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ANNEXES

 

 

ANNEXES I

REPERES CHRONOLOGIQUE EN MEDECINE TROPICALE

NOMBRE DE CAS DE PIAN TRAITES PAR L’ASSOCIATION TMC

LA MALADIE DU SOMMEIL

LA METHODE JAMOT

A PARTIR DU XIXème SIECLE, EN EUROPE, LA MORT PERD DU TERRAIN

LA REVOLUTION PASTEURIENNE

LES TEXTES DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES SUR LE DROIT A LA SANTE

 

ANNEXES II : REPERES CHRONOLOGIQUES : P 1 7

DU XVème AU XIX ème SIECLE

RESISTANCES A LA COLONISATION

 

ANNEXES III : L’ECONOMIE CONGOLAISE AUJOURD’HUI : P29

 

ANNEXES  IV DIVERS : P 35

LA CONFERENCE DE BERLIN

EFFETS PSYCHOLOGIQUES DE LA COLONISATION

LA FORCE NOIRE

LE REGIME DE L’INDIGENAT

L’ESCLAVAGE ET LE TRAVAIL FORCE

LES INVESTISSEMENT EN AEF

LA PARTICIPATION DES ELITES A L’EVEIL POLITIQUE DES COLONIES

LE RECRUTEMENT DES MISSIONNAIRES

LES MOUVEMENTS RELIGIEUX DE RESISTANCE DANS LE BLOC FORESTIER DE L’AEF

LES MOUVEMENTS RELIGIEUX SYNCRETIQUES BAKONGO

 

ANNEXES V : LA COOPERATION FRANCAISE : P 39

 

ANNEXES VI : PRINCIPALES INITIATIVES DE L’ONU EN FAVEUR DES PEUPLES AUTOCHTONES : P 41

 

 

 

 

ANNEXES I

 

REPERES CHRONOLOGIQUES EN MEDECINE TROPICALE

 

1) Du XIXème siècle à 1910.

Cette période correspond à la "révolution pasteurienne". Tous les agents et les vecteurs des grands fléaux tropicaux ( malaria, fièvre jaune, maladie du sommeil, Pian...) ou mondiaux ( peste, choléra, typhus, variole, tuberculose,lèpre...) sont identifiés. Cette période voit également la création de l' Institut Pasteur à Paris et dans les colonies, l’ ouverture de "Santé navale"et des Ecoles de médecine tropicale.

 

 Avant de donner ci-dessous les dates les plus importantes, rappelons qu' en

 1798, Jenner inventait la vaccination contre la variole. La méthode de Jenner fut utilisée dès le début du XIXème siècle pour protéger de la variole les cargaisons d' esclaves.

1800 : La vaccination contre la variole est généralisée dans la marine britannique.

1811 : Gomes B. extrait le principe actif de l’ écorce du quinquina

1820 : Pelletier J. et Caventou J.B. isolent la quinine.

1840 : En Angleterre, adoption d’ une loi concernant la vaccination anti-variolique

1851 : Bilharz T.M. découvre au Caire le schistosoma heamatobium, parasite de la « bilharziose ».

1853 :Siebold K. établit que le toenia echinocoque est l’ agent du kyste hydatique

1862 : Pasteur est élu à l’Académie française et soulève le problème de la génération spontanée. L’ année suivante l’Académie se rallie aux thèses de Pasteur.

1871:Hansen découvre le bacille de la lèpre.

1876 :Bancroft J. découvre la filaire qui porte son nom.

1878: Mason, à Chang-Hai, démontre qu' un moustique banal, le culex, héberge et transmet la filiaire de "Bancroft"

1880: Laveran, à Constantine, découvre l' hématozoaire de la malaria.

1881: Finley, à la Havanne, établit que le Stégomyia fasciata est l' agent vecteur de la fièvre jaune.

1882: Pasteur vaccine Joseph Meistre contre la rage.

          Koch découvre le bacille de la tuberculose

1883: Koch à Alexandrie découvre le bacille du choléra.

1888: Inauguration de l' Institut Pasteur de Paris.

          Gamaleia prépare du vaccin anticholérique.

1890: Création de l' Ecole principale du Service de Santé de la marine à Bordeaux: "Santé Navale"dont 80% des médecins sortants choisiront la "coloniale".

1892 : Lutz découvre l’amibe dysentérique

1894: Yersin ( A.J.E.) annonce la découverte du bacille de la peste à Hong-Kong.

1895, Bruce accuse la mouche Tsé-Tsé d' être le vecteur de la maladie du sommeil. Il traite avec un certain succès la trypanosomiase par l' acide arsénieux.

          Hafkin commence ses travaux sur le vaccin anti-pesteux.

1898: Grassi découvre, en Italie, le responsable de la transmission du paludisme, l' anophèle ( du grec anophiles, dangereux)

 1900: A la Havanne une mission américaine conduite par Reed précise le rôle vecteur de Aedes Aegyptis pour la fièvre jaune. J.Caroll prouve que les moustiques transmettent la fièvre jaune.

1903: Bruce rapproche les trypanosomes ( trypanosomia gambiense) trouvés par Dutton dans le sang d' un marin revenant de Gambie de ceux trouvés par Castellani dans le liquide céphalo-rachidien d’un sommeilleux, en Ouganda.et décrit alors les deux stades de la maladie du sommeil.

1905: Castellani annonce la découvert de l' agent du Pian ( Treponema pertenue).

          Schaudin et Hoffman découvrent le spirochète de la syphilis, Treponema pallidum.

          Atoxyl: Ayres-Kopke fait connaître les premiers résultats favorables de ce dérivé arsenié sur les trypanosomiases au premier congrès de médecine tropicale de Lisbonne.

1907: Uhlenhuth préconise le traitement arsenical des trypanosomiases.

          Premier cycle de cours et de travaux pratiques dans  la nouvelle Ecole d' application du Service de Santé des troupes coloniales, le " Pharo"( magnifique morceau d' architecture dominant le port deMarseille).

1908: Gelmo fabrique le premier sulfamide.

1909: Nicholle C. découvre que le pou transmet le typhus.
          Mission Leboeuf en AEF sur la maladie du sommeil.

          Une convention est signée entre un laboratoire bactériologique de Brazzaville et l' Institut Pasteur. Ce laboratoire fut bientôt appelé " Institut Pasteur de Brazzaville". (Il sera détruit lors des troubles de 1994).

1910: Erlich P. et Hata prépare le Salvarsan (le 606) contre la syphilis.

          Ricketts découvre l' agent du Typhus exanthématique.

 

2)-De 1910 à1940: L' obsession de la maladie du sommeil.

1910:Les Allemands ouvrent au Cameroun, à Akonolinga, un camp de ségrégation qui recueille 416 trypanosomés.

1913: les Allemands prévoient à Ayos un camp de ségrégation, ouvrent des secteurs spécialisés, prônent le traitement itinérant des malades dépistés, le débroussaillage antiglossines, le regroupement administratif des populations le long des grands axes.Les Belges font de même au Katanga.

1913: Albert Schweitzer ouvre un hôpital pour lépreux à Lambaréné.

1916, le docteur Jamot,  médecin -chef, pendant la campagne du Cameroun,  de la colonne Sangha-Oubangui, est nommé directeur de l' Institut Pasteur de Brazzaville.

1917-1919: Jamot examine 90% de la population de l' Oubangui-Chari ( 5347 trypano/ 89743 examiné).

1918: Rabe synthétise partiellement la quinine.

          Création d' une école de médecine pour former des médecins africains à  Dakar

1919: arrivée de l' épidémie de grippe en Afrique. Selon Sautter, elle aurait entraînée la disparition de  10% de la population en AEF. Elle s' accompagna d' épidémies de variole.

          Début des grandes famines qui entrainèrent entre autre, la mort de la moitié du peuple Fang.

1921: Camet et Guérin proposent leur vaccin, le BCG.

          Famine, épidémie et recrutement entraînèrent la disparition du tiers de la population de l' AEF entre 1910 et 1921 ( D' après Vansina la population serait passée de 800 000 à 587 000 habitants).

         Un arrêté du gouverneur général crée les "Secteurs de prophylaxie" spécialisés, dont celui de la maladie du sommeil. L' AEF comprend alors 45 médecins.

1922: création à Ayos, au Cameroun,d' un "Centre d' instruction"sur la maladie du sommeil où se spécialiseront les jeunes médecins et le personnel.

1926: Un arrêté ministériel crée la Mission permanente de prophylaxie de la maladie du sommeil, autonome sur le plan financier et administratif.

1927: Ramon vaccine avec l' anatoxine tétanique

           Roehl découvre la plasmoquine et la fait utiliser comme antimalarique.

1928: Premier bilan de la lutte contre la maladie du sommeil au Cameroun, sur 663 971examinés,115354 infectés, soit 17,4%.

1931: En  AEF, sous la direction de Muraz, 28 secteurs de prophylaxie sont créés.

1932: Seilards obtient un vaccin contre la fièvre jaune.

1933: Laidlaw et Dunkin isolent le virus grippal A.

1935: Vaccination de masse contre la peste avec le vaccin de Girard et Robic.

          Le Prontosil, de Domagk est le premier sulfamide employé dans les infections bactériennes.

1938: Au Niger, le médecin-colonel Muraz utilise pour la première fois en Afrique, un sulfamide, la Lysococcine contre la méningite des jeunes enfants. Les sulfamides prennent rang dans les médicaments appelés de santé publique.

1939: Utilisation des diamidines ( Lomidine) dans la maladie du sommeil.

1939: Rist introduit les sulfones dans le traitement de la lèpre et de la tuberculose.

1940: Chain rapporte dans le Lancet les premières applications de la pénicilline. De nombreux nouveaux sulfamides apparaissent. Ils sont jusqu' en 1945 "la grande drogue antimicrobienne".

Ainsi, à la fin des années 30, le médecin dispose de deux vaccins de masse efficaces, ceux contre la fièvre jaune et la variole; deux autres d' efficacité moindre, le TAB et le vaccin contre le choléra; sur le plan individuel les sérums antitétaniques, antigangréneux et antivenimeux; le BCG n' est utilisé qu’en milieu scolaire. Contre les maladies infectieuses, à l' exception de la syphilis et de la maladie du sommeil, il est encore, dans de nombreux cas, désarmé.

 

3)-De 1941 à 1960: Sulfamides, antibiotiques, vaccins, DTT... et  campagnes de médecine de masse

1941: Premier numéro de Médecine Tropicale, rédigé et diffusé par le Pharo, qui abrite depuis 1935, le Centre de documentation de la médecine coloniale. Cette revue est, avec le Bulletin de la Société de pathologie exotique et les Annales belges de la Société de médecine tropicale, l' une des trois dernière revues de langue française consacrées aux problèmes médicaux et sanitaires d' outre-mer.

1942: Grâce aux travaux de Fleming A.et Coll, la pénicilline est purifiée, concentrée et fabriquée industriellement.

1944: Woodward obtient une quinine synthétique.

1948: Création de l' OMS.

          Friedheim met au point le Mel B ( Arsobal), médicament contre la maladie du sommeil, qui, avec la Lomidine, est le seul disponible actuellement.

1949: Commercialisation de la nivaquine.

