militaires au régime. Au cours de l' année, Bernard Kolelas fit une
tentative malheureuse de coup d'état[41]. En
décembre 1969 eut lieu le Congrès constitutif du Parti Congolais du
Travail. En
janvier 1970, une nouvelle Constitution de type socialiste fut votée et le
pays devint officiellement la "République Populaire du Congo". En
1971 eut lieu le sacre du deuxième archevêque congolais, Mgr Emile
Biayenga qui fut bientôt élevé à la dignité de cardinal. Les grèves des étudiants et des travailleurs contre
la corruption entraînèrent un remaniement ministériel et l' entrée au
gouvernement de Thistère-Tchicaya et de Henri Lopés . Le
22 février 1972, un coup d'état (le M 22) tenté par la gauche historique
(Diawara, Noumazalaye...) fut écrasé en l'absence de Mariam N'Gouabi par
Yombi-Opengo, considéré comme un officier de droite. La position
prochinoise prônée par l'aile gauche fut remplacée par une position
favorable à l'U.R.S.S. En
avril, Mariam N'gouabi demandait la révision des accords de coopération
avec la France. En
1973, une nouvelle Constitution fut élaborée qui montrait une certaine
ouverture aux sudistes (Bembé) et à l'aile gauche, et tentait une certaine
décentralisation. Yombi-Opengo était mis sur une voie de garage. En
1975, la crise économique obligea Mariam N'Gouabi, poussé par le Haut
Conseil du Nord,[42] à tendre la main aux
américains. Les soviétiques réagirent en proposant leur concours
financier. Les luttes internes du P.C.T. entraînèrent la dissolution du
bureau politique et l'instauration d'un Etat Major Spécial de la
Révolution (E.M.S.R.) comprenant N'Gouabi, Goma, Sassou,
Thystère-Tchicaya, Ngombé. Le
24 mars 1976, une grève organisée pour la réhabilitation du Comité central
fut réprimée par Thistère-Tchicaya en l'absence de N'Gouabi. Les meneurs
parmi lesquels figurait Lissouba furent emprisonnés. Le
18 mars 1977, Mariam N'Gouabi fut assassiné ainsi que le cardinal Biyenga.
Très éprouvée, l' Eglise catholique resta dès lors à l' écart de toute
activité politique jusqu'à la conférence nationale de 1991[43]. c)
Le coup d'arrêt de la révolution : Le Comité Militaire du
Parti Le
19 mars 1977, un Comité Militaire du Parti dirigé par Yombi-Opengo et
Sassou N'Guesso prenait le pouvoir. Le
5 avril 1977, : La Constitution fut remplacée par un Acte fondamental qui
donna un coup d' arrêt au socialisme congolais. Le CMP fut
institutionnalisé avec comme Président Yombi-Opango (Kouyou) également Président de la
République
Le vice-président était Sassou N'Guesso. En
1978 se tint le procès des assassins supposés de Mariam N'Gouabi.
Massemba-Débat figura parmi les personnes exécutées. Lissouba, né au
Gabon, fut condamné à mort puis gracié sur l' intervention de Omar
Bongo. Yombi régna par la terreur militaire mais ne put
empêcher l'aile gauche de se reconstituer autour de Sassou N'Guesso et
deThystère-Tchicaya, appuyés par les organisations de masse : l'U.J.S.C.,
la C.S.C. et le P.C.T. Le
5 février 1979, Yombi-Opango fut limogé et arrêté pour dérive
"autocratique droitière liquidationniste" par le Comité central du parti
qui élut, à son Congrès extraordinaire de mars, Denis Sassou N'Guesso
(M'Bochi) Président du Comité central du P.C.T.. d)
La résurrection du P.C.T. : La IVe République : Onze années d' une
relative paix civile En
juillet 1979, après un référendum constitutionnel, Sassou
N'Guesso devint Président du Comité central du P.C.T., Président de la
République, Président du conseil des ministres. "L'homme de la paix",
"l'homme des actions concrètes", "l'ami de tout le monde", fit la même
année
une visite en France, reçut en 1980, pour le Centenaire de la
fondation de Brazzaville, Valérie Giscard d'Estaing et Jacques Chirac. Il
signa, à Moscou, en 1981, un traité d'amitié et de coopération. Il fut
réélu de manière triomphale au congrès du Parti en 1984. Toutefois, la
crise économique et financière aggrava les tensions au sein du parti dans
lequel triomphèrent les modérés après l'élimination de l'aile gauche et
des alliés nordistes de droite (Pierre Anga)[44]. En 1989, le secrétariat du
Parti ne comportait que des nordistes modérés dont la moitié étaient
membres de la famille du président. Ce repli sur l'ethnie et la famille
lui fit perdre l'appui du syndicat, du parti et de l'armée. Par ailleurs,
le discours de François Mitterrand à la Baule, la chute du mur de Berlin,
la lettre ouverte des responsables religieux (catholiques, protestants,
armée du Salut) firent pression sur le régime. Sassou fut contraint de
convoquer en février 1991 une Conférence Nationale qui se proclama
souveraine.