           Test de Nelson pour le diagnostic de la syphilis.

           Début de l' utilisation du DTT contre l' anophèle.

1951: Commercialisation de la Flavoquine.

1953: Intensification de la lutte contre la lèpre grâce au sulfone par le S.G.H.M.P, en l'AEF, dirigé par Pierre Richet de 1953 à 1955 ( 130 000 malades suivis, la moitié guéris, 7 millions de comprimés, 1 million d' injections)

1954: Endres et Coll préparent un vaccin contre la rougeole.

1955: L' OMS organise une campagne mondiale contre le paludisme.

          L' OMS décide l' éradication du Pian par l' administration de masse de pénicilline G.

1956: Sabin propose un vaccin buccal contre la poliomyélite.

          Premier épandage massif d' insecticide au Tchad par le SGHMP, pour lutter contre l' onchocercose.

1958: Disparition provisoire de la fièvre jaune des statistiques.

1959: L' OMS lance une grande campagne d' éradication mondiale de la variole. Le dernier cas est déclaré en 1977, en Somalie.

1960: L’OMS entreprend, dans les régions à forte densité de goîtres, (endémiques chez les Pygmées, entre autres), une prophylaxie collective par apport alimentaire d’iode.

        La même année, une évaluation de la campagne d’éradication du Pian, montre l’échec de cette dernière : après un premier recul remarquable, le pian n’avait été éliminé d’aucune région.

         Création de l’OCCGE (Organisation de Coordination et de Coopération pour la lutte contre les Grandes Endémies) à Abidjan. En 1963 sera créé à Yaoundé l’OCEAC (Organisme de Coordination pour la lutte contre les Endémies en Afrique Centrale). Ces deux organismes, toujours vivants, sont devenus le lieu de rencontre de 14 états francophones dans le domaine de la santé publique.

 

A la veille des Indépendances, un vaccin et un traitement individuel ou de masse existent pour tous les fléaux (peste, variole, choléra, lèpre, tuberculose, dysenteries, typhus, maladie du sommeil, méningite, rougeole, poliomyélite, tétanos, syphilis, Pian...)qui ont endeuillé l’Humanité depuis son origine.

Quarante ans plus tard, l’accès à ces vaccins et à ces traitements est loin d’être réalisé de façon généralisée et un nouveau fléau menace la santé des pays du tiers monde : le SIDA.

 

4) Le temps du SIDA

1983 : Un virus du SIDA est identifié par des chercheurs américains et français.

1986 : Un deuxième virus du SIDA, le VIH-II est cultivé à partir de patients originaires de l’Afrique de l’Ouest.

Depuis, la pandémie atteint le monde entier : 31millions de cas en 1998 dont 20 millions en Afrique. Le coût humain et financier engloutira vraisemblablement tous les efforts effectués pour lutter contre les fléaux de l’ époque pastorienne.


 

 

NOMBRE DE CAS DE PIAN TRAITE PAR L’ASSOCIATION TMC

 

 

 

REGION D'EPENA - TERRE DES KABOUNGA

 

 

 

1991

 

            1992

 

 

 

 

1993

 

 

 

16 au 18 déc.

Toute

23-29 janvier

Juillet

Déc.

janvier

1 au 8 août

17 au 29 nov

 

Mis. Cath

l'année

Mis. Cath

Palussière

G.E.

Palussière

Mis. Catholiques

Mis. Catholiques

 

* EPENA-VILLE

 

 

 

30

 

 

30

 

 

 

 

 

 

* BOUA

MINKANGA

TOUKOULAKA

(Terre des Kabounga)

 

 

 

 

778

(via Epena)

 

332

(via Pokola)

 

 

 

131

(via Pokola)

 

 

 

169

(via Epena)

 

 

* BANDZA

 

485

 

 

 

 

 

279

 

 

 

 

TOTAL cas traités

TOTAL Pian

 

Hommes

Femmes

Enfants

 

 

485

 

 

83

116

286

 

 

 

30

 

 

9

7

14

 

 

778

 

 

109

178

491

 

332

 

 

116

 

216

 

30

 

131

 

 

33

 

98

 

279

 

 

50

86

143

 

 

157

 

26

59

72

 

169

 

 

38

44

87

 

 

100

 

31

25

44

 

 

 

 

 

 

 

REGION D'EPENA - TERRE DES KABOUNGA - 1994

 

 

 

 

1994

 

15 au 19 mai

Mis. Catholique

* BOUA

MINKANGA

TOUKOULAKA

 

* BANZA

 

* EPENA-VILLE

0

* SUC D'EPENA

             DZEKI

             BONDOKI

             KINAMI

 

0

 

 


 

 

   OUBANGUI

 

 

1991

 

1992

 

 

 

 

 

 

1993

 

 

 

1994

 

 

28 au 5 déc

Toute l’année

3 au 7 déc

22 – 30 nov

Déc.

G.E.

Toute

l'année

Mars

G.E.

8 - 16

juin

17-21 août

Gardin

Oct.

G.E.

14-17

août

25/02-05/03

Mis. Cat.

23-28 Jan.

Dr Osouf

WONGO

TALANKI

BETIKOUALA

KEKENZA

 

MGONDINBA

 

BETOU

 

MOKINDA

 

LANDZA

 

BOYELE

 

DONGOU

 

IMPFONDO

 

MOBENZELE

 

 

 

 

 

 

 

102

 

111

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

62

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

59

 

 

 

163

 

 

 

541

 

69

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

62

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

70

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

180

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

68

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

191

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26

 

23

4

15

 

 

 

 

53

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

43

 

 

 

 

 

 

TOTAL cas traités

TOTAL Pian

 

Hommes

Femmes

Enfants

 

 

213

 

 

32

47

134

 

62

 

 

18

16

28

 

59

 

 

17

11

31

 

733

 

 

118

219

436

 

62

 

70

 

 

28

12

18

 

15

 

180

 

59

 

 

15

23

21

 

 

68

 

 

13

24

31

 

 

191

 

26

 

 

8

6

12

 

 

 

9

 

3

2

4

 

 

95

49

 

14

13

22

 

 

43

22

 

 OUBANGUI

 

 

1995

 

G.E.

WONGO

TALANKI

BETIKOUALA

KEKENZA

M GONDINBA

BETOU

MOKINDA

LANDZA

BOYELE

DONGOU

IMPFONDO

MOBENZELE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TOTAL cas traités

TOTAL Pian

 

Hommes

Femmes

Enfants

 

Pygmées

Bantou

 

 

1285

811

 

 

 

 

 

1136

149

 

 

 

 

 RIVIERE IBENGA

 

 

 

 

1991

1992

 

 

 

1993

 

 

 

 

 

Septembre

Dr Bertsch

Janvier

Mis. catho.

Nov.

G.E.

16-27

février

  8-16

juin

Sept.

G.E.

18-28

octobre

 

BERANDZOKOU

 

MINPOUTOU

 

MEN DZOUKOU

 

MEMBELLY

 

ENYELE

 

BISSAMBI

 

M GOMBANGOYA

 

BOULOUMO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

692

 

Annulé :

Extencilline non arrivée à cause des troubles politiques

 

 

43

 

225

 

230

 

154

 

156

 

200

 

8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

77

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

270

 

99

 

 

 

221

 

 

 

43

 

28

 

ü

ú10

þ

 

151

 

64

 

 

TOTAL cas traités

TOTAL Pian

 

Hommes

Femmes

Enfants

 

 

692

 

0

 

549

 

1050

 

 

218

370

462

 

 

77

 

 

9

11

13

 

 

 

26

 

6

12

8

 

633

31

 

6

9

16

 

153

 

 

69

76

108

 

 

108

 

20

16

72

 

 

 

 RIVIERE D'IBENGA

 

 

 

                                              1994

 

1995

1996

 

Mai

Mis. Cat.

23 - 28 juin

Dr. OSOUF

 

 

9 – 19 déc

Mis. Catholiques

BERANDZOUKOU

 

MINPOUTOU

 

MENDZOUKOU

 

MEMBELLY

 

ENYELE

Route de la R.C.A

Route de Betou

 

BISSAMBI

 

MGOMBANGOYA

 

BOLOUMO

 

 

Annulé pour rupture de stock d'essence à Impfondo (troubles politiques)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

120

63

64

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TOTAL cas traités

TOTAL Pian

 

Hommes

Femmes

Enfants

 

247

164

 

59

87

101

 

 

800

 

 

 

 

 


 

 RIVIERE MOTABA

 

 

 

1991

1992

 

 

 

                    1993

 

1994

 

Père

Gardin

Père Gardin

16 – 20 mars

G.E.

août

G.E.

nov.

G.E.

6 - 15 janv.

Père Gardin

Juin

G.E

 

Mis. Catholiques

 

LIGANGA-MAKAO

 

LIPENZA

 

BANGUI MOTABA

 

LKOMBO

 

BODZANGA

 

ZINGO

 

DZUBE

 

MOMBELOU

 

KAMBA

 

MANFARETH

 

IOSSO

BARCY BOR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

199

 

 

 

81

 

42

 

11

 

 

 

37

 

 

 

37

 

 

 

13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

90

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

105

 

30

 

105

 

43

 

 

 

11

 

127

 

79

 

46

 

134

 

39

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TOTAL

 

TOTAL PIAN

 

Hommes

Femmes

Enfants

 

 

307

 

420

 

 

 

100

122

198

 

90

 

909

 

549

 

 

 

 

 

705

 

 

 

163

223

321

 

 

1414

 

262

 

109

53

90

 

146

 

50

 

 

 

 

 


 

 

LA MALADIE DU SOMMEIL

La trypanosomiase africaine se présente sous deux formes : la trypanosomiase ouest-africaine, due à Trypanosoma gambiense, d’évolution lente et sommeilleuse et la trypanosomiase est-africaine, due à trypanosoma rhodesiense, d’évolution plus rapide. Endémiques dans 36 pays africains, ces affections concernent 50 millions d’êtres humains. Grâce aux campagnes d’éradication, la maladie du sommeil était devenue, vers 1960,en Afrique noire, une affection relativement rare (1à 2 malades pour 10 000 personnes examinées). Les équipes de traitements et de dépistages ayant disparus, et du fait de  l’absence de personnel, de financement et de méthodologies adéquates,  la barre des 10% de contaminés était franchie dès 1966. La maladie atteint aujourd'hui également les grandes villes (Douala, Brazzaville, Bamako). La maladie du sommeil tend à redevenir une grande endémie en Afrique centrale du fait de l’absence de contrôle, de traitement efficace, de la résistance des anciens médicaments, du peu de recherche par les industries privées dans ce domaine peu lucratif.

Gentillini M et Dulo B.," Les trypanosomiases humaines", in Encyclopédie médico-chirurgicale, Paris, 1973, 25070 C10. Voir également :

Frézil J-L. , La trypanosomiase en République populaire du Congo, Thèse Sciences, Paris, 1981.; ainsi que : Ginoux M., Bissadidi N, Frézil J-L.," Accidents observés lors du traitement de la trypanosomiase au Congo", Med.trop. , 1984, 44, 351. et,"Les échecs du traitement de la trypanosomiase à T.Gambiense au Congo", Med. Trop. , 1984, 44, 119.