3) Les déboires du multipartisme Après une période transitoire, qui vit le retour des
sudistes au pouvoir, l'élection du Président de la République en 1991
montra que les alliances entre les groupes était indispensables pour
obtenir une majorité. Ces alliances ne suivaient pas uniquement le clivage
Nord/Sud. L'importance démographique de Brazzaville et la présence de
toutes les ethnies dans la capitale créa un nouvel antagonisme entre cette
ville et le reste du pays. a)
La Conférence nationale souveraine : La "Transition
démocratique" La
Conférence nationale souveraine dura de février à juin 1991. Un jésuite,
Mgr Kombo (Kongo), en fut élu président. Soixante trois partis et cent
trente quatre associations, dont une Pygmée, y participèrent. Après 268
interventions portant sur les acteurs de la vie politique congolaise
depuis trente ans, une "cérémonie de lavage des mains" joua le rôle d'un
pardon collectif[45] . Milongo (Kongo) fut élu Premier ministre du
gouvernement de transition et chargé de préparer les élections. Sassou N'
Guesso resta président de la République. Mgr Kombo fut élu Président du
Conseil Supérieur de la République (C.S.R.). b)
La Ve République : La démocratie est en veilleuse, la violence atteint son
paroxysme Le
15 février 1992 une nouvelle Constitution fut adoptée par voie
référendaire. Les élections municipales et locales du 5 mai 1992
virent émerger cinq partis qui se retrouvèrent aux élections législatives
des 24 juin et 27 juillet 1992. Ces élections donnèrent : 39 sièges à l'
U.P.D.A.S. de Lissouba, 22 au M.C.C.D.I. de Kolélas, 19 au P.C.T. de
Sassou, 9 au R.D.P.S. de Thystère-TChicaya et 5 au R.D.D. de
Yombi-Opengo. Les élections présidentielles du 2 et 16 août 1992
donnèrent au premier tour : 35,9 % des suffrages à Lissouba, 20 % à
Kolélas et 16,9 % à Sassou. Au deuxième tour, Lissouba
arriva en tête (61 %) grâce à l'appui de Sassou. C'est ainsi qu'échut, à
l' un des pères fondateurs du socialisme scientifique, l'honneur de
conduire les premiers pas du Congo démocratique"[46]. Le
gouvernement nommé par Lissouba, dirigé par Bongho-Nouarra (nordiste), ne
comprit pas de membres du P.C.T. Il fut, en conséquence, censuré par une
alliance entre Sassou et Kolélas. Lissouba refusa la cohabitation et
décida de dissoudre l'Assemblée, le 17 novembre 1992. Un
gouvernement, dirigé par Dacosta (sudiste), ancien patron de la "Défense
civile" dans les années 64-65, fut chargé de préparer de nouvelles
élections. Le premier tour se déroula le 2 mai 93 et donna lieu à une
contestation sur 12 circonscriptions. Le
26 juin 1993 Yombi-Opengo (Kouyou) fut nommé Premier ministre. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||