La maladie du sommeil au Congo.

Controlées en 1960, de nouvelles épidémies de maladie du sommeil apparaissent depuis 1968. Actuellement les foyers les plus importants sont ceux de la région Niari-Bouenza (10% de prévalence), dans les forêts du Nord-Congo et du Mayombe (4,5% de prévalence) et surtout le long du Fleuve Congo (20% de prévalence à Ngabé) dus à la contamination par le foyer zaïrois le long du fleuve Kasaï.

Les mouches Tsé-Tsé appartiennent à deux groupes (palpalis et fusca) : seules les glossines palpalis transmettent la trypanosomiase. Ces mouches suivent les galeries forestières, les berges des rivières, et vivent également dans les villages où se fait la contamination. On ne les trouve jamais dans la savane, et elle attaque durant la journée, d’autant plus qu’il fait chaud et qu’il y a du soleil.

Le diagnostic de la maladie est fait soit par ponction ganglionnaire, soit par recherche dans le sang d’anticorps fluorescents. Cette dernière méthode permet de déceler deux fois plus de trypanosomés que l’indiquerait l’examen clinique ou parasitologique. Ceci pose le problème d’une grande trypanotolérance des populations congolaises, qui a fait croire à tort à l’éradication de la maladie.

Les Pygmées, étudiés dans la forêt de M'Bomo, au cours de 4 enquêtes effectuées entre 1974 et 1980, n’ont pas présenté de manifestations parasitologiques, ni sanguines. L' enquête a conclu que les Pygmées ont un haut degré de tolérance, comme d' ailleurs le reste de la population autochtone de la région, ou bien qu’ils sont peu exposés. En effet, les glossines ne vivent pas en forêt, où il n’y a pas d’eau. Les seules mouches Tsé-Tsé rencontrées sont, d' après les chasseurs, celles qui accompagnent les troupeaux d’animaux sauvages (éléphants, gorilles, potamochères...), au contact desquels peuvent se trouver les Pygmées, ce qui explique les sérums douteux chez ces derniers, en cas de recherche des anticorps fluorescents (I.F.I.).

L’existence d’un réservoir animal n’est pas prouvé. Le réservoir glossine est marginal. Le réservoir essentiel est humain.

Les indices utilisés sont :

L’indice d’IFI (test d' immununo fluorescence indirecte) : Total d’IFI positif X 100 / Total testé

L’indice de latence clinique et de trypanotolérance : Total IFI positif/ Total de cas cliniques positifs.

L’IFI sera bientôt remplace par la technique de CATT (Card Agglutination Test with stained trypanosome) dont la manipulation ressemble fort à celle de la recherche de groupes sanguins et qui peut se faire sur le terrain.

Le traitement utilise toujours les seuls médicaments connus : Arsobal et pentamidine. Le suivi est fait par contrôle de l’évolution de l’IFI.
Actuellement les pièges de Challier-Laveissière sont le meilleur moyen d’éliminer les mouches Tsé-Tsé.

 En conclusion bien qu’un certain nombre de recherches doivent encore être entreprises, les moyens techniques existent pour éliminer la maladie du sommeil. La balle est dans le camp des décideurs économiques et politiques.

LA METHODE JAMOT

"La prophylaxie médicale proprement dite vise à détruire par les moyens chimiques les virus en circulation dans le sang des malades. Pour réaliser ce but, on doit rechercher les malades, les soigner et si possible les guérir. Cela implique l’exploration minutieuse, périodique de toutes les zones infectées... Il ne s’agit pas de faire au cours de tournées rapides, des diagnostics approximatifs, suivis d’un traitement insuffisant ou inutile, mais de visiter et de revisiter successivement tous les villages, d’en examiner un par un tous les habitants, et de faire sur la base du diagnostic microscopique, le recensement nominatif de tous les indigènes trypanosomés qui recevront le traitement approprié à leur état".

Jamot E.,"Essai de prophylaxie médicale de la maladie du sommeil dans l' Oubangui-Chari", Bull. Soc.path.exot., 1920, 13-343/376.


 

             A PARTIR DU XIXème siècle, EN EUROPE, LA MORT PERD DU TERRAIN

 

Si nous considérons le cas de la France en 1880 :

a)  les indicateurs de santé publique  se sont améliorés par rapport à la fin du siècle précédent

-Ainsi selon Dupâquier, nous avons respectivement en 1880 et 1789 :

Taux brut de natalité (175/1000 et 40/1000 ).

Taux brut de mortalité(30/1000 en ville, 22/1000 à la campagnecontre 40/1000 ).

 Espérance de vie à la naissance(41H, 44 Fcontre 28H/29F).

Mortalité infantile(183/1000contre 278/1000 ). Mortalité en dessous de 5 ans (137 contre 238/1000).

 Indice synthétique de fécondité (7 en 1789, 3,5 en 1860 : la chute de la fécondité est particulière à la France post-révolutionnaire ; en Angleterre, l' indice est encore de 5 et supérieur à 5,5 en Allemagne).

Pourcentage de femmes en âge de procréer (30%). Mortalité maternelle(11,5/°°).

Déjà un " encombrement" médical: un médecin pour 1500 habitants.

L' accès à l'eau potable, et l’aménagement des égouts sont très insuffisants. L’assainissement des quartiers insalubres, l’hygiène des logements et des établissements industriels laissent à désirer.

- Les principales causes de décès restent les maladies infectieuses et les causes maternelles et périnatales

Le XIXème en France est toujours marqué par la présence de grandes endémo-épidémies :  cependant, certains fléaux (peste, dysenterie...) sont en voie d’extinction, d’autres apparaissent (choléra, méningite cérébro-spinale...)[1]. On enregistre, en France, 7 épisodes de mortalité importante entre 1800 et 1880 dus à des épidémies de dysenterie ou de choléra. Le dernier associe variole, rougeole et dysenterie[2].

 

b) Quelles sont les raisons de l' amélioration sanitaire

-Le fait le plus important est la diminution de la mortalité infantile qui se traduit par  une amélioration de l’espérance de vie : lLa composante endogène de cette mortalité s’est amélioré avec les progrès de l’accouchement, de la nutrition des nourrissons et le rechauffement des prématurés. La composante exogène a diminué avec la diffusion de la vaccination contre la variole et la diminution de l’endémie paludéenne par le drainage des marais. L’hygiène est également venue à bout des maladies intestinales des nourrissons.

Par ailleurs, des changements importants ont eu lieu dans l’organisation sanitaire, la recherche médicale et la prévention sanitaire :

-L’hôpital dont le fonctionnement est confié aux communes[3]évolue mais reste le pivot de l’organisation médico-sociale : sa vocation sociale persiste. La législation de 1850 le destine toujours à recueillir les indigents de la commune. A la fin du siècle, son rôle s’étend encore puiqu' ils deviennent le point d’appui des lois d’assistance (indigents, femmes en couches, infirmes, incurables,...)et, au début du XXème siècle, des institutions de la mutualité, des accidents de travail et des caisses d’assurance sociale.

D’une manière générale, jusqu’aux années 1880, il est, malheureusement toujours, un foyer de contagion.  Les hôpitaux de la marine (Rochefort,...) montrent, en revanche, selon la mode des hôpitaux anglaise d’outre-mer, un goût pour l’architecture pavillonnaire, aux bâtiments aérés, un sens plus poussé de l’hygiène, une médicalisation important et une formation notable du personnel. Mais ils sont réservés à une population particulière et ne jouent aucun rôle dans la dimension sociale de la médecine.

-La recherche se développe dans les grands hôpitaux, certains services s’ouvrent aux consultations externes.

Les connaissances médicales, chirurgicales, pharmacologiques et en hygiène ont en effet, beaucoup évoluées (voir annexe) et annoncent la"révolution pastorienne". Dans le domaine du diagnostic, la méthode anatomo-clinique a provoqué un véritable bouleversement conceptuel. Dès 1830, on parle de médecine et de pharmacologie expérimentale. La construction d’une pharmacopée rationnelle est entreprise par les chimistes. La chirurgie a également fait des progrès remarquables et s’enhardit grâce à l’anesthésie (1847) et l' aseptie (1867).

Ces découvertes et ces nouvelles méthodes profitent essentiellement à la minorité aisée qui a accès à une médecine libérale de ville, onéreuse.

-Prévention sanitaire :

L’hygiène publique devient, au XIXème siècle, une préoccupation administrative[4]. Dès 1851 un Conseil consultatif d'hygiène publique est créé au niveau national, coiffant des comités départementaux et cantonaux.

 L’adduction d’eau potable et l’assainissement sont quasiment assuré à la fin du siècle (du moins à Paris).

 La lutte contre les épidémies et les endémies dont les causes sont encore inconnues est toujours liée à une notion de "police sanitaire" : isolement,  quarantaine et contrôle des frontières.

 Si les grandes épidémies (choléra...) affectent l’ensemble des classes sociales, en revanche,  certaines endémies présentent une forte composante sociale et économique, qui est le facteur de leur diffusion, et sont beaucoup plus difficiles à combattre Ainsi, à titre d’exemple, l’extension de la tuberculose est liée à l’insalubrité croissante des quartiers pauvres. Cette affection, considérée par l’administration comme un des grands fléaux publics est à l’origine d’une commission des logements insalubres qui a commencé ses travaux en 1855.  Dans les années 1872, ce fléau tue encore 90 000 personnes par an.

-PMI : La loi Roussel (1874)sur la protection des nourrissons mis en nourrice témoigne tardivement de la prise de conscience de l’effroyable mortalité infantile et jette les bases de la Protection maternelle et infantile.

-Protection sociale : Enfin, les notions de charité et de bienfaisance privées ou religieuses rentrent en compétition avec la notion d’assistance étatique. A la pure philanthropie bénévole se substitue de plus en plus un devoir de solidarité. De véritables obligations commencent à s’imposer à l’état et aux collectivités locales.

 Pour les indigents, une  médecine gratuite, sans grands moyens se développe surtout à partir des années 1850. Pour les couches intermédiaires, un décret-loi de 1852, facilite le développement des sociétés de secours mutuels. Il faut attendre, le siècle suivant, bien après l’Allemagne, pour qu’apparaissent les assurances sociales.

 

c) 1880-1900: La " révolution pasteurienne"

La "révolution pasteurienne" bouleverse la pratique de la médecine, essentiellement dans le domaine de l’hygiène. Elle a des conséquences sur l’installation et l’hygiène des hôpitaux, sur le développement des adductions d’eau dans les villes et l’établissement des laboratoires d’hygiène. Elle entraîne également une "révolution législative" dans le domaine du droit de la santé publique dont les lois de 1902, sur l’hygiène publique, et de 1905, sur le contrôle bactériologique de l’industrie alimentaire, sont les plus significatives.

Toutefois, ses effets ne se font sentir qu’à partir du siècle suivant. Les indicateurs de santé ne montrent un décrochage net de la mortalité infantile qu ' à la veille de la première guerre mondiale (120/1000). L’inertie des structures et des mentalités explique ce retard[5].

 

 

 

 

LA REVOLUTION PASTEURIENNE

1856 : Pasteur démontre que les levures sont la cause de la fermentation, qu' elles ne sont pas produites par le jus lui même mais apportées par l' air extérieur.

1858 : Pasteur introduit la notion de micro-organismes aérobies et anaéorobies.

1859 : Darwin C., " Sur l' origine des espèces par la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie".

            Lambl W.D., découvre l' amibe dysentérique.

1862 : Pasteur est élu à l' Académie des sciences et soulève le problème de la génération spontanée. L' année suivante l' Académie se rallie aux thèses de Pasteur.

Pasteur montre également qu' on peut éliminer les micro-organismes causes de l' infection, par chauffage, filtrage, ou antiseptie.

1863 : Demarquay J.N., découvre des filaires dans l' urine d' un filarien.

1864 : la pasteurisation est utilisée pour la conservation à court terme des aliments.

1865 : Heccker J.F.K., " Les grandes épidémies du Moyen-âge". L' auteur pose les bases de l' épidémiologie historique.

          Villemin J.A., démontre la contagiosité de la tuberculose.

           Travaillant sur la maladie des vers à soie, Pasteur apporte la preuve scientifique que les micro-organismes sont la cause d' une maladie des animaux. Il a immédiatement l' intuition qu' il en est de même de toutes les maladies infectieuses de homme.

1867 : Lister J., " Principe antiseptique dans la pratique de la chirurgie".

1870 : Abadie B., propose le cyanure de mercure intraveineux contre la syphilis.

1871 : Hansen G.H.A., découvre le bacille de la lèpre.

           Lister J., évoque la possibilité de la concurrence vitale des germes en thérapeutique.

           Manassein V.A. et Polotebnov A.G. utilisent empiriquement une moisissure verte pour soigner une maladie de peau et une syphilis.

1873 : Budd W., "La fièvre typhoïde, sa nature, son mode d' extension et sa prophylaxie". Londres.

           Pasteur est élu à l' Académie de Médecine, alors temple de l' anticontagionnisme. Dans son discours d' ouverture, il n' hésite pas à déclarer que des maladies comme la tuberculose, le choléra, la typhoïde, la pneumonie, la rougeole, ...sont dues à des micro-organismes. Il fonde l' aseptie: propreté des instruments de chirurgie, lavage des mains, bandelettes portées entre 130 et 150%

1876 : Bancroft J., découvre la filaire qui porte son nom.

           Koch provoque un bouton charbonneux par inoculation d' une culture de bactéries charbonneuses.

           Tyndall J., observe que le Penicillium empêche la croissance des mcrobes cultivés en milieu liquide.

1877 : Pasteur étudie le charbon qui ravage les troupeaux. Roux fait la première photo de "microbe". Il découvre que la bactérie peut persister sous forme de spore.

 1878 : Pasteur L., Joubert J. et Chamberland C.E., " La théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie".

1879 : Erberth C.J. découvre le bacille typhique.

           Pasteur effectue ses premières observations sur le streptocoque

           Neisser découvre le gonocoque

1880 : Laveran découvre, le 20 octobre, l' hématozoaire de la malaria. Cette découverte lui vaudra le Prix Nobel en 1907.

           Erberth découvre le bacille typhoïdique

           Pasteur invente une vaccination contre le choléra des poules.

1881 : Finlay C.J. établit, à la Havanne, que Stegomyia fasciata est l' agent vecteur de la fièvre jaune.

           Pasteur, le 5 mai, effectue ses mémorables expériences de Pouilly-le -Fort sur la vaccination anti-charbonneuse où il utilise une culture bactérienne atténuée, qui ne déclenche plus qu' une faible maladie et immunise ensuite les souches virulentes.

1882 : Bouchard C. et Löffler F. découvrent le bacille de la morve.

           Koch R. annonce, le 24 mars, sa découverte du bacille tuberculeux.

1883 : Terrillon O. et Terrier F. préconisent d' aseptiser les instruments de chirurgie soit par ébullition, soit par autoclave.

            Koch découvre le bacille du choléra

            Talamon découvre le pneumocoque

1884 : Chamberland C.E. invente son filtre à porcelaine pour épurer l' eau.

            Nicolaïer A. découvre le bacille du tétanos dans le sol.

             Löffler découvre le bacille de la diphtérie

1885 : Cornil A.V. et Babes V. publient le premier traité de bactériologie: "Les bactéries et leur rôle dans l' étiologie et l' histopathologie des maladies infectieuses".

            Pasteur H., le 6 juillet, vaccine Joseph Maistre contre la rage.

1887 : Inauguration de l' Institut Pasteur

1892 : Pasteur a la joie d' un jubilé solennel dans le grand amphithéatre de la Sorbonne où il entre au bras du Président de la République et reçoit, de Lord Joseph Lister, l' expression de la reconnaissance de tout le monde scientifique.

Suivront, la découverte du  méningocoque par Weichselbaum en 1887, de l' amibe dysentérique par Lutz en 1892, du bacille de la peste par Yersin en 1894, de la dysenterie par Shiga en 1898, les tréponèmes du Pian par Castellani et de la syphilis par Schaudin en 1905, le bacille de la coqueluche par Bordet et Gengou en 1906.

La variole, la rougeole, la poliomyélite restent sans germe identifié, mais leur nature infectieuse ne fait aucun doute.

Sur le plan du traitement, en médecine humaine, après le vaccin contre la rage ( 1885), suivront les vaccins contre les typhoïdes en 1910 par Chantemesse et Widal et contre la tuberculose en 1922 par Calmette et Guérin


 

LES TEXTES DES INSTITUTIONS INTERNATIONNALES SUR LE DROIT A LA SANTE :

 

Les textes distinguent plusieurs titulaires de ce droit : les individus, les populations, certains groupes cibles (enfants, femmes, groupes raciaux), les peuples indigènes et tribaux.

1)L’individu est le premier titulaire de ce droit :

« La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre est l’un des droits fondamentaux de tout être humain »(OMS, préambule)

« Tout individu a droit à un niveau suffisant pour assurer sa santé[…]notamment […] les soins médicaux »(art.34 de la Constitution congolaise de 1992, art. 25 de la DIDH)

« Toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre… »(art. 12 du PIDESC, art.16 de la CADHP)

2)Le droit à la santé des populations est formulé par la CADHP (art.16-2 : « les Etats s’engagent à prendre des mesures en vue de protéger la santé de leurs populations… »)et la Constitution congolaise (art.34).

3)Les enfants et les femmes bénéficient de Conventions particulières où le droit à la santé est particulièrement développé :art. 23, 24, 25, 26, 27 de la C.E. et art. 12 de la Convention sur l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes.

4)La discrimination des groupes raciaux en matière de santé est proscrite par la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination racial (art.5-d-iv) qui précise, par ailleurs (art.2-2), que ces groupes peuvent revendiquer des programmes spéciaux, pourquoi pas sanitaire: « Les Etats parties à cette Convention prendront, si les circonstances l’exigent, dans les domaines social, économique et culturel, des mesures spéciales et concrètes pour assurer comme il convient le développement et la protectionn  de certains groupes raciau»                  

4) Les peuples indigènes et tribaux ont droit également à une attention particulière dans le domaine socio-économique et culturel et plus spécialement dans le domaine sanitaire :

-La Convention 169 de l’O.I.T[6]., sur les peuples indigènes et tribaux, précise, en effet, que les gouvernements devront prendre des mesures pour promouvoir la pleine réalisation des droits sociaux, économiques et culturels de ces peuples (art.2-2), sans entrave et discrimination (art.3-1) et que des mesures spéciales doivent être adoptées (art.4-1)

-L’article 25 ) de cette Convention  précise le droit des peuples [indigènes et tribaux] à l’accès à des services de santé adéquats. Toutefois, cette Convention n’a été signée, à ce jour, par aucun pays africain.

 

 

 

 

 

 LES TEXTES SUR LE DROIT A LA SANTE

A dans le cadre des organisations universelles 

                                    L a Déclaration Universelle des droits de l ' homme ( rés 217 A du 10 déc 1948 )

                                                      article 25-1: Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé ,son bien être et ceux de sa famille , notamment pour l ' alimentation , l ' habillement , le logement , les soins médicaux ainsi que les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage , de maladie , d ' invalidité , de veuvage , de vieillesse  ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstance indépendantes de sa volonté.

                                                                  25- 2 : La maternité et l ' enfance ont droit à une aide et une assistance  spéciale. Tous les enfants qu ' ils soient nés dans le mariage ou hors du mariage , jouissent de la même protection sociale. 

                                        Le pacte international relatif aux droits économiques , sociaux et culturels. ( adopté le 6/12/66 , entré en vigueur le 3/1/76 )

                                                          Article 9 - Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à la sécurité sociale , y compris les assurances sociales;

                                                           Article 10 - 2 . Une protection spéciale doit être accordée au x méres pendant la période de temps raisonnable avant et aprés la naissance des enfants. Les mères salariéesdoivent bénéficier pendant cette période , d ' un congé payé ou d ' uncongé accompagné de prestations de sécurité sociale adéquates.

                                                         Article 12- 1 : Les états parties au présent Pacte reconnaissent le droit qu ' à toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu ' elle soit capable d ' atteindre.

                                                                       12-2 : Les mesures  ... nécessaires pour assurer :

                                                                                            a . la diminution de la mortinatalité et de la mortalité infantile , ainsi que le développement sain de l 'enfant

                                                                                             b . l ' amélioration de tous les aspects de l ' hygiène du milieu et de l ' hygiène industrielle ;

                                                                                              c . la prophylaxie et le traitement des maladies épidemiques , endémiques , professionnelles et autres , ainsi que la lutte contre ces maladies ;

                                                                                               d . la création de condition propre à assurer à tous des services médicaux et une aide médicale en cas de maladie.

                                        

                                      Déclaration des droits de l 'enfant ( voté le 20/10/59 par l Assemblée générale  à l ' unanimité )

    principe 4 : L ' enfant doit bénéficier de la sécurité sociale. Il doit pouvoir grandir et se développer d ' un façon saine ; à cette fin , une aide et une protection spéciales doivent lui être assurées , ainsi qu' à sa mère , notamment des soins , prénatals et postnatals adéquats. L ' enfant à  droit à une alimentation , à un logement , à des loisirs et à des soins médicaux adéquats.

                                     La convention relative aux droits de l ' enfant ( adopté le 20/11/89 , ouverte à la signature depuis le 26/1/90 )

                                                        Article 23  relatif au enfants handicapés

                                                       Article 24 - 1 : Les états parties reconnaissent le droit de l ' enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducations. Ils s' efforcent de garantir qu ' aucuns enfants ne soit privé du droit d ' accès à ces services.

                                                                         - 2  : ....mesures pour :

                                                                                          a . réduire la mortalité parmi les nourrissons et les enfants ;

                                                                                          b . assurer à tous les enfants l ' assistance médicales et les soins nécessaires , l ' accents étant mis sur les soins de santé primaires ;

                                                                                          c . lutter contre la maladie et la malnutrition , y compris dans le cadre des S.S.P. , grâce notamment à l utilisation de techniques aisément disponibles et à la fourniture d ' aliments nutritifs d ' eau potable , compte tenu des dangers et des risques de pollution du milieu naturel

                                                                                          d . assurer aux mères des soins prénatals et post natal appropriés

                                                                                          e . faire en sorte que tous les groupes de la société en particulier les parents et les enfants , reçoivent une information sur la santé et la nutrition de l ' enfant , les avantages de l ' allaitement au sein , l ' hygiène et la salubrité de l ' environnement et la prévention des accidents , et bénéficient d ' un aide leur permettant de mettre à profit cette information ;

                                                                                           f . développer les soins de santé préventifs , les conseils aux parents et l ' éducation et les services en matière de planification familiale ;

                                                                        -3 : Les états prennent toutes les mesures efficaces appropriées en vue d ' abolir les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé des  enfants.

                                                                        - 4 : Les états parties s ' engagent à favoriser et encourager la coopération internationale en vue d ' assurer progressivement la pleine réalisation de ce droit reconnu dans le présent article.A cet égard , il est tenu particulièrement compte des besoins des pays en développement . 

                                      Article 25 , 26 , 27  Pour les enfants placés , la sécurité sociale , le développement de l ' enfant.

 

On trouve également quelques allusions au droit à la santé dans:

       La convention sur l ' élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965)

                          Article 5 . ...Garantir le droit de chacun à l ' égalité devant la loi sans distinction d'...origine ethnique dans la jouissance des droits suivants:

   ....d..iv. Droit à la santé , aux soins médicaux , à la sécurité sociale et aux services sociaux.

       La   Déclaration sur le droit au développement ( adopté le 4/12/86 )

                             Article 8- Les états doivent prendre sur le plan national toutes les mesures nécessaires pour la réalisation du développement et ils assurent l ' égalité des chances de tous dans l ' accés ...aux services de santé

 

B Dans le cadre d ' Institutions spécialisées

OIT  : Cet organisme est trés actif  en matière de droit de l ' homme au travail. Nous citerons dans le cadre de la santé ,  la convention n° 102 sur les normes minima de Sécurité sociale

Article 25 de la Convention 169 de l'OIT sur les peuples indigènes et tribaux

1.        Les gouvernements doivent faire en sorte que des services de santé adéquats soient mis à la disposition des peuples intéressés ou doivent leur donner les moyens leur permettant d'organiser er de dispenser de tels services sous leur responsabilité et leur contrôle propres, de manière à ce qu'ils jouir du plus haut niveau possible de santé physique et mentale.

2.        Les services de santé doivent être autant que possible organisés au niveau communautaire. Ces services doivent être planifiés et administrés en coopération avec les peuples intéressés et tenir compte de leurs conditions économiques, géographiques, sociales et culturelles, ainsi que que de leurs méthodes de soins préventifs, pratiques de guérison et remèdes traditionels.

3.        Le système de soins de santé doit accorder la préférence à la formation et à l'emploi de personnel de santé des communautés locales et se concentrer sur les soins de santé primaires, tout en restant en rapport étroit avec les autres niveaux de la santé.

 La prestation de tels services de santé doit être coordonnée avec les autres mesures sociales, économiques et culturelles prises dans le pays.

 

C Dans le cadre de l ' Organisation de l ' Unité Africaine ( OUA)

 

La Charte africaine des droits de l ' homme et des peuples ( adopté en juin 1981 , entré en vigueur le 21/10/86 ). Le 30/9/88 cette charte avait été signé par 35 états dont le Congo et le Gabon pour l ' Afrique centrale.

Article - 16 -1 : Toutes personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu 'elle soit capable d ' atteindre. 16-2 : Les états parties à la présente charte s ' engagent à prendre des mesures en vue de protéger la santé de leur populations et de leur assurer l ' assistance médicale en cas de maladies. 29-6 : L’individu a le devoir de…contribuer à la promotion de la santé morale de la société.

Il est à noter que pour les problèmes de santé , l ' O.U.A. à conclu des accords avec l ' O.M.S.

La Charte africaine de développement sanitaire

 

D  LE PREAMBULE DE L’OMS (1948)

 

E LA CONSTITUTION CONGOLAISE DE 1992

Article 34 : L ' Etat est garant de la Santé publique. Tout citoyen a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé , son bien être et ceux de sa famille notamment pour l ' alimentation , l ' habillement , le logement , les soins médicaux ainsi que les services sociaux nécessaires.

Le droit de créer des établissement socio-sanitaires privé est garanti. Les établissement socio- sanitaire sont soumis à l ' approbation de l ' état et régis par la loi.

Les personnes agées et handicapées ont droit à des mesures spécifiques de protection en rapport avec leurs besoins physiques et moraux.

 Article 65 : - Tout individu a le devoir de contribuer à l ' amélioration de la qualité de la vie et à la préservation de son milieu naturel ainsi qu ' à la protection de son  environnement

Article 104 : -sont du domaine de la loi:....les principes fondamentaux de la Santé...


 

 

ANNEXE II : REPERES CHRONOLOGIQUES

 

I.  REPERES CHRONOLOGIQUES.  XV-XIXème SIECLES.

 

A  DU XVème AU XVIIIème SIECLE:

 

1. DE L' ATLANTIQUE AU FLEUVE CONGO: HEGEMONIE DU ROYAUME DU KONGO[7].

Le royaume du Kongo, à cheval sur le fleuve Congo, fut créé  vers 1300-1400 par des populations venues du Gabon. Le héros fondateur, Nimi a Loukeni, roi-forgeron établi dans le Mayombe, franchit le fleuve (Nsandi)  à  Ishangila et pénétra dans le pays des cultivateurs Amboudou. Il s' installa sur le plateau appelé Kongo, sur l' emplacement de la future capitale Mbanza-Kongo. Il s' allia au chef de la terre, le mani Vounda et épousa une de ses filles. Grâce aux alliances matrimoniales des jeunes guerriers conquérants et des filles des principaux lignages du pays et à la suprématie des armes de fer, les Kongos firent la conquête du territoire appelé à devenir le royaume du Kongo. Ce royaume,  constitué de lignages apparentés, fut divisé en six provinces dont les chefs assuraient l' élection du roi,  le Mani-Kongo. Ce dernier percevait le tribut, pouvait prélever l' "impôt du sang" et était "Suprême justicier".  Le roi tirait sa puissance du monopole de l' exploitation des coquillages de l' île de Loanda et du commerce du sel. Les impôts étaient payés  en tissus de feuilles de palme, en esclaves et en ivoire.

Au nord du fleuve, les royaumes de Ngoyo, Kakongo et Loango étaient encore indépendants mais les populations parlaient Kîkôgo et l' organisation administrative et politique était la même qu' au Kongo.

En 1482, le navigateur portugais Diego Cao parvint avec son escadre à l' embouchure du Congo. En 1491, une ambassade  portugaise pénétra dans la capitale Mbanza-Kongo, qui n' était alors qu' un gros village, et s' y installa. Elle était composée de franciscains, dominicains, soldats, maçons et charpentiers. Dans les années qui suivirent, le nouveau roi kongo se convertit au christianisme, prit  le nom d' Alphonse Ier et baptisa sa capitale Sao Salvador. Son long règne (1506-1543) fut marqué par le développement fulgurant de  l' évangélisation mais aussi de la traite négrière.

Au XVIIème siècle, la perte du monopole portugais sur la traite entraîna une fragmentation du grand commerce et une dispersion sur la côte des points de contact entre Européens et intermédiaires africains. En outre, les luttes internes entre clans kongos rivaux, les révoltes de chefferies et l' abandon par les Portugais, en 1624,  de San Salvador au profit de Loanda, mirent fin à la puissance du royaume du Kongo. En 1665, le roi Antonio I° ayant retiré aux Portugais le droit, consenti par son père, d' exploiter les ressources minières du royaume, fut défait à la bataille d' Ambuila. Cette défaite marqua la fin de l' unité du royaume du Kongo.

                Au XVIIIème siècle, période extrêmement troublée sur le plan politique, apparut la figure mystique de donna Béatrice, la "Saint Antoine" congolaise[8].

 

2. SUR LE POOL MALEBO ET DANS LA REGION DES PLATEAUX : LE ROYAUME BATEKE[9]

Les Batékés sont un peuple bantou originaire des savanes du Haut -Ougoué, région aux terres peu fertiles. Ceci explique leur expansion vers le Pool où les terres sont plus riches, la pêche facile et le commerce avec les autres riverains fructueux. Ils fondèrent au XIIIème siècle, un royaume qui demeura plusieurs siècles autour du Pool. L'existence de ce royaume fut connue dès le XVème siècle des Portugais, qui lui donnèrent le nom d' Anzines.

Au XVIème siècle, les Batékés fondèrent leur première capitale: Ngombala.

Au XVIIIème siècle, ils durent contenir au Nord, les Mbochis venant du Zaïre et au Sud, les Bakongos  montant de la côte atlantique vers le Pool, par la vallée du Niari, ce qui les obligea à installer, au XIXème siècle, leur nouvelle capitale, Mbé, sur les plateaux qui portent leur nom.

                Au XVIIIème siècle, le royaume Batéké était une fédération de chefferies s' étendant sur les plateaux au Nord du Pool, en territoire congolais et gabonais actuel, ainsi que sur une petite partie du Zaïre d' aujourd'hui. Le royaume couvrait alors une superficie de 90 000Km2. Il comprenait notamment l' île Mbamou, point vital dans le contrôle du commerce du Pool. Le roi, élu par les chefs, détenait un pouvoir essentiellement religieux, tandis que son "premier ministre" exerçait le pouvoir politique, dirigeait l' administration et percevait le tribut.

 

3. DANS LA CUVETTE ET LE PAYS AKA

Le Cuvette et le Pays Aka furent, au XVIIIème siècle, le théâtre d'importantes migrations. Les Mbochis, venus du Zaïre,  s' installèrent dans la Cuvette et firent fuir vers le Pays Aka les peuples Sanghas. Les Makaas s'implantèrent au Nord-Ouest du Pays Aka, tandis que les Oubanguiens s' établirent au Nord-Est. C'est ainsi que ces peuples entrèrent en contact avec les Pygmées. L' intensification de la traite négrière occidentale, à partir de 1750, entraîna en outre, dans la région,  "un mouvement des peuples du Sud vers le Nord [...]. Ainsi , les Ngangos quittèrent Impfondo au milieu du XVIIIème siècle pour rentrer dans la forêt" [10]. De nombreuses populations de la Sangha, de la Lobaye et de l' Oubangui, fuyant la traite, cherchèrent refuge dans les bassins du Mboumou et de l'Uélé.

 

B.  LE XIX ème SIECLE

 

1. DE L' ATLANTIQUE AU FLEUVE CONGO[11]

Au XIXème siècle, le royaume du Kongo n' était  plus qu ' un souvenir. Sao Salvador, sa capitale, occupée par les Portugais en 1860, était redevenue un village où le roi , toujours traditionnellement couronné par un missionnaire , ne représentait plus qu' un symbole. La région comprise entre l' Atlantique et le fleuve Congo était réduite à une zone de transit pour la traite[12].  Les routes suivaient deux axes principaux  : le plus important, connu sous le nom de "route des caravanes", passait au Nord du fleuve, du Pool à Loango, et était tenu par les  Vilis, tandis que le deuxième, empruntant  le sud du fleuve, était contrôlé par les Sosos et les Zombos. Les alliances entre tribus de la région et le système du lemba  (assemblées de commerçants et de juges) permettaient de réduire les dangers de la route.

Sur la côte, le royaume de Loango perdurait. En 1883, le roi Makosa Ma Nsangu signa avec le lieutenant Cordier, envoyé par Brazza, un traité qui plaçait son royaume sous la protection et la souveraineté de la France. La même année, une mission catholique était fondée à Loango par le père Carie.

 

2. SUR LE POOL ET LES PLATEAUX BATEKES[13]

Sur le Pool, les groupes Ba-kongos (Ba-Kongo, Ba-Lali ou Lari et Ba-Soundi) avaient évincé les Batékés, qui s'étaient  repliés sur les plateaux vers le Haut-Niari et la Léfini . Seule une enclave Batéké persistait sur la rive droite de la Foulakari.  Les rapports entre les Ba-Kongos et les Batékés étaient précaires, mais excluaient toute rupture de contact entre les deux groupes en raison des relations sacrées que la terre imposait à l' un et à l' autre: les Ba-kongos continuaient à avoir besoin de l' intervention religieuse des Ba-tékés, premiers détenteurs de la terre, auxquels ils remettaient les offrandes rituelles.

Aux  Batékés  étaient liés quelques groupes de Pygmées que les Basoundis tentèrent de contrôler afin de se procurer la viande de chasse sans passer par l' intermédiaire des premiers.


 

 

3. DANS LE PAYS AKA[14]

Au XIXème siècle, plusieurs mouvements migratoires firent pénétrer en forêt des éléments non bantous  : Gbaya, Banda, Bonjo, Banziri, Ngbwaka, Bongo, Ngbandi. Ces migrations étaient dues aux événements affectant les royaumes musulmans du Nord, à la constitution des royaumes Zandé-Nzakara au Nord-Est  ainsi qu' à l' action des négriers arabo-soudanais et arabo-swahilis. Cette pression Nord -Sud était suffisamment forte pour faire ressortir en savane , au Sud de l' isthme congolais, certains peuples non bantous (Bonjo, Bayenzi), dont la marche fut arrêtée par le môle téké.

Cette région est traversée par deux grands fleuves : la Sangha et l' Oubangui. La Sangha, qui mettait jadis en relation les commerçants de l' empire du Bornou et du royaume du Kongo, restait alors une grande voie transafricaine. Les commerçants arabes empruntaient toujours cet axe de communication vers le Cameroun et le Nigeria. Ouesso était alors un des plus grands marchés de l' Afrique. Il était fréquenté, en amont, par les principaux commerçants de la Sangha, les Pandés du groupe Bakota et en aval par les Bobanguis.  L' Oubangui mettait en relation, depuis les temps les plus anciens, les régions nubiennes et les régions congolaises. La partie horizontale de son cours était contrôlée par diverses ethnies apparentées, que l'on classe en un groupe dit oubanguien ou gbandi. Vers 1865, arrivèrent sur l' Uélé, affluent de l' Oubangui, les traitants égyptiens. Ces Jallabas, également appelés khartoumiens, développèrent dans la région, à partir de cette époque,  un commerce négrier et de l ' ivoire extrêmement actif, avec le soutien de l' Etat égyptien. Pour leur part, la partie verticale de l' Oubangui (depuis les rapides de Bangui jusqu' à son confluent avec le Congo) ainsi que le moyen-Congo étaient le domaine commercial de la puissante confédération des Bobanguis[15]. .

 


 

II. REPERES CHRONOLOGIQUES DES RESISTANCES A LA COLONISATION

 

A RESISTANCES A LA PRISE DE POSSESSION (1880-1910)      

 

Après avoir exploré le cours de l' Ogooué, de 1875 à 1878, Savorgan de Brazza, au cours d'une seconde expédition de 1879 à 1882, fonda le poste de Franceville, navigua sur le Congo, passa, en octobre 1880,  avec le roi des Batékés, Makoko,  un traité d ' amitié qui plaçait le royaume de ce dernier sous la protection de la France, prit possession du territoire de N' Tamo sur le Stanley Pool (future Brazzaville) et reconnut les cours du Niari et du Kouilou. L' émoi international suscité par le  traité Makoko provoqua la  tenue, en 1884-1885, de la  Conférence de Berlin. Au cours d'une troisième mission d' exploration  de 1883 à 1885, Savorgnan de Brazza signa un traité avec les Vilis de Loango en 1883, fonda de nombreux postes et explora la Sangha et l' Oubangui, étendant ainsi les possessions françaises vers le Nord[16]. En 1886, nommé Commissaire Général du Congo et du Gabon[17], Pierre Savorgnan de Brazza repartit au Congo, s' employa à l' exploration méthodique des territoires conquis, organisa des expéditions en direction du Tchad et des sources du Nil et jeta les fondations de la colonie.

La conquête des territoires du Nord de l' Afrique Equatoriale Française constitua une rupture totale avec les méthodes pacifiques employées par Brazza lors de la prise de possession des territoires du Sud (conquête "pure de tout sang humain" selon la formule consacrée). Ce furent, en effet, de véritables expéditions militaires, non exemptes de brutalités à l' égard des auxiliaires indigènes (la colonne Marchand fut notamment à l' origine de soulèvements, en 1897-1899, des porteurs loangos réquisitionnés pour acheminer le matériel de la Mission Congo-Nil) qui furent lancées à la conquête du Nord. L' aventure en direction du Nord-Est fut stoppée sur le Nil à Fachoda, le 7 décembre 1898[18] et il fallut attendre la destruction de l ' empire de Rabah, à Kousseri en 1900, puis du Bornou et du Ouaddaï (1909-1910), pour que s' achève la conquête du Tchad.

La rupture fut également totale sur le plan de l' exploitation économique de la colonie. La puissance coloniale, refusant de faire les investissements nécessaires à la mise en valeur des territoires conquis, divisa la majorité de ces derniers en immenses concessions dont l'exploitation commerciale et administrative fut confiée, par les Actes de 1899, à des compagnies concessionnaires privées[19]. Brazza, hostile à ce projet dont il pressentait les dérives, avait été limogé dès 1898. L' installation des compagnies concessionnaires provoqua de graves désordres dont les plus meutriers   furent les révoltes, de 1901 à 1905, des Manjas, décimés par le portage dans le Haut-Chari. La levée de l' impôt, le travail forcé et les pratiques barbares d' exploitation de la main-d' oeuvre par les compagnies concessionnaires entraînèrent de très nombreuses résistances locales. Le scandale provoqué par l' assassinat, de manière odieuse, d ' indigènes, sur le territoire d' une des  compagnies de la Sangha, obligea le gouvernement français à envoyer, en 1905, Savorgnan de Brazza en mission d' inspection au Congo. Cette mission lui fut d’ ailleurs fatale, il mourut de "fièvres" sur le chemin du retour et les conclusions de sa mission, dénonçant les abus et les exactions des concessionnaires,  furent étouffées[20]. La mission de Brazza obligea cependant le gouvernement à prendre un certain nombre de mesures, notamment, en 1910, la réorganisation administrative du territoire de l' Afrique Equatoriale Française divisé en Gabon , Moyen-Congo , Oubangui-Chari et Tchad, avec comme capitale Brazzaville, siège du Gouvernement Géneral et l' allocation de maigres subsides. Toutefois, le gouvernement ne remit pas en question l' existence des concessions, qui purent poursuivre leur néfaste exploitation. De nombreux abus jalonnèrent encore l' histoire de la colonie[21] . Ainsi des troubles importants eurent lieu de 1905 à 1908 sur la Sangha et l' Oubangui[22]. Ils furent suivis d' opérations de répression systématiques à partir de 1908 jusqu' à la pacification relative des régions aux confins du Gabon oriental, du Sud du Cameroun, du Nord du Moyen-Congo et de l' Oubangui-Chari, en 1913[23].

 

B LES RESISTANCES DURANT"L' AGE D' OR DE LA COLONISATION"  (1910-1940)

 

En 1911, un accord fut signé  avec l' Allemagne : la France cédait un vaste territoire donnant accès aux deux grands fleuves, Sangha et Congo, en échange de la liberté d ' intervenir au Maroc[24].

 L' A.E.F. demeura  longtemps sous-administrée. La "Cendrillon de l' Afrique"  ne comptait, en 1913 par exemple, que 513 fonctionnaires européens.

Pendant la Première Guerre Mondiale, la France fit appel à l' Afrique. Le colonel Mangin fut un des porte-parole les plus fervents de l' utilisation de la "Force Noire"[25]. Le recrutement dans les colonies se fit par la conscription (4 ans) à partir du décret de 1912. La résistance à la conscription fut générale, obligeant, selon l' expression du Gouverneur Général Angoulvant, à la "chasse à l' homme".

La conquête du Cameroun allemand dura d' août 1914 à février 1916, du fait du relief accidenté et de la difficulté de la pénétration en forêt. La France obtint finalement mandat sur la majeure partie du Cameroun et  la cession de la vallée de la basse Sangha.

L' impôt ainsi que le recrutement forcé pour les grands chantiers (en particulier pour le chemin de fer Congo-Océan dont les travaux commencèrent en 1921), et le travail obligatoire sur les terres de la Compagnie forestière Sangha-Oubangui (la Compagnie Porturière du Voyage au bout de la nuit de Céline) entraînèrent un certain nombre de révoltes dont la plus importante fut celle des Gbaya, connue sous le nom de  "guerre de la Haute-Sangha" (1928-1932 )[26].  De nombreuses critiques contre les abus s' élevèrent en France, notamment celles d' André Gide dans Voyage au Congo  (1927) ou d' Albert Londres dans Terre d' ébène[27]. En 1928-29 eut également lieu, pour les même raisons, la révolte des Awandjis du Gabon Oriental. Ces troubles s'accompagnèrent, dans les régions forestières, de la recrudescence de la sorcellerie et des sociétés secrètes dont l' une des plus connues fut celle des Hommes-Léopards du Cameroun et de Centrafrique.

En avril 1930, eut lieu à Brazzaville le procès de Matsoua Grenard[28], un Lari  de la région du Pool[29], président fondateur de l' Amicale des originaires d' A.E.F., association militant pour l' obtention de la citoyenneté française par tous les Congolais. La condamnation de Matsoua à la déportation au Tchad entraîna  la dégradation des relations entre les Européens et les habitants du Pool, les Ba-Lalis, majoritaires à Brazzaville.

A partir de cette date, de nombreuses manifestations eurent lieu chez les Ba-Lalis, contre le pouvoir colonial ( 1933, 1937, 1938)

La S.D.N. élabora, en 1930, une convention interdisant  le travail forcé. En A.E.F. comme dans les autres colonies françaises, les recrutements forcés n' en continuèrent pas moins. En 1931, à Paris, la  grandiose manifestation de 1' Exposition Coloniale Française exaltait la mission civilisatrice de la France et oubliait le sort des Indigènes.  

En 1934, un des chantiers les plus meutriers d' Afrique se terminait : le Gouverneur Général Antonetti inaugurait le Chemin de Fer Congo-Océan (C.F.C.O.)[30]. La même année débutaient les travaux du port de Pointe-Noire.

En 1938, un "comité de défense de la langue et des fonctionnaires de l'ethnie  Mbochi" s' organisa, à la suite de la décision du vicaire apostolique de Brazzaville de substituer, dans le catéchisme et la prédication, le lingala au mbochi.

En 1939, le pays Lari entra en état de dissidence larvée : résistance passive, refus des cadeaux de l' administration, de participer à la fête du 14 juillet et de mobilisation économique. Violences suivies de fusillades et de déportations au Tchad se succédèrent. A la fin de 1939, cependant, les chefs laris tentèrent de"renouer" avec les Autorités Coloniales en proposant l' envoi de 3000 volontaires pour la guerre en Europe.

Le 12 novembre 1940, l' A.E.F. se rallia à la France Libre. Félix Eboué fut nommé Gouverneur Général de l' A.E.F.,  par le Général De Gaulle.

En 1940, l' A.E.F. comptait 4,3 millions d' habitants. Brazzaville, capitale de la fédération dépassait les 50 000 habitants et Pointe-Noire les 20 000.

 

C.  DE "L' EMANCIPATION" AUX TROUBLES « ETHNIQUES »

 

1) 1941-1945

En 1941, Félix Eboué  rédigea une circulaire où étaient dessinées les grandes lignes d ' une nouvelle politique coloniale : création d' un Office du travail indigène , d' un Office immobilier indigène, d' un statut pour les  notables "évolués". Les dissidents Laris (dont Matsoua) et Mbochis (dont Opangault) furent déportés au Tchad.

En Janvier 1942, Matsoua Grenard mourut en prison. Il fut dès lors surnommé par les Laris : "Jésus Matsoua" et devint le symbole de la résistance à l' oppression.

 La Conférence de Brazzaville (1944), à laquelle participa le Général de Gaulle, écartait toute idée d' autonomie mais la voie de l ' émancipation politique était ouverte. Le terme "Territoire d' Outre-Mer" remplaça celui de colonie, "l' Indigène" céda la place à "l' Autochtone". Les désillusions cependant furent grandes, surtout chez les soldats. De nombreuses mutineries eurent lieu, dont la plus célèbre fut celle de Thiaroye, au Sénégal.

 

L' Assemblée Constituante Française comportait, en  1945, 27députés africains, dont  Jean-Felix Tchicaya, premier député congolais, de l' ethnie Vilie (Pointe-Noire), fondateur du Parti Progressiste Congolais (P.P.C.).

 

2) L'  Union Française

 La Constitution française du 27 octobre 1946 instaura la IVème République et l' Union Française (art. 60 à 82). L' Union Française comportait une Présidence, un Haut Conseil et  une Assemblée dont les membres pour les Territoires d' Outre-Mer étaient élus par les Assemblées Territoriales. Les Territoires d' Outre-Mer élisaient également des représentants à l' Assemblée Nationale et au Conseil de la République (art 79). L' article 80 précisait : "tous les ressortissants des Territoires d' Outre-Mer ont la qualité de citoyen. [...] Des lois particulières établiront les conditions dans lesquelles ils exerceront leurs droits de citoyen".

Le Congo était représenté par deux députés : Tchicaya qui rallia son parti, le P.P.C., au R.D.A. d' Houphouet-Boigny et Opangault dont le parti, le M.S.A., fut soutenu par la S.F.I.O..

 

En 1953, en pays Vili, les Autorités découvrirent l' existence d' un important mouvement religieux syncrétique, le Lassyisme, conduit par un prophète, Lassy Zéphérin[31].

 

En 1956, la loi-cadre de Gaston Deferre accorda le droit de vote à tous les Africains sans restriction, et institua des Conseils de Gouvernements élus par les Assemblées Territoriales.

En février 1956, Tchicaya et Opangault furent à nouveau élus à l' Assemblée Nationale Française. L' abbé Fulbert Youlou, qui était considéré par les Laris comme la réincarnation de Matsoua, perdit de peu les élections. En mai, tirant les leçons de cet échec, Fulbert Youlou créa son parti, l' Union Démocratique de Défense des Intérêts Africains (U.D.D.I.A.) qui prétendait dépasser le cadre ethnique lari tout en canalisant  le matsouanisme. Ceci lui permit, en novembre, aux élections municipales, de devenir le premier maire africain de Brazzaville. En 1957 prit place l' élection de l' Assemblée Territoriale du Moyen-Congo :  l' U.D.D.I.A. obtint 23 sièges (dont  un transfuge), le P.P.C., 20 sièges et le M.S.A., 2 sièges. Cette manoeuvre politicienne provoqua, en 1958, lors de l' ouverture à Pointe-Noire de l' Assemblée Territoriale du Moyen-Congo, des troubles importants : des Mbochis venus en nombre de Brazzaville envahirent la salle qui dut être évacuée de force. L' Assemblée vota le statut d' Etat autonome du Congo, alors que la foule hurlait à l' extérieur. Trois jours d' émeute à Pointe-Noire suivirent. Youlou fit également voter le transfert de l' Assemblée à Brazzaville.

 

 

3) La Communauté

La Constitution du 4 octobre 1958 instaura la Vème République et la Communauté (Titre XII).

La formule fédérale ("les Etats-Unis d' Afrique Latine" réclamés par Boganda et Tombalbaye[32]) reconstituant l' A.E.F. fut exclue par le gouvernement français, qui ne voulait pas d' un grand Etat africain et préférait diviser pour garder un pouvoir d' arbitrage. Sur place, l' administration coloniale  jugeait, en revanche, que briser l' unité de l' A.E.F. renforcée par l' action du FIDES était une catastrophe. Youlou  révait encore d' un Etat bakongo et  cherchait une entente avec les Belges. De son côté, le Fang Léon M'Ba redoutait la formation d' un Grand Gabon avec les Vilis de Pointe-Noire, qui marginaliserait son ethnie, et proposait même à la France un rattachement direct du Gabon  à la Métropole.

En Août 1958, Fulbert Youlou et ses amis laris acceptèrent finalement le projet du général de Gaulle et se rallièrent à l' idée d' autonomie des différents territoires.

Le 28 novembre 1958, Fulbert Youlou forma le premier gouvernement de l' Etat Autonome du Congo. En décembre 1958, Opangault se réfugia en pays Mbochi, à Fort-Rousset (Owando ). Dans une lettre publique, il parla d' y instituer un gouvernement et de rattacher le Nord-Congo à l' Oubangui. Les élus de son parti ne siégèrent plus à l' Assemblée et allèrent s' installer à Bangui. Opangault demanda à ses élus de "comprendre où était leur devoir et de proclamer qu' il ne représentaient plus le Congo mais une région de la République Centrafricaine". Boganda, en écho, évoqua dans ses discours sa "République Centrafricaine, unissant le Congo, le Tchad et l' Oubangui".

 

En 1959, le refus de Fulbert Youlou de proposer une date pour les élections législatives entraîna à Brazzaville des émeutes du 15 au 20 février. L' opposition M.S.A. (Mbochis), dirigée par Opangault, fut à l' origine des hostilités. Les heurts prirent rapidement un caractère de lutte ethnique, même si au départ il ne s’agissait que de tribalisme[33]. Les laris de Bacongo (quartier de Brazzaville) s' affrontèrent avec les Tékés et les Mbochis de Poto-Poto[34]. Après avoir modifié les circonscriptions électorales, Youlou accepta les élections. Son parti, l' U.D.D.I.A. les remporta avec 51 sièges sur 61![35] Les jours suivants, les Laris s' en prirent à leurs alliés Vilis, dont les chefs furent enfermés dans le quartier de Mpila. Les émeutes qui suivirent permirent à Youlou de faire voter l' état d' urgence et de prendre les pleins pouvoirs.

 

Le 29 octobre 1959, Fulbert Youlou  fut élu Président de la République du Congo, république associée à la Communauté Française.

 

4)  La première République du  Congo

L' indépendance du Congo fut proclamée le 28 Août 1960. Fulbert Youlou devint son président.

La première république congolaise fut très tôt paralysée par les rivalités entre les partis politiques d' assise ethnique dirigés par Fulbert Youlou (Laris), Jacques Opangault (Mbochis) et Félix Tchicaya (Vilis).  Elle tomba après les "Trois Glorieuses" journées d' émeutes des 13, 14 et 15 août 1963, organisées par les syndicats, face à la volonté du président d' imposer un parti unique. D' après Coquery-Vidrovitch, ce rôle décisif des forces syndicales est demeuré exceptionnel en Afrique Noire[36].

 

Les Pygmées, qui avaient été sujets  allemands, français ou belges, devinrent,  en 1960, citoyens gabonais, congolais, zaïrois, centrafricains, camerounais ou rwandais. Une carte en annexe montre les variations de frontières et les transferts de territoires, effectués entre 1911 et 1961,sans consultation des populations.

 

 

IIII.  LE CONGO INDEPENDANT : QUARANTE ANNEES DE VIOLENCE POLITIQUE

 

A LES DIFFERENTS EVENEMENTS[37]

Après avoir connu, durant les premières années qui suivirent l' indépendance, un régime "libéral" pro-occidental, le Congo s'engagea, en 1963, dans la voie du "socialisme scientifique". Le monopartisme fut instauré. L' alignement politique se fit sur les pays de l' Est.  L'affaiblissement du camp socialiste en 1990, permit aux "forces du changement" de rétablir le multipartisme dans le pays. Les mauvais choix du nouveau régime provoquèrent son effondrement à la suite d' une guerre civile qui détruisit Brazzaville.

 

                1)  L'épreuve de la souveraineté : la 1ère République[38]:

L'indépendance du Congo fut proclamée le 15 Août 1960. L'abbé Fulbert Youlou fut élu Président. Les accords de coopération signés le même jour avec la France, donnaient à cette indépendance un caractère octroyé. Cette première République fut vite paralysée par les rivalités entre les différents partis, à savoir : le M.S.A. (Mouvement Socialiste Africain) dirigé par le M'bochi Jacques Opangault, le P.P.C. (Parti progressiste Congolais) du Vili Félix Tchicaya et l'U.D.D.I.A. (Union Démocratique de Défense des Intérêts Africains) du Lari, Fulbert Youlou.

Le régime devint rapidement autocratique. Fulbert Youlou fit voter, en mars 1961, une nouvelle Constitution de type présidentiel. Un gouvernement d'Union nationale fut constitué, comprenant entre autres, J. Opangault. La corruption et l'anticommunisme maladif du chef de l'Etat entravèrent l' action du  gouvernement qui fut incapable de résoudre les problèmes socio-économiques du pays. Le projet grandiose du barrage de Sounda dans le Kouilou, par exemple, n'aboutit pas. Le chômage devint angoissant dans l'ancienne capitale fédérale devenue démesurée pour le pays (200 000 habitant pour 800 000). La volonté de Fulbert Youlou de constituer un parti unique achoppa aux exigences des syndicats, en particulier au désir de ces derniers de participer au gouvernement. Le voyage au Congo de Sékou Touré, en juin 1963, mit le feu aux poudres. A la suite des trois journées de grève du 13, 14 et 15, Août 1963, dites les "Trois Glorieuses", organisées conjointement  par les 3 syndicats du pays et qui se transformèrent en émeute, le Président, encerclé dans son palais, dut remettre sa démission à l'armée. La France lui refusa l'asile politique. La volonté du président Fulbert Youlou de renégocier les accords de coopération, l'hostilité de la hiérarchie catholique jouèrent sans doute contre lui."La non-intervention française a favorisé le changement de dirigeant mais l'évolution du pays montre que cette attitude n'aura pas forcément conforté sa position"[39].

 

                     2) La révolution socialiste

a) La IIème République

Les syndicats et l'armée remirent le pouvoir à Massembat-Débat, ancien ministre démissionnaire de Fulbert Youlou. Ils constituèrent le 16 août un Conseil National de la Révolution (C.N.R.) jouant le rôle d'assemblée délibérative, et le même jour un gouvernement de techniciens fut constitué et chargé de mettre en place les nouvelles institutions.

Le 21 décembre 1963, Massemba-Debat ( Bakongo protestant) devint Président de la république. Pascal Lissouba fut nommé Premier ministre en janvier 1964 (janvier 1964 avril 1966). Le C.N.R. fut institutionnalisé. L'Assemblée nationale fut élue sur une liste unique du Mouvement National pour la Révolution (M.N.R.). Le régime s'appuya sur ce Mouvement, qui fut érigé l'année suivante par référendum en parti unique, doublé d' un mouvement de jeunesse : la J.M.N.R. La même année, fut instauré un syndicat unique: la Confédération Syndicale Congolaise (C.S.C). L'idéologie officielle devint le "socialisme scientifique". D'étroites relations furent établies avec les pays de l'Est et la Chine. La rupture avec les Etats Unis fut consommée en 1965. En juin de cette année, des milices populaires, baptisées "Défense civile " furent organisées par Claude Dacosta et encadrées par des instructeurs cubains. Les écoles religieuses furent fermées, les catholiques et les Laris persécutés. L'assassinat de Pouabou, Président de la Cour Suprême, de Massouémé, directeur de l'information et de Matsocota, Procureur de la république, laissèrent aux congolais le souvenir d' une époque de terreur. La fuite de Fulbert Youlou fut suivie de l'expulsion de l'armée française, de la mise sous contrôle de l'armée par la J.M.N.R. et du glissement à gauche du gouvernement qui éloigna le premier ministre, Pascal Lissouba, remplacé par Ambroise Noumazalaye. Massemba-Débat limogea ensuite ce dernier pour se réconcilier les  occidentaux et se replia sur une base ethnique bakongo. L'armée, qui avait mal supporté  sa marginalisation par la Défense civile, prit le pouvoir le 31 juillet 1968, sous prétexte de réajustement de la révolution.

Cette IIème République prit les premières mesures de nationalisation : Air Congo, la Compagnie Française du Haut et du Bas Congo des frères Tréchot (C.F.H.B.C.), les sociétés françaises ayant le monopole de l'eau et de l'électricité...

 

b) Le réajustement de la révolution et la militarisation du champ politique: la IIIème République[40]

Le 5 août 1968 un nouveau Conseil National de la Révolution fut constitué (C.N.R.). La Constitution fut abrogée et remplacée par un Acte fondamental. La Défense Civile fut intégrée dans l'armée, la J.M.N.R. et la C.S.C furent dissoutes, les Cubains renvoyés. Le 31 décembre 1968, Marien N' Gouabi (Kouyou) devint chef de l'Etat.

L'année 1969 vit l'instauration d' une Cour Révolutionnaire de Justice qui élimina systématiquement les opposants civils et militaires au régime. Au cours de l' année, Bernard Kolelas  fit une tentative malheureuse de coup d'état[41].

En décembre 1969 eut lieu le Congrès constitutif du Parti Congolais du Travail.

En janvier 1970, une nouvelle Constitution de type socialiste fut votée et le pays devint officiellement la "République Populaire du Congo".

En 1971 eut lieu le sacre du deuxième archevêque congolais, Mgr Emile Biayenga qui fut bientôt élevé à la dignité de cardinal.

Les grèves des étudiants et des travailleurs contre la corruption entraînèrent un remaniement ministériel et l' entrée au gouvernement de Thistère-Tchicaya et de Henri Lopés .

Le 22 février 1972, un coup d'état (le M 22) tenté par la gauche historique (Diawara, Noumazalaye...) fut écrasé en l'absence de Mariam N'Gouabi par Yombi-Opengo, considéré comme un officier de droite. La position prochinoise prônée par l'aile gauche fut remplacée par une position favorable à l'U.R.S.S.

En avril, Mariam N'gouabi demandait la révision des accords de coopération avec la France.

En 1973, une nouvelle Constitution fut élaborée qui montrait une certaine ouverture aux sudistes (Bembé) et à l'aile gauche, et tentait une certaine décentralisation. Yombi-Opengo était mis sur une voie de garage.

En 1975, la crise économique obligea Mariam N'Gouabi, poussé par le Haut Conseil du Nord,[42] à tendre la main aux américains. Les soviétiques réagirent en proposant leur concours financier. Les luttes internes du P.C.T. entraînèrent la dissolution du bureau politique et l'instauration d'un Etat Major Spécial de la Révolution (E.M.S.R.) comprenant N'Gouabi, Goma, Sassou, Thystère-Tchicaya, Ngombé.

Le 24 mars 1976, une grève organisée pour la réhabilitation du Comité central fut réprimée par Thistère-Tchicaya en l'absence de N'Gouabi. Les meneurs parmi lesquels figurait Lissouba furent emprisonnés.

Le 18 mars 1977, Mariam N'Gouabi fut assassiné ainsi que le cardinal Biyenga. Très éprouvée, l' Eglise catholique resta dès lors à l' écart de toute activité politique jusqu'à la conférence nationale de 1991[43].

 

c) Le coup d'arrêt de la révolution : Le Comité Militaire du Parti

Le 19 mars 1977, un Comité Militaire du Parti dirigé par Yombi-Opengo et Sassou N'Guesso prenait le pouvoir.

Le 5 avril 1977, : La Constitution fut remplacée par un Acte fondamental qui donna un coup d' arrêt au socialisme congolais. Le CMP fut institutionnalisé avec comme Président  Yombi-Opango (Kouyou) également Président de la République  Le vice-président était Sassou N'Guesso.

En 1978 se tint le procès des assassins supposés de Mariam N'Gouabi. Massemba-Débat figura parmi les personnes exécutées. Lissouba, né au Gabon, fut condamné à mort puis gracié sur l' intervention de Omar Bongo.

Yombi régna par la terreur militaire mais ne put empêcher l'aile gauche de se reconstituer autour de Sassou N'Guesso et deThystère-Tchicaya, appuyés par les organisations de masse : l'U.J.S.C., la C.S.C. et le P.C.T.

Le 5 février 1979, Yombi-Opango fut limogé et arrêté pour dérive "autocratique droitière liquidationniste" par le Comité central du parti qui élut, à son Congrès extraordinaire de mars, Denis Sassou N'Guesso (M'Bochi) Président du Comité central du P.C.T..

 

 

 

d) La résurrection du P.C.T. : La IVe République : Onze années d' une relative paix civile

En juillet 1979, après un référendum constitutionnel, Sassou N'Guesso devint Président du Comité central du P.C.T., Président de la République, Président du conseil des ministres. "L'homme de la paix", "l'homme des actions concrètes", "l'ami de tout le monde", fit la même année  une visite en France, reçut en 1980, pour le Centenaire de la fondation de Brazzaville, Valérie Giscard d'Estaing et Jacques Chirac. Il signa, à Moscou, en 1981, un traité d'amitié et de coopération. Il fut réélu de manière triomphale au congrès du Parti en 1984. Toutefois, la crise économique et financière aggrava les tensions au sein du parti dans lequel triomphèrent les modérés après l'élimination de l'aile gauche et des alliés nordistes de droite (Pierre Anga)[44]. En 1989, le secrétariat du Parti ne comportait que des nordistes modérés dont la moitié étaient membres de la famille du président. Ce repli sur l'ethnie et la famille lui fit perdre l'appui du syndicat, du parti et de l'armée. Par ailleurs, le discours de François Mitterrand à la Baule, la chute du mur de Berlin, la lettre ouverte des responsables religieux (catholiques, protestants, armée du Salut) firent pression sur le régime. Sassou fut contraint de convoquer en février 1991 une Conférence Nationale qui se proclama souveraine.

 

                              3) Les déboires du multipartisme

Après une période transitoire, qui vit le retour des sudistes au pouvoir, l'élection du Président de la République en 1991 montra que les alliances entre les groupes était indispensables pour obtenir une majorité. Ces alliances ne suivaient pas uniquement le clivage Nord/Sud. L'importance démographique de Brazzaville et la présence de toutes les ethnies dans la capitale créa un nouvel antagonisme entre cette ville et le reste du pays.

 

a) La Conférence nationale souveraine : La "Transition démocratique"

La Conférence nationale souveraine dura de février à juin 1991. Un jésuite, Mgr Kombo (Kongo), en fut élu président. Soixante trois partis et cent trente quatre associations, dont une Pygmée, y participèrent. Après 268 interventions portant sur les acteurs de la vie politique congolaise depuis trente ans, une "cérémonie de lavage des mains" joua le rôle d'un pardon collectif[45] .

Milongo (Kongo) fut élu Premier ministre du gouvernement de transition et chargé de préparer les élections. Sassou N' Guesso resta président de la République. Mgr Kombo fut élu Président du Conseil Supérieur de la République (C.S.R.).

 

b) La Ve République : La démocratie est en veilleuse, la violence atteint son paroxysme

Le 15 février 1992 une nouvelle Constitution fut adoptée par voie référendaire.

Les élections municipales et locales du 5 mai 1992 virent émerger cinq partis qui se retrouvèrent aux élections législatives des 24 juin et 27 juillet 1992. Ces élections donnèrent : 39 sièges à l' U.P.D.A.S. de Lissouba, 22 au M.C.C.D.I. de Kolélas, 19 au P.C.T. de Sassou, 9 au R.D.P.S. de Thystère-TChicaya et 5 au R.D.D. de Yombi-Opengo.

Les élections présidentielles du 2 et 16 août 1992 donnèrent au premier tour : 35,9 % des suffrages à Lissouba, 20 % à Kolélas et 16,9 % à Sassou. Au deuxième tour, Lissouba arriva en tête (61 %) grâce à l'appui de Sassou. C'est ainsi qu'échut, à l' un des pères fondateurs du socialisme scientifique, l'honneur de conduire les premiers pas du Congo démocratique"[46].

Le gouvernement nommé par Lissouba, dirigé par Bongho-Nouarra (nordiste), ne comprit pas de membres du P.C.T. Il fut, en conséquence, censuré par une alliance entre Sassou et Kolélas. Lissouba refusa la cohabitation et décida de dissoudre  l'Assemblée, le 17 novembre 1992.

Un gouvernement, dirigé par Dacosta (sudiste), ancien patron de la "Défense civile" dans les années 64-65, fut chargé de préparer de nouvelles élections. Le premier tour se déroula le 2 mai 93 et donna lieu à une contestation sur 12 circonscriptions.

Le 26 juin 1993 Yombi-Opengo (Kouyou) fut nommé Premier ministre.

En 1993 et 1994, les combats entre les différentes milices